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In memoriam 12 janvier 2010, un spleen qui ne cache pas son nom

In memoriam 12 janvier 2010, un spleen qui ne cache pas son nom








En lisant in memoriam 12 janvier 2010, le premier né de 48 pages, du poète Davastruc Jean-David Bruno publié en décembre 2018 chez les éditions du Pont de l'Europe en France, cette phrase de Jacques Roumain reprend tout son sens: « le poète est la conscience réfléchie de son époque. Son art doit être une arme de première ligne au service du peuple ». Davastruc a choisi de s’inscrire dans la lignée de poètes comme Félix Morisseau Leroy, René Philoctète, Anthony Pelphs qui, eux-mêmes, ont mis leur plume au service du peuple.

Le poète ouvre le livre, contre toute attente, sur le chômage qui est le mal endémique en Haïti et compromet les opportunités de vivre dans la dignité pour la population particulièrement les jeunes. Et le poète témoigne en admettant qu’il n'est pas à l'abri de la précarité. Mais le quotidien du poète n'est-t-il pas aussi le nôtre?

« J’exerce le métier de mon père depuis belle lurette ;
Jamais sur mon toit l’argent n’a déposé une miette.
Oh ciel ! Ou va cette Haïti ! »

Etzer Vilaire, dans Les dix hommes noirs, à déjà touché ce grand fléau du doigt. Le huitième homme, le maquisard, chômeur soit-il, a poussé ses deux sœurs cadettes vers la prostitution, dit-il:

« Le destin m'avait fait un homme hors de la vie
L'horreur des jours sans pains les a prostituées »

Cette déchéance que nous livre poète Davastruc ne date pas d'hier, les générations précédentes peuvent en témoigner. Encore aujourd’hui, personne ne sait si c’est demain ou jamais que la misère, le chômage, l'injustice cessera de régner en maitre dans le pays.

Ce recueil de poèmes, plus qu'un chant cassé, résonne au tréfonds du cœur du poète. Où il porte, depuis le passage du séisme dévastateur en Haïti, un souvenir qui devient un fardeau beaucoup plus lourd que le temps.

Quel souvenir hante le poète? Voilà le souvenir des cinq (5) amis emportés par la violence meurtrière du tremblement de terre qui a ravagé Haïti et depuis fait pousser un bouquet de spleen rose-noir dans la mémoire du poète.

« De la petite maison au toit cynique
Qui abritait cinq amis amorphes,
Vaincus tous par la grande catastrophe
Survenue l’après-midi du 12 janvier... »

Mais comment vivre avec une cicatrice et une douleur qui marchent toujours avec soi, qui dérangent l'esprit et qui cherchent même à redéfinir la vie ?

Le poète, lui-même, veut faire le plus noble choix de sa vie. S'enfuir, partir très loin d'ici pour aller habiter l'aube. Et ne plus en revenir.

« O bon enfer !
O doux enfer !
Humble libérateur.
Laisse-moi un seul jour, baiser ton adorable cœur,
J'aimerais tant être parmi les morts »

In Memoriam 12 janvier 2010 est un livre qui devance nos envies d’entendre une parole vraie, capable de nous guider et de conscientiser l'âme haïtienne sur la nécessité de reconstruire le pays.

Feguerson Thermidor



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