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Cité soleil, une renaissance inattendue


Cité soleil, une renaissance inattendue









Fatalement, il y a toujours eu deux regards sur Cité soleil. Celui des gens qui y ont vécu et celui des gens qui en ont entendu parler. De toute évidence, le deuxième l’emportera sur le premier même à main levée. C’est simple, tout le monde connaît cette ville qui essaie d’exister dans l’insalubrité, la promiscuité, la misère, la violence communautaire et avec les guerres de gangs. Une zone de non-droit, dit-on. Mais ce que tout le monde ignore aussi, c’est que sous ces petites maisons en délabrement, certaines personnes cherchent bien à partager la vie malgré tout.

Le lancement de Konbit bibliyotèk site Solèy par un groupe de jeunes en 2017, a changé un peu la perception de beaucoup de gens sur l’avenir du plus grand bidonville du pays. Sans oublier les initiatives socioculturelles de Konbit Atis Solèy (KAS) et les rencontres du poète JeudInéma et consorts, qui ont su faire parler de la ville sans penser réellement au danger. Même avec tout cela, les enfants de la cité ne cessent de surprendre. Comme si d’un coup, ils essaient de rattraper ce qu’on appelle, le temps perdu. Une véritable rédemption.

C’est dans cette perspective que Géraldine PÉPÉ dit Pepa, native de Cité Soleil plus précisément à Ti Ayiti, couturière, informaticienne, journaliste et surtout professeure, a organisé le 6 juillet 2019, une journée d’activité à Ti Ayiti, au profit de 40 jeunes enfants de la zone. Une activité portée sur l’application des règles d’hygiène, l’assainissement, l’action civique et enfin des séances de relaxation et jeux traditionnels pour clôturer la journée.

Quatre heures d’activités qui ont permis aux enfants de comprendre que la cohabitation avec les ordures est anormale dans une vie. Une journée pleinement réussie, confie Pepa qui se dit, ne pas croire en la génération spontanée. C’est pourquoi elle investit dans les enfants, afin qu’ils puissent grandir avec des valeurs et de la dignité. Elle s’attend plus que tout, à ce que ces enfants partagent la formation avec ceux qui n’ont pas eu la chance de venir (à l’école Mixte Walter Henry de Bon combat) à connaître eux aussi leurs droits et devoirs.

Pepa n’est pas à son coup d’essai. C’est une jeune femme déjà aguerrie, qui a à son actif d’énormes réalisations. Telles que la création de la Société de jeunesse haïtienne (SJH) dans le but d’organiser des formations pour des jeunes, la Vision des jeunes d’Haïti (VJDH) qu’elle a intégrée à l’âge de 17 ans, la création de Miss Pepa salon de lettre et du théâtre (MPSLT) et elle est membre de la Fondation de Paris Haïti. Passionnée de la lecture et du théâtre, elle a déjà écrit deux textes : « Femme élégante dans les années 60 » et « Le mari de ma mère m’a violé » qui relate la vie de certaines jeunes filles dans les quartiers défavorisés.

Elle anime pour le moment une émission à Radio Boukman « Femme et finesse ». Pendant ce temps, elle assure la gestion d’une chaîne de télévision en ligne DGD TV. Son engagement dans la communauté a été récompensé le mois dernier avec le Peace prize Cité Soleil 2019, décerné par l’association Konbit Solèy Leve.

Petit à petit, Cité Soleil se métamorphose loin de la politique avilissante, des préjugés et des mépris des gens qui n’ont que ceux-là à donner.

Lesly Succès



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