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Éduquer avant tout, d’après Peterson Étienne

Éduquer avant tout, d’après Peterson Étienne








Le National a rencontré Peterson Étienne diplômé en Sciences de l’éducation, professeur et jeune citoyen engagé. Entretien.

Le National: Votre sujet de mémoire s'intitule « Supervision pédagogique et échec scolaire » pensez vous qu'il y a rapport cause à effet ?

Peterson Étienne: L’éducation étant la base de développement. Pour ce, le système éducatif doit répondre. Chez nous il y'a plusieurs facteurs qui nous renvoient à l'échec scolaire comme un problème de langue d'enseignement, de manque de matériel, d’absence ou manque de supervision pédagogique, oui les deux termes sont liés parce qu'un manque de supervision pédagogique peut augmenter le taux d'échec scolaire, car plus un enseignant est supervisé, plus il sera aidé et plus les résultats pourront s'améliorer.

L.N.: Qu'entendez par supervision et comment vous pouvez les catégoriser ?

P.E.: Gérard Ethier définit la supervision pédagogique comme un acte de formation visant à développer les compétences des enseignants sur le terrain. Nous pouvons dire que c'est l'adéquation entre le discours et la pratique, qui vise à améliorer, soutenir et développer l'acte pédagogique et éducatif assumé par les éducateurs.

L'acte supervision pédagogique a plusieurs modèles ou catégories, nous pouvons citer : i)supervision classique, où le superviseur est un enseignant, puisqu'il enseigne à enseigner ; ii) supervision clinique, qui consiste à l'assistance pour remédier aux problèmes pédagogiques que l'intervenant (l'enseignant) rencontre dans sa pratique(l'acte d'enseigner) ; iii) auto-supervision, cette catégorie est basée sur les recherches faîtes dans le domaine de l'enseignement et principalement sur l'efficacité qu'on lui reconnaît ; iv) supervision Interactionnelle, qui se fait dans une relation d'aide multidirectionnelle, c'est-à-dire elle vise non seulement à aider le supervisé, mais l'institution elle-même et le superviseur ; et v) supervision synergique, qui vise essentiellement l'amélioration de l'enseignement qui devrait être le but premier de toute institution qui prône l'excellence de l'apprentissage des élèves.

Nous citons que ces catégories-là, mais il en existe d'autres.

L.N.: Dans la présentation graphique, Il est noté que près 87 % des supervisions ont eu lieu dans les écoles non publiques contre 13 % dans les écoles publiques. Comment cela s'explique ?

P.E.: Nous voulons dire que la faible pratique de supervision a cours majoritairement dans les écoles non publiques, ce qui nous montre que toutes les écoles n'ont pas le même regard aux yeux des superviseurs (inspecteurs). Cela peut expliquer aussi par le fait que la majorité des cadres dans le système ont une école ou du moins sont associés à une école. Par conséquent, ces derniers ont beaucoup plus d'intérêt à concentrer leur travail sur leurs propres biens. C'est leur vie, ils ont oublié les écoles publiques ils n'ont pas assez d'intérêt là-dedans. Et l'État de son côté ne conditionne pas assez ou du moins ne priorise pas le travail ou les résultats de ses supérieurs ou inspecteurs.

L.N.: Dans distribution des enseignants suivant le niveau d'études. On a remarqué que plus de la moitié des enseignants n'ont pas eu leur baccalauréat. Pensez-vous qu'une bonne supervision puisse améliorer la situation des élèves en classe ?

P.E.: Oui, nous pensons qu'une bonne pratique de supervision pédagogique puisse améliorer la situation des élèves en classe, car plus un enseignant est supervisé plus il s'améliore, et ça va augmenter le taux de réussite des élèves.

L.N.: 50 % des superviseurs organisent leur supervision en transport en commun et plus de 20 % y vont à pied. Y a t-il selon vous une possibilité de réorganiser l'aire des supervisions par proximité pour faciliter la tâche aux professeurs ?

P.E.: Oui il y a possibilité de réorganiser l'aire des supervisions par proximité pour mieux faciliter la tâche aux superviseurs (inspecteurs), tout en facilitant le transport de ces derniers, il faut souligner que l'État doit augmenter le nombre de superviseurs (inspecteurs). Comment comprenez-vous qu'un inspecteur a sous sa responsabilité plus de 50 écoles à superviser, et la pratique doit se faire régulièrement et impartialement, plus on supervise mieux les enseignants, plus il s'améliore en les aidants

L.N.: Considérant les différents facteurs (endogène et exogène) qui interviennent dans le processus d'apprentissage. Le(s)quel(s) selon vous empêchent le bon déroulement du processus ?

P.E.: l'État étant incapable de répondre aux exigences du système éducatif ce qui va engendrer des problèmes comme le manque de soucis des inspecteurs, le manque de moyens de déplacement des superviseurs, la partisanerie d'un grand nombre d'inspecteurs en s'intéressant plus aux écoles non publiques et tant d'autres facteurs.

LN: On a toujours entendu parler d'éducation à deux vitesses. Y a t'il une solution à ce problème dans le système ?

PE: Oui il y a une solution à ce problème, mais pas dans ce système, nous devons nous sortir de l'école coloniale, révoquer le Concordat de 1860 qui nous enfonce dans le chaos, nous devons changer de système tout en formant des Haïtiens pour Haïti. L'État doit prendre ses responsabilités pour diriger le système éducatif, mais pas des congrégations, etc.

LN: Quelle place, selon vous, occupent les travaux de recherches en Haïti ?

PE: L'éducation est la base de développement de tous pays, ce sont les universitaires qui réagissent le premier sur des problèmes que confrontent la société, mais chez nous grand nombre d'étudiants touchent des problèmes criants que les responsables envoient au placard. Chez nous l'État ne fait pas cas des travaux de recherche.

Le National: Quelle est la portée de votre travail ?

Peterson Étienne: Dans notre travail on montre qu'il y a un manque de supervision pédagogique et ceci contribue à l'échec scolaire annuel que nous avons.

Lesly SUCCÈS



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