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Léa ou la beauté en mille morceaux, une adoration de l’être féminin

Léa ou la beauté en mille morceaux, une adoration de l’être féminin








La poésie sans musicalité est un art suspect. La chanson cherche toujours à se placer à la genèse des mots. Dans Art poétique, Verlaine disait que : « la musique avant toute chose ». C’est ce qui fait l’esthétique de ce long poème de Joubert Joseph, publié en mars 2018, chez Z4 éditions. À travers son deuxième recueil, le poète nous offre le portrait de Léa ou la beauté en mille morceaux, comme le titre l’indique.

Ô fine fleur
Femme au regard subversif
Couleur d’ébène
Beauté en mille morceaux.

Écrit le poète comme un refrain après chaque bout de texte.

De nombreux recueils de poèmes parus ces dernières années font l’éloge de la femme. Ils exaltent sans restriction leur beauté. Ceci me fait penser au poème de René Depestre pour la femme de Kyoto, où il écrit :

« et j’ai tant joui de sa beauté
que je porte son absence de fée
comme un temps de cerisier. »

Mais aussi à un extrait de poème de Georges Castera :

« Tu passais par là par hasard
intarissable de beauté et de bonté
curieusement j’ai raté ma mort. »

De fait, on ne saurait trouver des mots assez généreux pour décrire le rôle de la femme dans les oeuvres de certains poètes. C’est ainsi que de grands noms de la littérature française tels que : Pierre de Ronsard, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud s’enflamment de manière très réussie dans la poésie érotique. Ils présentent la femme comme une idole, ou, disons mieux, une pureté idéale. Aussi, c’est ce que nous montre le poète Joubert Joseph dans son long poème, il rend hommage même aux pieds de la femme :

J’ai vu tes pieds
Et depuis
J’aime toutes les routes sur lesquelles tu as marché
Tes pieds, une rivière d’étoiles qui coule
Apaisant la soif de la terre.

Dans Léa ou la beauté en mille morceaux, Joubert Joseph se nourrit d’une imagination artistique. Il nous démontre malgré la fêlure des heures, les interminables vents larmoyants, il est encore capable d’aimer. Musset écrit : « Ce qu’il faut à l’artiste et au poète c’est l’émotion. »

Même quand il fait nuit de l’autre côté du jour
Il y a toujours une paire de soleils a ton corsage
Ô mes mains ont des trous de mémoire
Elles laissent couler les souvenirs anciens.

Je ne sais plus qui a déclaré qu’écrire pour une femme est un acte politique en soi. Dans ce long poème de 77 pages, les sentiments du poète sont détaillés et tiennent une place éminente. L’érotisme est toujours au coeur des poèmes de Joubert Joseph. Dans son premier ouvrage « 15 poèmes pour un million d’étreintes », il a écrit :

Mes mains trempées des larmes
D’un vagin qui pleure

Mieux qu’un long poème, Léa ou la beauté en mille morceaux est un voyage infini entre le poète et Léa. Dans son recueil, le poète joue avec la sonorité et révèle sa limite

Je maitrise tous les mystères du monde
Je n’ai que ton corps comme limite

Si l’érotisme était considéré autrefois comme libertinage, aujourd’hui il n’y a plus d’organes à cacher. Malgré le fait que le christianisme a voulu mettre sur la touche le bonheur des rapports physiques entre hommes et femmes, les poètes ont boudé cette démarche et ont décidé de donner forme aux rêves.

Je suis tombé amoureux de la route
Qui mène à tes seins
Ô tes seins
Des astres troublants
L’Âme de la planète

Dans Léa ou la beauté en mille morceaux, le poète travaille la langue, il fait équilibre entre fond et forme. Il y a une nécessité pour Joubert Joseph de sacraliser l’être aimé. Léa ne manque pas d’initier le poète à l’amour :

Je veux t’aimer avec toute la force de l’eau
Jusqu’à ce que mon coeur se noie dans le creux de tes mains.

Évoque-t-il.

Plus loin, il écrit :

Laisse-moi t’offrir la mer
Tu pourras la porter dans tes yeux
Ne dis à personne si la nuit a ri
De mes fantasmes
Ne dis à personne si ma solitude se prolonge.

Il est tout de même nécessaire de constater que Joubert Joseph ne brave pas les interdits. Il les esquive pour éviter de choquer. La poésie érotique dans le vrai sens du terme, c’est aussi dire le plaisir honnêtement. Donner libre cours à nos pensées. « Tout est sujet, tout relève de l’art. Tout a droit de cité en poésie », c’est ainsi que Victor Hugo définit la mission exploratrice du poète et revendique une exigence de totalité. En revanche, la poésie érotique doit évoquer, satisfaire et provoquer. Elle ne doit pas être à mi-mât.

Jessica Nazaire



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