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ICOM-HAITI: MUPANAH et autres biens culturels, une responsabilité partagée pour les protéger !

ICOM-HAITI: MUPANAH et autres biens culturels, une responsabilité partagée pour les protéger !



Depuis 1986, à chaque grand mouvement de protestations et de mobilisations populaires, nombreux sont les sites historiques et culturels qui font les frais des revendications, à la fois par ignorance, par méchanceté ou par une volonté malsaine de piller, de voler ou détruire les principaux symboles qui font la fierté d’Haïti.

Dans la liste des pertes majeures du secteur culturel haïtien, on pourrait citer la destruction complète le 7 janvier 1991 par les flammes, des ruines de l’ancienne Cathédrale de Port-au-Prince, un temple construit en 1771 selon le feu historien Georges Corvington. Autant comprendre l’importance de l’ouvrage dédié à cet ouvrage, publié quelque temps plus tard par la feue professeure et anthropologue Rachel Beauvoir Dominique, en collaboration avec plusieurs autres spécialistes de sa génération, qui ont pour la plupart servi le célèbre architecte Albert Mangonès dans la sauvegarde du patrimoine bâti haïtien, dans les années 70 et 80.

Durant les mouvements de « GNB » en 2004, avec le départ de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, toute la collection du musée mort né de la Restitution que ce dernier voulait ériger a été détruite et pillée, autant par la foule en euphorie que par des personnes avisées, devant les cameras sur place à l’époque.

Désastres naturels, de nombreux bâtiments publics administratifs détruits pendant le tremblement de terre du 12 janvier 2010 ont été pillés, dechouke ou même incendiés quelques heures après le drame. Et depuis, des dizaines et des centaines d’œuvres d’art importantes qui se retrouvaient sous les décombres sont parties dans la nature, pour ne plus jamais revenir dans les collections de la République.

De l’ancien directeur général du musée du Panthéon national haïtien (MUPANAH), Pradel Henriquez, l’alarmante nouvelle est tombée sur les réseaux sociaux: Les locaux du complexe culturel du Musée du Panthéon national haïtien (MUPANAH), auraient subis des attaques le 28 octobre 2019, des manifestants qui réclamaient le départ du président de la République Jovenel Moise, qui siège dans le voisinage du musée au Champ-de-Mars.

Dommages collatéraux ou attaques ciblées, c’est un mauvais signal qui interpelle plus d’un, particulièrement toutes les autorités culturelles du pays, tous les partenaires culturels internationaux et surtout les professionnels qui travaillent et évoluent dans les domaines du patrimoine et de la culture en Haïti. Autant comprendre que le chapitre haïtien du Conseil international des Musées (ICOM) n’allait pas certainement rester insensible face à un tel incident.

Dans une note publiée le 30 octobre 2019, nous reproduisons dans les paragraphes qui suivent, l’intégralité de la position officielle de l’ICOM-HAïTI, qui porte la signature de l’anthropologue et muséologue, Rachelle C. Doucet, PhD, présidente d’ICOM HAÏTI.

ICOM HAITI, le chapitre haïtien de l’ICOM, déplore et condamne avec vigueur les attaques perpétrées contre le MUPANAH le 29 octobre 2019. Le MUPANAH est une institution culturelle de service public qui est un patrimoine national. Étant à la fois un musée historique et un panthéon national, il a pour mission de perpétuer la mémoire de nos ancêtres et d’interroger et de présenter notre histoire commune. Il préserve beaucoup d’objets témoins de notre histoire et de notre culture de peuple. Les professionnels de musée qui travaillent au MUPANAH ont pour mission de partager ces richesses et toutes les connaissances qui leur sont liées, avec tous les visiteurs, haïtiens et étrangers. Le MUPANAH, en tant que membre de l’ICOM, qui est le Conseil international des musées, une organisation internationale qui regroupe des musées et autres institutions muséales dans le monde entier, fait partie d’un réseau de plus de 50.000 musées et tous les visiteurs s’accordent à dire que le MUPANAH est l’un des plus beaux musées de la région caraïbe.

Les biens historiques et les biens culturels, meubles et immeubles, font partie du patrimoine commun de la nation et nous avons tous, citoyens haïtiens, avons la responsabilité de les préserver pour les générations présentes et futures. Ces témoins uniques de notre culture et de notre histoire ne devraient pas disparaître dans les flammes ou être vandalisés d’aucune façon que ce soit, comme cela a été malheureusement le cas par le passé, provoquant des pertes irréparables, des pans entiers de notre patrimoine ayant disparu à tout jamais.

Tout en reconnaissant la légitimité des luttes visant à renverser un ordre social injuste, reposant sur les inégalités, la corruption et l’exclusion et pour instaurer un changement réel dans le pays, ICOM HAÏTI lance un appel à la conscience civique de tous, afin que, même en temps de crise et de revendications populaires, les vies et les biens en général soient respectés et que tout particulièrement, le patrimoine culturel et naturel de notre pays soit protégé et préservé. « Notre histoire, nos biens culturels sont nos richesses communes. Protégeons-les ! », conclut la note de l’ICOM-Haïti.

De cette circulaire publiée dans les deux langues officielles du pays, en créole et en français, les responsables ont voulu autant apporter le soutien de l’ICOM à un de ses membres le MUPANAH, une des plus importantes institutions publiques culturelles du pays, devant bénéficier de tout le support et l’assistance nécessaire, en matière de promotion et de protection du patrimoine et de l’ensemble des biens culturels comme le préconise à travers plusieurs conventions de l’UNESCO, dont Haïti est signataire.

D’une pierre plusieurs coups, l’ICOM HAITI entend également sensibiliser la majorité de la population haïtienne sur l’importance des biens culturels et la responsabilité partagée de tous les citoyens et citoyennes du pays, pour les protéger contre toute forme d’attaque même en situation d’insurrection ou de guerre, de vandalisme, de catastrophes humaines et naturelles.

Dominique Domerçant




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