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Quinzième édition du festival Quatre chemins : le coup de coeur de l’année de la rédaction

Quinzième édition du festival Quatre chemins : le coup de coeur de l’année de la rédaction








Malgré la semaine de haute tension à partir du 18 novembre 2018, la quinzième édition du festival Quatre chemins s’est déroulée à Port-au-Prince du 19 novembre au 1er décembre 2018. Ténacité et courage des organisateurs, le festival a été un véritable succès. Conférence, spectacle, représentation théâtrale, lecture scénique, vernissage, entre autres, le comité organisateur a tenu à maintenir les activités en adaptant la programmation du festival malgré cette situation particulière. Avec des artistes nationaux et internationaux, notamment les performances de BIT-Haïti qui a organisé un diner en blanc sur des piles d’immondices et des prestations du chanteur et guitariste Keb, l’invité d’honneur, cette quinzième édition du festival Quatre chemins, l’un des évènements phares du paysage culturel haïtien, a réussi un grand coup. Le National a rencontré le directeur artistique du festival Guy Régis Junior qui met déjà le cap sur la 16e édition avec comme invitée d’honneur, la réalisatrice et metteure en scène, Michèle Lemoine.

Le National : La décision de maintenir le festival, malgré les risques liés à une situation incertaine, a dû être prise en réunion d’urgence. Nous imaginons cette rencontre comme une scène d’anthologie. Pouvez-vous nous la raconter ?

Guy Régis Junior : Tôt le matin, 8h pile, réunion d’urgence avec tous les responsables d’équipe de la communication, de la coordination, de la programmation... Une partie de l’équipe quatre chemins dort sur place, mange sur place depuis plus d’un mois. Nous bénéficions du calme relatif de Pacot, là où se situe le quartier général de Quatre Chemins. Aucun d’entre nous n’a pensé à annuler. Ils sont tous jeunes et aiment les défis. Le 19, en plein blocage des rues, on a improvisé une manif pour aller à Jaden Sanba. J’ai donc compris qu’on allait continuer by any means necessary !!

L.N. : Le théâtre malgré tout. Le théâtre au-delà de tout. Est-ce la bonne formule pour résister contre la parole inutile dans l’espace public ?

G.R.J. : Absolument. Car le plus grand défaut du théâtre c’est de communiquer. Dire haut et fort. Dénoncer. Ce n’est pas le lieu du faux comme on le croit. C’est le lieu du Vrai. Faire du théâtre dans un pays sans théâtre est déjà un acte de résistance en soi !

L.N. : Est-ce que le théâtre à travers Quatre Chemins dérange ? Quelle est la part de satire sociale dans la démarche du festival ?

G.R.J. : D’emblée, c’est-à-dire dès la première édition, le festival se positionnait comme un acte de citoyenneté. Faire un festival à Port-au-Prince, une grande ville devenue par la force des choses, une ville quelconque, il fallait pouvoir la questionner à travers les spectacles. La cité est interpellée lors d’un festival. Elle a un rendez-vous. Dans ce lieu de rencontres, on la remet en question. On la bouleverse. « Dîner en blanc » une performance réalisée sur un tas d’ordures cette année par la compagnie à l’honneur, la BIT-Haïti, a perpétué cette marque de fabrique des Quatre Chemins, qui a toujours questionné la ville, le pays.

L.N. : Pouvez-vous nous présenter les grands héros de cette édition ? Héroïnes, disons, puisque le staff est majoritairement féminin. Hasard, confort ou politique assumée ?

G.R.J. : J’ai la nette impression que les femmes prennent plus en main les choses de la culture. Regardez FOKAL ! Et ce n’est pas seulement en Haïti. Certes dans l’équipe de Quatre Chemins nous avons toujours fait attention qu’elles soient en plus grand nombre comme dans la population haïtienne, 52 % de femmes dit-on, mais il arrive que ce soient souvent des étudiantes qui se proposent à nous pour faire partie de l’équipe. Pour notre grand bonheur. Car elles sont souvent plus dynamiques, consciencieuses, et fort brillantes, et se proposent parfois comme membres de l’équipe ou simples bénévoles. On a une vraie jeunesse, camarade Euphèle. Elle n’attend qu’une chose : que l’on croit en elle.

Le National : Pour finir, les derniers mots du condamné à faire vivre le théâtre en Haïti et très souvent ailleurs.

Guy Régis Junior : Ailleurs ou ici, ce qui m’anime c’est de créer, de dire. Selon la formule de Beckett, conscient que je ne suis : Bon qu’à ça ! Je conçois le travail d’opérateur culturel comme une entreprise noble. Avoir la chance d’être en amont des choses. Édifier, créer des espaces pour réunir l’humain autour du sensible. Puis l’acte de créer comme celui d’un artisan. Poser sa pierre dans l’existence. Dire que cela m’émeut d’être.

Le National



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