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Un parti d’extrémisme de droite raciste sous surveil-lance en Allemagne

Un parti d’extrémisme de droite raciste sous surveil-lance en Allemagne



Le gouvernement allemand, l’opposition de droite comme de gauche et le Conseil central des Juifs en Allemagne saluent unanimement la décision du « Bundesamt für Verfassungsschutz » (BfV), l'Office fédéral de pro-tection de la Constitution, de surveiller le parti d’extrême droite, Alterna-tive für Deutschland. Pour les démocrates de tous bords, il était plus que temps.

À partir de maintenant, le parti d’extrême droite, « Alternative für Deut-schland » (Alternative pour l’Allemagne), sera sous surveillance. C'est ce qu'a annoncé lors d’une conférence téléphonique Thomas Haldenwang, le président du Bundesamt für Verfassungsschutz (BfV), l'Office fédéral de protection de la Constitution, le service de renseignements exerçant son activité sur le territoire national. Sa mission est de surveiller les activités contraires à la Constitution allemande.

Fondée en 2013 pour protester contre la politique de sauvetage de l’Euro, cette formation politique est connue pour ses positions racistes, xénophobes et antisémites. Traité principalement « d’eurosceptique » sur la scène publique, ce parti est constamment accusé de tenir des positions con-servatrices de droite sur la politique sociale et d'intégration, tout en culti-vant un courant anti-establishment. D’abord conservateur-libéral, il s’est présenté après 2015 comme le principal opposant à la politique migratoire menée par Angela Merkel. En rejoignant ainsi la famille des partis popu-listes de droite, l’AfD a connu de nombreux succès électoraux et il a même réalisé le saut au Bundestag (parlement). Il est considéré comme le premier parti d’extrême droite à faire son entrée au parlement fédéral depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Ayant radicalisé son discours et son programme, l’AfD est actuellement le parti qui, avec le NPD (1), représente l’extrême droite en Allemagne. Il est devenu donc le porte-parole de la droite populiste séduisant de plus en plus d’électeurs.

Selon les informations de la revue « Der Spiegel » (1), l'Office fédéral pour la protection de la Constitution fonde sa décision de mettre en observation l'AfD sur une expertise d’environ 1000 pages réalisée par cette instance. À cette fin, ses juristes et ses experts en extrémisme de droite ont collecté depuis début 2019 pas mal de preuves relatives aux violations présumées de l’ordre démocratique perpétrées par ce parti.

Être classé comme « cas suspect d'extrémisme de droite » veut dire qu’il est soupçonné d’être « contre la démocratie et l’ordre fondé sur des valeurs libérales ». L’expertise doit apporter des indices que l’AfD viole la dignité humaine et les principes démocratiques contenus dans la Constitution.

Du point de vue de la haute instance en matière de protection de la Consti-tution, une raison importante de cette classification est apparemment l'in-fluence de « l’aile populiste » sur le parti. En outre, celui-ci entretient des liens avec des organisations d'extrême droite telles que le « Mouvement identitaire », « One Percent » (groupes de motards liés au crime organisé), le magazine complotiste « Compact » et le nouveau groupe de réflexion de droite « Institute for State Policy » autour de Götz Kubitschek, activiste de la « Nouvelle Droite ».

Cette classification signifie que l’AfD peut engager les moyens des services de renseignement, c’est-à-dire recrutement de membres du parti (genre espions) comme sources d’informations, écoutes téléphoniques, lecture de courriels.

Jusqu’ici l'AfD était géré comme un « cas de test », l'Office fédéral n'ayant pas été autorisé à évaluer que les sources accessibles au public. À partir de cela, l'Office fédéral pour la protection de la Constitution peut invoquer les violations de la dignité humaine et du principe de démocratie par l'AfD, afin de justifier pourquoi le parti dans son ensemble est désormais réper-torié comme un cas suspect.

Avec cette décision, les protecteurs de la Charte fondamentale espèrent un effet dissuasif sur les membres modérés du parti et aussi sur les « Wutbürger », les électeurs en colère, c'est-à-dire ceux qui ont choix l'AfD en signe de protestation. Cependant, de nombreux universitaires supposent que le noyau de l'électorat de l'AfD ne sera guère ébranlé par cette délibération. En effet, compte tenu de ses succès électoraux et de la radicalisation de ses membres, il est en effet peu probable que l’AfP modère son programme politique et ses déclarations incendiaires.

La classe politique salue cette décision

Une sentence qui est loin de plaire aux élus AfD. La cheffe du groupe par-lementaire AfD, Alice Weidel, veut également intenter une action en justice contre l'observation de son parti. Elle a tenté de minimiser l'importance de la décision en arguant que l'Office pour la protection de la Constitution a agi « de manière purement politique ».

Christian Wirth, le président de l'AfD en Sarre, a déclaré pour sa part que cette mise à l’index est « scandaleuse » et « juridiquement intenable ». Il est certain que le moment n’a certainement pas été choisi « par hasard ». Des élections nationales sont bientôt à l'ordre du jour dans deux Länder : le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat. Les chefs de parti Jörg Meu-then et Tino Chrupalla ont donc annoncé qu'ils « épuiseront toutes les pos-sibilités légales pour éviter ces dommages autant que possible ou pour les maintenir à un faible niveau ».

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. L'opposition de droite comme de gauche applaudit cette décision. Les membres de presque tous les partis du Bundestag saluent la décision du BfV d'observer l'AfD. Par exemple, les Verts et le parti social-démocrate (SPD) ont exprimé leur en-tière satisfaction. Le président du parti de gauche (Die Linke), Bernd Riexinger, aurait souhaité que cette décision soit prise plus tôt : « L'Office pour la protection de la Constitution est enfin arrivé dans la réalité, même si c’est avec plusieurs années de retard ».

Le vice-président de la fraction FDP (Libéraux) estime « qu’une démocratie vigoureuse ne doit pas rester à regarder les agitations des extrémistes de droite sans rien faire ». La décision de l’Office de protection de la Consti-tution « marque du sceau de l’inéligibilité le front de l’AfD ». Ce n’est pas seulement l'opposition qui s’en réjouit mais aussi le gouvernement et le Conseil central des Juifs en Allemagne.

Pour le président du Conseil central, Josef Schuster, les actions de l'Office pour la protection de la Constitution « confirment le danger que représente l'AfD », a déclaré Il a dit que le parti essayait de présenter une façade bourgeoise, mais que cela ne devait pas cacher son radicalisme. « Avec ses politiques destructrices, l'AfD contribue à miner nos structures démocra-tiques et à discréditer la démocratie auprès des citoyens ».

L'AfD est déjà sous observation dans plusieurs états fédéraux : Brande-bourg, Thuringe, Saxe-Anhalt et Saxe, des régions, à l’est de l’Allemagne, anciennement communistes où l’on dénombre le plus de racistes et de xé-nophobes.

Huguette Hérard

N.D.L.R.
(1) Sources : « Spiegel », Tagesschau, RD, DW.
(2) Le Parti national-démocrate d'Allemagne (ou NPD, abréviation de son nom original
en allemand : Nationaldemokratische Partei Deutschlands) est un parti politique ultranationaliste allemand, fondé le 28 novembre 1964 par d'anciens militants d'extrême droite du Parti socialiste du Reich (SRP) et du Parti impérial allemand (DRP).




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