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Jeudy Erickson apporte 1 Dous 1 Cho à la communauté littéraire

Jeudy Erickson apporte 1 Dous 1 Cho à la communauté littéraire








Le dramaturge, professeur d‘université s’apprête à signer le 12 octobre,1 Dous 1 Cho, un recueil de poèmes, qui parle de l’amour, de la mort, du fantasme de la joie et de la colère. Dans une entrevue accordée à le National, il fait le tour de sa vie d’écrivain, et de sa perception sur l’intérêt des universitaires pour la littérature.

Le National : Vous êtes professeur à l’université, quel regard portez-vous sur l’intérêt des universitaires pour la littérature?

Jeudy Erickson : Nous vivons dans un temps où il est dur de s’investir dans les choses qui profitent principalement à l’esprit. Le développement dont on parle si souvent est rarement celui de l’âme humaine. Ce que je m’apprête à dire est aussi valable pour la littérature, la philosophie que pour les autres disciplines qu’on classe plus précisément dans la catégorie des sciences humaines. Ce n’est pas ce dont on a besoin dans le monde. Certaines sociétés essaient encore de résister aux idéologies de l’extrême droite qui veulent pousser les gens vers l’avarisme et le barbarisme moderne. Le racisme et la schizophrénie des dirigeants de l’extrême droite promeuvent l’inculture et évitent les échanges interculturels (surtout au niveau des mœurs). Les humains n’ont pas besoin d’habiter le monde des autres, pensent-ils, qu’ils sachent tout simplement comment faire de l’argent : the time is money. Or dans la logique de la littérature, the time is hospitality. C’est un milieu d’accueil, un espace ouvert prêt à recevoir les autres avec leurs passions et leurs vécus.

En Haïti aussi, Hélas ! Si tant de jeunes s’investissent dans la littérature, c’est un choix presqu’inimaginable et inexplicable. Mettons de côté l’Ecole normale supérieure. Ne peut-on pas compter sur les doigts combien d’universités ont un département de littérature ou de philosophie ? Peut-on parler de l’intérêt des universités pour la littérature ? Je ne connais pas toutes les universités, mais c’est inquiétant.

L.N. : Y- a-t-il un prétexte pour produire?

J. E. : Il y a toujours un prétexte : la mort – la seule offre sincère et gratuite que nous fait cette société. Soit pour l’éviter ou l’affronter. C’est tout ce qui me hante. L’évidence d’une mort qui nous sert d’ombre.

L.N : Dans quel genre littéraire vous écrivez en général?

J.E. : Je suis dans le poétique, le dramaturgique et le narratif.

L.N : Chaque écrivain a une muse pour ses écrits, quelle est la vôtre?

J.E : Ce que j’appelle muse, sinon la mienne, c’est l’Immense. Cet inconnu qui nous possède, nous comble de délires et nous pousse à les donner forme.

L.N. : Quels sont les critères pour le choix de vos textes?

J.E. : Je ne choisis pas mes sujets, ils me choisissent. Ou la muse les choisit. Je ne parle pas d’un état d’inconscience des sujets que je butine, mais de préférence d’une interpellation tellement forte que je ne peux y renoncer. Le critérium de cette interpellation, c’est le vécu. Je n’écris rien qui ne soit en quelque sorte lié à mon vécu : un jeune que l’on crible de balles, une femme violée, l’amour, la mort, etc. Il faut que ce soit un phénomène, un sentiment ou n’importe quoi qui m’affecte personnellement.

L.N. : Dans quelques semaines vous signerez 1 Dous - 1 Cho, qu’est-ce qui se cache derrière ce titre évocateur?

J.E. : 1 Dous- 1 Cho, c’est la vie. La dialectique du vivre. C’est mourir lentement à force de vivre. C’est l’expression de l’aventure nécessaire et l’inévitable chute. C’est le jeu de la corde sous son double aspect : sauter à la corde et mourir en beauté dans l’esthétique de la pendaison. Voilà pourquoi ce recueil de poèmes parle d’amour, de mort, de colère, de joie, de fantasme et de désespoir.

L.N. : Vous voulez enlever le voile, sur quelques de vos projets pour le public?

J.E. : Mes projets sont modestes : vivre, aimer, créer, lutter et mourir.

L.N. : Y- a-t-il des écrivains, que vous affectionnez leurs écrits?

J.E. : C’est difficile d’énumérer mes modèles : Phelps, Frankétienne, Makenzy Orcel, A. Camus, Daniel Zimmermann, René Daumal, L. Trouillot, Jacques Stephen Alexis, Marie Vieux-Chauvet … Ils sont nombreux et même trop nombreux.

Le National : Vous avez une date pour la vente Signature de 1 Dous 1 Cho?

Jeudy Erickson : Je signe l’ouvrage le 12 octobre prochain. Aucune vente signature avant cette date. Je le signe à L’école Les Petits Soleils, 18 rue 3,Pacot.

Propos recueillis par
Eguens Renéus



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