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Pour parler de mon ancien professeur et collègue « Roger Petit-Frère »

Pour parler de mon ancien professeur et collègue « Roger Petit-Frère »



Pendant plusieurs heures, ce jeudi 8 aout, j’ai cru qu’il s’agissait d’un « fake news », comme cela devient d’ailleurs courant dans notre société, en voyant en boucle sur les réseaux sociaux la nouvelle du décès du professeur Roger Petit-Frère.

Évidemment, je ne pouvais aucunement croire à cette information puisque le professeur était encore présent et en pleine forme, il y a juste quelques jours, dans cet espace de débat politique passionné, mais éclairé qu’est devenue la cour de l’INAGHEI au fil des années.

Lorsque la nouvelle me fut confirmée par le décanat de l’institution, je n’ai pu m’empêcher d’être submergé par une double tristesse. Je suis triste d’abord de voir s’en aller prématurément l’un des meilleurs professeurs de sciences politiques qui ont intégré l’institut à l’époque où l’INAGHEI était encore appelé noblement l’« Institut des hautes études internationales ». Je suis triste aussi du fait qu’en dépit de ses sacrifices personnels et de ses engagements intellectuels sans cesse renouvelés en faveur d’une Haïti solidaire, juste et prospère, le professeur Petit-Frère n’aura finalement jamais le privilège de gouter aux fruits de ses longues années de dévouement et de dévotion à la cause de la République.

En tant que professeur, Roger Petit-Frère fut un enseignant attentif et très engagé auprès de ses étudiants. Pour peu qu’ils fassent montre d’une curiosité intellectuelle et de l’intérêt à leurs études, le professeur Petit-Frère n’hésitait jamais, en marge de ses heures de cours, à investir son temps pour les encadrer et les aider à se perfectionner. D’ailleurs, j’ai eu le privilège d’avoir été l’un de ses étudiants favoris à partir de 1994, dans le cadre de son cours légendaire, baptisé « Analyse politique ».

Autant dire, ce fut sa façon d’enseigner la science politique, notamment sa méthode interactive et participative, ainsi que ses approches éclectiques, puisant leur source à la fois dans les courants socio-historique, structuraliste, culturaliste et rationaliste qui m’avaient profondément fasciné et permis finalement de m’orienter vers les études plus poussées de politique comparée.

Dix ans plus tard, soit en 2004, au terme de mes études à l’ENA et à Paris 1-Sorbonne, le professeur Roger Petit-Frère sera parmi les premiers professeurs à m’accueillir avec considération et égard au sein de ce petit cercle fermé qu’était encore à l’époque le corps professoral du Département des sciences politiques de l’INAGHEI. Depuis ce jour, il n’a jamais cessé d’être un collègue courtois et conciliant et toujours prompt à apprécier les compétences des uns et des autres qu’ils fussent grands ou petits.

Mes derniers échanges soutenus avec le professeur Petit-Frère remontent au 28 septembre 2018. Sachant l’intérêt scientifique que je porte à la question de la « Responsabilité internationale des organisations internationales », celui-ci m’avait recommandé auprès du décanat pour être le lecteur-critique du mémoire de l’étudiante Elive Jules, titré « L’épidémie de choléra en Haïti et la responsabilité internationale des Nations unies », dont il fut l’encadreur.

Évidemment, grâce, entre autres, à la qualité de l’encadrement du professeur Petit-Frère, l’étudiante a pu obtenir une excellente note qui lui a permis d’intégrer les mois suivants une université en Espagne pour ses études de maitrise.

Que l’on soit étudiant, enseignant ou membre du personnel administratif de l’INAGHEI, la simplicité, la bienveillance et la chaleur contagieuse du professeur Roger Petit-Frère manqueront certainement à chacun de nous. Accablés par notre tristesse, nous ne pouvons que conserver l’espoir de voir le rectorat de l’UEH instituer une chaire ou une bourse d’excellence en son nom.

James Boyard
Enseignant-Chercheur à l’INAGHEI




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