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Les promesses de la musique haïtienne

Les promesses de la musique haïtienne








La musique haïtienne, réputée riche et diversifiée, a été marquée, durant ces cent dernières années, par de grands événements auxquels s’attachent des noms comme Ansy Derose, Jo Trouillot, Guy Durosier, Leon Dimanche, Manno Charlemagne, Boulot Valcourt, entre autres qui ne sont malheureusement plus des nôtres, mais ont quand même eu le temps de faire des disciples, notamment Jean-Jean Roosevelt, Belo, Bic, qui au cours de ces récentes années ont su se faire, avec brio, une place dans le coeur de plus d’un. Ils enrichissent constamment, avec de beaux textes, ce répertoire pour le bien de notre marque dans l’industrie musicale. Ainsi, la roue tourne, plusieurs jeunes qui produisent des chansons à textes, sont en passe de remplacer valablement la génération de Belo et, au passage, celle de Manno.



Emmanuel Anténor, Frédo Amounce Rosilus, Lodesca Jean Guerby, David Morinvil, Ruth François, Williadel Denervil, Jenny Abellard Sarah, Dormil Steevens (Titi congo), Gabriel Alan Pierre (Frè Gabe), Collectif Maux en mots, sont autant de jeunes qui peuvent tenir et pendant très longtemps le flambeau de la chanson haïtienne. À cette liste, peut s’ajouter Emmanuel Anténor, ce jeune capois qui a fait ses premières armes dans plusieurs concours de chants qu’il a remportés dans la cité christophienne, notamment en 2014 au concours jeune talent freedom au Cap-Haïtien et au concours national de chanson francophone à Port-au- Prince, en 2016. Manno a déjà huit chansons à son actif, qui sont pour la plupart destinées à transmettre un quelconque message, comme c’est le cas de « Penser à demain », un titre qui incite les bonnes actions, ou alors « Ne gaspillez pas votre temps », un texte très profond dans lequel le jeune artiste décourage particulièrement la procrastination. Emmanauel Anténor est classé dans la catégorie de jeunes qui dégage une énergie positive, très calme sur scène, mais capte facilement son auditoire. Et à parfaire son style, Roosevelt Saillant (BIC) peut jadis considérer qu’il sera dignement remplacé.

Fredo-one de son vrai nom Frédo Amouce Rosilus, né dans la commune de Miragoâne est un jeune artiste qui baigne dans le sillage de la musique engagée, ce qui explique le style adopté par celui-ci. Freedo-one a grandi dans l’univers de la musique. Son père dirigeait un groupe à tendance compas du nom de « Alcool ». Très jeune, il se familiarisa avec le tambour et commença à en jouer. L’aventure musicale de l’auteur de « Frape Pòt la » a officiellement débuté en 2007, et forma peu de temps après sa propre formation musicale « Groove konpa », qu’il a dû abandonner pour un autre groupe « Antarès ».

La carrière de l’artiste a vraiment explosé avec le titre « Frape pòt la » sorti le 28 juin 2016, un titre qui a connu un succès fou. Des chansons comme « Chacun a son bâton » et « Remember the children » figurent dans cet opus qui se veut garante et promotrice de la bonne conscience. Fredo-one à travers son style de chanson engagée, et la force que charrient ses productions, il peut se révéler, dans les prochaines années, un Manno Charlemagne.

Lodesca Jean Guerby, natif de la vallée de Jacmel, pratique la musique professionnelle depuis l’an 2014. « Elèv lekol », l’une de ses productions est sortie pendant l’été dans le but d’encourager les jeunes écolier (re) s à valoriser leurs études. Au début de l’année 2018, il a sorti « Pwofesè », qui fait un plaidoyer sur la situation des enseignants. Lodesca est un jeune prometteur, et risque de se tailler, dans un temps record, une place prépondérante auprès des chanteurs à textes de sa génération.

Dans cette perspective, le secteur évangélique n’est pour sa part pas indifférent. D’excellents artistes et des jeunes assez prometteurs se forgent une place. À noter qu’il est souvent constaté que la majorité des chanteurs, musiciens, qui évoluent dans le séculier, évoluaient dans les assemblées chrétiennes. David Morinvil, est de ceux qui, depuis l’église, fait preuve d’un talent sans conteste et d’une capacité de production assez considérable. Maestro de la chorale « Dieu est grand », plus connu sous le nom de « DEG » l’une des chorales les plus en vogue dans le milieu évangélique, qui draine beaucoup de jeunes. L’auteur de « Kri pou Ayiti », a durant le début du mois décembre 2018, sous le label de DEG vient d’offrir à la communauté « Maten an », un texte du même genre que « Sonje priye » du groupe Alabanza, dans lequel les Haïtiens particulièrement les chrétiens sont appelés à implorer la grâce de Dieu. David Morinvil trouve assez souvent la formule pour faire bouger le public, particulièrement la jeunesse. Certaines personnes osent le comparer à Roody Rood Boy.

Dans cette sélection, quoiqu’exhaustive, de dix jeunes talents prometteurs, Ruth François est cette jeune fille dotée d’une capacité de transcender le coeur d’une robuste assemblée avec sa voix et la profondeur des textes qu’elle choisit méticuleusement d’interpréter. Ce sont toujours des chansons qui traduisent la réalité quotidienne de ses fans, âgée de 24 ans, Ruth n’a pas encore de chansons, dans son répertoire. Le public évangélique, presque unanime, affirme que Ruth ne tardera pas à se frayer une place prépondérante, dans le secteur évangélique.

Jenny Abellard Sarah, ambassadrice de bonne volonté de la mairie de Port-au-Prince, depuis son sacre, le 30 septembre 2017, au concours Podium quartiers, travaille actuellement sur la sortie de sa première composition dont le titre n’est pas encore révélé, avec l’objectif de sensibiliser sur la protection de l’environnement. L’originaire de Carrefour-Feuilles, situé dans la 3e circonscription, a visiblement beaucoup mûri, en témoigne sa prestation à la vente signature du 2e album de Renette Désir le 9 novembre dernier, à le Vilatte. La tonicité de sa voix, sa présence sur scène confirme qu’elle peut devenir une grande artiste. Elle a performé aux côtés de Renette sans complexe. Avec une discipline, une application des principes d’un artiste, on peut dire, que Jenny Abellard, remplacera sans l’ombre de doute, des chanteuses à textes, comme Renette Désir ou Tamara Suffren.

Stervens Dormil, plus connu sous le sobriquet de « Titi congo » chante très bien en français, en créole ou en espagnol. Titi congo est un chanteur éclectique qui valse son public avec sa voix et sa guitare sèche, il évolue un peu plus souvent dans un rythme, qu’il appelle Yanvabossa, un mélange de Bossa Nova et du yanvalou. Les chansons de Titi, sont souvent porteuses de messages très éloquents et perspicaces, ce jeune a eu l’heureuse opportunité de performer avec John Steeve Brunache, Boulo Valcourt, BIC, Manno Charlemagne, d’où son penchant pour les chansons à textes. Récemment, Titi congo a sorti « Mayi bouyi », un texte assez original, qui relate la réalité sociale haïtienne. Titi congo ne tardera pas à se faire un nom de prédilection dans le monde musical haïtien.

Gabriel Alan Pierre, connu sous le pseudo Frè Gabe, est né le 26 septembre 1993, est considéré comme le rappeur évangélique haïtien, il l’a toujours fait depuis l’école. Il a intégré officiellement un groupe rap en 2011, depuis il a profité pour multiplier ses prestations dans plusieurs activités du secteur séculier, sa dernière oeuvre dans ce secteur était « Mwen rayi lundi » en collaboration avec Trouble boy, avant sa conversion. Ce jeune chanteur à textes ne cesse d’épater le public, particulièrement ses fans. Après ses chansons a texte comme La priyè, Li fidel, Verite pa janm kache, Ti kal nan temwayaj, Frè Gabe vient d’offrir « Cher président » un titre dans lequel il dépeint tous les maux qui rongent cette société, une situation très souvent négligée par les principaux chefs d’État. Cependant, Cher président, un titre très nouveau dans la tendance musicale évangélique est inspiré des dernières turbulences qu’a connu le pays notamment en juillet et en novembre. Skinny boy, pseudo qu’on lui a accolé depuis peu en raison de sa physionomie. Il est toutefois devenu la superstar du rap gospel grâce à ses textes.

Williadel Denervil, cette jeune fille, avec une présence sur scène, et une polyvalence dans sa voix, chante les musiques tendres comme le gospel et le jazz, une tendance qui prend sa place dans le milieu évangélique haïtien. Cette chanteuse évangélique vient de confirmer sa constante présence dans les line-up des principaux concerts évangéliques, sa dernière collaboration avec la chorale DEG, sur le titre « Maten an» en dit long sur ce jeune talent.

Dans ce classement, loin d’être exhaustif, l’on ne saurait oublier le Slam, qui est une tendance qui prend peu à peu sa place dans le milieu musical haïtien, grâce aux efforts de jeunes comme Jonathan, Bernabe Jameson (Djeby tek Tek), Meshak Lebrun (Lfd), Chouno Lamarre, et Collectif Maux en mots qui est groupe de jeunes mené par Dieunaldo Mereste (Kalanbourik) et Ecclesiaste Dossous qui utilise le slam souvent appelé poésie urbaine, pour exprimer les maux de notre société, les problèmes de la jeunesse en mots. Dans leurs différentes prestations, le collectif passe en revue les différents problèmes du pays, à travers des titres comme « Denonse yo ».

Eguens Renéus



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