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Le rêve Port-au-Princien » un récit réaliste et bouleversant de Ludnear Diane Augustin

Le rêve Port-au-Princien » un récit réaliste et bouleversant de Ludnear Diane Augustin



Cadette d’une famille de deux enfants, née le 14 juillet 1996, Ludnear Diane Augustin est licenciée en gestion des affaires à l’École supérieure de technologie (ENST). Soucieuse de son avenir et dotée d’une intelligence remarquable, elle entreprend des études en relations internationales à l’Institut national de gestion et des hautes études internationales (INAGHEI). Membre du jury au concours de chant Soleil d’été et rédactrice à Génération debout du Centre de réflexion pour la jeunesse, Ludnear Diane Augustin manifeste depuis son enfance un grand intérêt pour les choses de l’esprit. Sa passion de la lecture l’a conduit vers l’écriture pour faire passer ses ressentis, ses émotions, sa générosité et son sens de l’autre. Dans le sillage de Paulette Poujol Oriol, Margareth Papillon et Gary Victor, elle a publié « De folles histoires d’amour » un recueil de nouvelles écrit à quatre mains paru aux Éditions Francis Turnier en juin 2017. La nouvelle « Le rêve Port-au-Princien » publiée sur son blog livre à ses lecteurs une profonde méditation sur le destin d’un homme.


La nouvelliste Ludnear Diane Augustin a mis son encre et son talent au service d’un jeune haïtien pour faire entendre la voix de ce dernier. « C’est une histoire vraie, à quelques détails près. Quand on m’a annoncé les déconvenues de Ti Frè qui deviendra malgré moi le héros de mon récit « Le rêve Port-au-Princien », j’ai failli éclater en sanglots. Je me suis précipitée sur mon ordinateur, avec des sentiments de colère, de révolte et de frustration pour dénoncer les injustices et les inégalités sociales du pays et rendre hommage à la victime. Dans ce récit poignant et décapant, Ludnear Diane Augustin embarque ses lecteurs à suivre l’itinéraire de Ti Frè perdu dans le tourbillon urbain de la capitale qui n’augure rien de bon pour bon nombre d’Haïtiens. Acculé à vivre dans le mépris et le désespoir. Ti Frè accumule, dans sa vie, déboires et désenchantements et refuse de comprendre que la vie ne peut pas réaliser ses ambitions.

(…) Ti Frè, tu as rendu service à tous ces gens, membres de ta famille de surcroit, qui en retour n’ont fait que te mépriser. Tu t’es rebellé et tu as préféré changer de misère. J’ai pu lire dans tes yeux ce dépit, cette sensation que tout conspirait contre toi. Cette sensation de n’avoir sa place nulle part ; d’être et de se comporter en campagnard dans un milieu foncièrement urbain. D’autant que les autres te méprisaient et t’appelaient « gwo soulye » à tout va. Tu as bien vite compris que seul le travail était capable de te conférer un tantinet soit peu de dignité. Tu t’y es mis. Tu n’avais pas beaucoup d’alternatives parce que tu ne savais pas lire dans un pays qui n’en a pas grand-chose à faire. (…) Tout le monde t’imaginait finir portefaix ou kokorat. Ton chemin était tout tracé. Mais ton courage et ta volonté de survivre en avaient décidé autrement. Rouler sa camionnette est l’égal d’une médaille olympique pour quelqu’un qui de la vie n’a rien reçu, pour un grand oublié comme toi qui ne sait ni lire ni écrire. Tu commençais à te frayer ta petite place dans cette Port-au-Prince que les gens de ta campagne semblaient tellement idéaliser, tu rêvais peut-être de faire ton nid petit à petit, de fonder une famille et de retourner fièrement au bourg comme celui qui est venu, qui a vu et qui a vaincu ».

Partagé entre ses engagements et ses nobles idéaux, Ti Frè porte dans ses bras son passé long comme une litanie, son présent angoissant, son futur incertain. Dans un monde plein d’égoïsme et de préjugés, il cherche dans les reflets éclatants de son âme la présence de l’autre et parvient malgré tout à trouver un sens à son existence. Tout au long du récit, Ludnear Diane Augustin prend peu à peu fait et cause pour son personnage. Dans le rêve Port-au-Princien, la narratrice a compris que le destin des individus s’achève dans le sacrifice qui témoigne de la dimension tragique de la condition humaine. C’est un récit haletant, alerte et facile à lire. Il permet aux lecteurs d’être les témoins des sentiments éprouvés par le protagoniste.

« Tu es parti depuis trois jours et en trois jours, j’ai plus pensé à toi que je l’ai fait durant toute son existence. Cette existence que je compare d’ailleurs à un œuf jeté d’une voiture courant à toute vitesse. Elle s’écrase avant même d’atterrir et la chute est catastrophique. Cette existence, elle a été fragile et tu as du attendre sa fin pour éprouver sa seule sensation forte. Mardi, quand m’a grande sœur m’a annoncé ton décès, j’ai tremblé comme une feuille et j’ai passé la nuit à penser à cette terrible injustice que la nature t’a faite, elle t’a laissé mourir, amputé d’une jambe, avant même d’avoir vécu. Nous n’étions pas proches, toi et moi, mais nous habitons le même quartier. Nous n’étions pas proches parce que quand je me levais tôt pour aller à l’école, tu revenais du marché avec ton panier sur la tête. Je dandinais à cause de mon sac à dos trop lourd et toi, tu grimaçais sous le poids de ton fardeau et laissait perler des sueurs sur ton visage, tes mains étant trop occupées pour les essuyer … »

Schultz Laurent Junior




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