S'identifier Contact Avis
 
25.11° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
« Limyè », un spectacle pour illuminer le souvenir de Manno Charlemagne

« Limyè », un spectacle pour illuminer le souvenir de Manno Charlemagne








Le samedi 13 avril 2019, en prélude à l’anniversaire de naissance de feu l’artiste Manno Charlemagne, s’est tenu, sur la scène UNESCO de la Fondation Connaissance et Liberté (Fokal), un spectacle intitulé « Limyè », une création de la comédienne Gaëlle Bien-Aimé sur des chansons de Manno Charlemagne. Avec la participation de Néhémie Bastien, Vanessa Jeudi, Charline Jean Gilles, Pascale Registre et Banechca Pierre et un percussionniste Marc Harold Pierre, « Limyè » faisait miroiter l’ombre de Manno Charlemagne, cet artiste rebelle, ce chanteur engagé qui a toujours fait rimer dans ses chansons l’art et la politique.

«La guitare de Manno est désormais muette. Qu’adviendra-t-il de nos rêves d’hommes et de femmes libres ? ». Cette interrogation virulente a, apparemment, ponctué tout le spectacle. Elle a remis en question le jeu des acteurs qui se sont approprié l’univers musical et l’itinéraire inentamé de Joseph Emmanuel (Manno) Charlemagne qui a remis le tablier des suites d’un cancer de poumons, le 10 décembre 2017. Sur la scène, le décor dans un sens ou dans un autre était trop réducteur. Des pneus, symboles de violence, des mouvements de mobilisation en Haïti étaient visibles. Un « drum », qui contenait peut-être du carburant - qui se fait très rare ces derniers jours -, est aussi remarqué. Les protagonistes n’avaient pas allumé le feu sur la scène pour faire passer leurs doléances. Ce n’était pas le moment. Ni le lieu non plus. Ils se sont contentés de faire passer leurs revendications en utilisant les textes des chansons contestataires de Manno Charlemagne sur des feuilles blanches érigées en pancartes et placardées sur des murs.

En levée de rideau, quelques-uns des titres, dominant l’actualité de ces derniers jours, sont passés en revue par les journalistes vedettes de la presse haïtienne et les spectateurs ont assisté, avec la plus grande attention, à une entrevue que l’un des protagonistes accordait à trois journalistes en quête d’information. Quelques extraits des chansons de Manno Charlemagne sont chantées en a cappella : « Do m laj », « Ya bezwen m », « Ayiti pa forè ». À cet instant précis, le percussionniste fit son apparition sur la scène. Il est allé s’asseoir derrière ses instruments après avoir distribué des maillots blancs aux six actrices portant des jeans moulants. La scène est devenue le lieu où passaient les revendications de tout un peuple. Tout a été dénoncé dans la représentation à voix haute : misère, chômage, pauvreté, violence, corruption. Tous les rêves, tous les désespoirs, toute la colère et tous les espoirs de Manno Charlemagne sont chantés sur scène. « Sin n pa fè sa. Kisa n ap kite pou lòt yo. Mizè sa yo nou pa ka kache yo », ont-elles répété en choeur. La chanson « Poukisa ou pa pale manman », une longue élégie qui raconte les amours d’un fils à sa mère, a servi de prétexte pour dire l’inacceptable, la souffrance d’une mère et le mal d’un pays où règne la jalousie, l’égoïsme, la méchanceté et l’hypocrisie. « M ap chache yon flè dizè nan mitan pikan kwenna, yon gout dlo nan mitan rivyè. Yon bout lang nan mitan trant de dan (…)

Mwen ekri w jodi a pou m di w si ou pa wè m, mwen toujou la. »

Le spectacle, dont on ne peut pas sous-estimer sa signification profonde, était surtout marqué par l’interprétation de la chanson : « Ban m yon ti limyè ». Cette interprétation a donné au théâtre sa force et son ampleur. Elle a mis en exergue la vision de Manno Charlemagne, musicien révolutionnaire et artiste engagé né, le 14 avril 1948. Avec sa voix puissante et son cran, il était devenu la voix des sans voix, le porte-parole de toute une génération. Il a composé des chansons militantes, contestataires et satiriques pour traduire les espoirs et les révoltes et soutenir des causes marquées par les espoirs et les couleurs du temps.

«Ban m yon ti limyè mèt/ ban m yon ti limyè pou m wè sa k ap pase/
Ban m yon ti limyè mèt/ ban m yon ti limyè souple pou m ka wè/
Poukisa se nèg yo fè soufri/ poukisa se nèg yo fè sot/
Poukisa nèg paka manje/ poukisa yo mande lanmò »

Schultz Laurent Junior



Articles connexes


Afficher plus [3780]