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La nuit des idées, une quatrième édition réussie

La nuit des idées, une quatrième édition réussie








La quatrième édition de la nuit des idées s’est déroulée dans l’enceinte de l’Institut français en Haïti dans la soirée du jeudi 31 janvier 2019. Pour marquer cet événement, qui est célébré un peu partout à travers le monde, une table ronde a été organisée sous la houlette de Dangelo Neard. Des personnalités comme l’éditorialiste au journal Le National et directeur d’école, Roody Edmé, la romancière Évelyne Trouillot, la spécialiste en genre et développement Pascale Solages et l’architecte Assly Celestin sont intervenus chacun à leur tour sur la thématique de cette année « Face au présent ».

La nuit des idées, qui est une manifestation tant culturelle qu’intellectuelle, s’inscrit dans une démarche d’échange et de partage, et s’étend sur 70 pays en un total de 180 événements réalisés autour d’un sujet unique. Et, Haïti n’est pas en reste. Cette année, pour la quatrième édition « Face au présent » a été choisi dans le but de proposer au public haïtien un espace de débat autour des grands défis de notre temps.

Ce brainstorming participatif est un espace libre en expression où tous, conférenciers et participants pouvaient se questionner sans langue de bois et loin des verbiages médiatiques sensationnalistes. À un moment où les citoyens demandent des comptes, cette nuit des idées rime tout à fait avec la situation sociopolitique actuelle. Car, c’est l’une des manières pour nous de regarder comment nous vivons ce présent en Haïti.

Pour l’architecte Adelie Celestin, faire face au présent est important, car il faut chercher à le comprendre. Pour elle, c’est la compréhension du présent qui permet de prédira l’avenir et de trouver une réponse adéquate à cet avenir qu’on refuse tendancieusement de percevoir. L’urbaniste a aussi rejeté d’un revers de main, cette perception de faire tout le temps appelle à Dieu, une attitude qui pour elle empêche les gens d’accepter leur présent.

La féministe Pascale Solages poursuit pour dire que le présent s’apprend, apprendre à sortir de l’automatisme et de ne pas rester cloitrer dans une quelconque chose. « Vivre au présent, c’est vivre autrement », a-t-elle martelé. La spécialiste en genre a fait le tour de son domaine d’expertise pour conceptualiser la phallocratie dans le thème, elle affirme que cette question de domination faite par les hommes à l’égard des femmes a toujours été un défi pour plus d’un, qui se nourrit notamment dans le temps et dans l’espace, mais face au présent on a une phallocratie avec une influence beaucoup plus poussée. Elle affirme aussi que les minorités sexuelles en Haïti sont exclues face au présent.

Roody Edme a, à son tour fait choix du numérique pour parler du présent dans le domaine éducatif. « L’on a des outils aujourd’hui qui nous permettent de faire des publications de masse et d’atteindre des lieux qui jadis étaient inaccessible ce, grâce a l’internet », a laissé entendre l’éducateur Roody Edmé. Toutefois, il a souligné les contraintes provoquées par le numérique sur l’humanisme dans le présent, comme le fait de croire dans le technique que de penser à l’être humain en tant que ressource. Roody Edmé, de par son expérience contrairement à Mme Solages, a vu une sorte d’amélioration au sein de la phallocratie puisqu’aujourd’hui il est difficile de faire taire une fille qui veut s’exprimer même en salle de classe.

Toujours sur le même thème, l’écrivaine Évelyne Trouillot en ajuste avec sa perception du concept. Pour elle, l’ignorance du passé est une sorte de naïveté vis-à-vis du présent et il est plus que nécessaire pour elle d’apprendre à connaitre le passé pour mieux comprendre le présent. Elle affirme qu’il y a dans le présent une forte illusion du savoir surtout avec l’accumulation d’information non vérifiée existant sur le net qu’on ne saurait transformer en réflexion ou en savoir. Pour l’écrivaine, ce fait nouveau est un grand danger pour les individus se trouvant dans un milieu où ils n’ont pas l’accès à des ressources culturelles. Elle s’étale sur trois mots caractérisant les trois grands défis du présent qui y étaient déjà, mais qui remontent dans le présent tels que : l’injustice, pour parler de la grande différence sociale, différence entre plusieurs pays, l’ignorance tout en faisant allusion aux gens qui ont des informations et qui croient tout savoir et enfin l’indifférence.

Les conférenciers ont présenté aussi des points qui caractérisent le présent en Haïti. Dans le présent haïtien, les homosexuels sont quasiment exclus, et ce dans tous les secteurs. Le sentiment de vivre ensemble ne se manifeste pas réellement dans la société, une pépinière d’église, de night-club et tous ceux qui vont avec, occupent le présent. Les points de rencontre des jeunes intellectuels sont quasi inexistants. Chaque société à sa propre façon de vivre, de comprendre et de faire face au présent, mais elle doit toute apprendre à être conscient de leur présent, chercher à le comprendre et enfin l’accepter.

Rose Karlande Derosier



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