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Céline Languedoc «Je suis très heureuse d’être sur les terres d’Haïti»

Céline Languedoc «Je suis très heureuse d’être sur les terres d’Haïti»



Dans le cadre de la troisième édition du festival Rencontres des cultures créoles qui a eu lieu du 27 au 31 octobre 2019 à Port-au-Prince. Céline Languedoc laisse une trace de son passage en Haïti en offrant au public haïtien un concert pour la clôture de l’évènement ce jeudi 31 octobre au Jaden Sanba. La star guadeloupéenne a séduit le public avec sa voix énergique et ses mots qui ont comme toile de fond la rencontre, l’amour, et le vivre ensemble. Artiste complète qui aime chanter différents styles musicaux, son premier album «Rencontre » en est une preuve. Nous sommes partis à sa rencontre et l’artiste a abordé ses projets, sa rencontre avec Haïti et la musique, ainsi que ses impressions sur la musique créole


Le National : Céline Languedoc vous êtes en Haïti dans le cadre de la troisième édition du festival Rencontres des cultures créoles, comment est l’accueil ? Et comment vous vous sentez ?

Céline Languedoc : Je suis très heureuse d’être sur les terres d’Haïti. L’accueil est chaleureux. Dès mon arrivée, je me suis retrouvée au « Jaden sanba » à la rencontre des ateliers de break dance et d’écritures.

Et j’ai découvert une jeunesse motivée, déterminée et passionnée.

L’identité est tellement forte ici, que l’ancrage est palpable. Dans l’art haïtien, la créolité est portée par l’héritage africain. C’est magnifique !

Je vis le moment présent. Je profite de chaque instant, de chaque respiration. Avec la crise et les barrages de route, les programmes planifiés ont pu changer dans la journée, mais toute l’équipe, les organisateurs et les participants se sont mobilisés pour aller au bout de l’objectif prévu.
Pour moi cela a été une expérience et une leçon de vie incroyable !

L.N : Votre rencontre avec la musique remonte à quand ?

C.L. : Je suis née à Paris. Enfant, j’ai toujours beaucoup fredonné : dans la rue, dans le train, je chantais pour les passants... À l’âge de 10 ans, ma mère et moi nous sommes installées en Guadeloupe. J’ai découvert la culture créole, la langue, la danse, la musique... Notamment le gwo-ka, cette musique héritée de l’Afrique et rythmée par des tambours. C’est là-bas, sur la terre de mes ancêtres, que je me suis armée dans le chant, à l’occasion de spectacles musicaux organisés dans le cadre scolaire.

Je suis revenue en France en 1998 pour poursuivre des études à la fac de Montpellier. Un bibliothécaire m’a fait découvrir Dee Dee Bridgewater, Angélique Kidjo, Kevin Mahogany, Luther Vandross... Et j’ai rencontré Emmanuel Djob, chanteur et chef de chœur de gospel, avec lequel j’ai poursuivi mon apprentissage. Finalement, j’ai décidé de monter à Paris pour tenter ma chance dans la musique. Tout s’est très vite enchaîné: groupes de gospel, chœurs pour des artistes de variété française, quelques pubs, rôle dans la comédie musicale Le Roi lion, au théâtre Mogador, à Paris... Toutes ces expériences m’ont beaucoup apporté, elles m’ont ouvert de nouveaux horizons. Elles m’ont aussi confortée dans mon désir d’écrire et de composer pour présenter quelque chose de plus personnel.

L.N : Céline chante du gospel, du soul, du funk, du jazz, de la pop, du world pourquoi cette diversité musicale ?

C.L. : Cette question revient souvent. (Sourire)

C’est tout simplement le résultat de mon parcours. Je fais partie d’une génération qui a été très influencée par la musique afro-américaine.

Avec la pratique du gospel, j’ai naturellement été vers les musiques qu’elle a elle-même inspirées : le blues, le funk , le jazz, le soul .

Je reconnais que j’aime beaucoup la sophistication du jazz. En particulier ce standard « summertime », dont le texte me touche tout particulièrement : cette mère qui chante à son enfant l’espoir et qui cherche à le rassurer. Cet album m’a à la fois permis un retour aux sources et une ouverture au monde. « Rencontre » fait des clins d’œil à la tradition avec la biguine, à la mazurka, au gwo-ka, en complémentarité avec le jazz.

L.N. : Vous étiez en concert au Jaden sanba ce jeudi 31 octobre pour la fermeture du festival. Dans une ambiance chaleureuse et conviviale, vous avez diverti et charmé le public. C’était votre premier concert en Haïti, cela représente-t-il quelque chose pour vous ?

C.L. : Oui ! Mon premier concert, ma première venue en Haïti. C’est du bonheur!!! (Sourire)

Je suis Guadeloupéenne et il est beau de voir ce que nous avons en commun. J’ai été touchée lors de mes échanges avec le peuple. Je le redis, la Caraïbe a été fragmentée, mais nos racines sont identiques. J’ai bien vu les difficultés que traverse le pays ces derniers temps, mais j’ai choisi de retenir et de transmettre en Europe le meilleur de ce séjour : la force d’Haïti, sa joie de vivre, la solidarité.

L.N. : Quelles sont vos impressions sur la musique créole ?

C.L. : Pour moi la musique créole est riche. Elle porte nos mémoires et le parcours de nos ancêtres dans l’histoire.

Personnellement , ce retour aux sources avec mon album « Rencontre » m’a permis d’avoir un ancrage pour mieux affirmer mon identité et ma musique .

Nous avons parlé de diversité dans la question précédente, la musique créole en est une belle illustration.
Selon moi, elle n’est pas encore assez bien représentée dans le monde.

Il est important que chacun de nous joue sa « partition » pour poursuivre l’aventure et défendre notre héritage.

L. N. : Parlez-nous de votre premier album ?

Mon travail d’écriture a commencé progressivement.

L’album « Rencontre » a démarré avec le texte « Lamentation », écrit après le décès de ma grand-mère, un morceau à capella tambour-voix, très spirituel, qui rend hommage aux femmes.

J’avais envie d’honorer la mémoire de ceux qui partent, pour qu’ils restent vivants. Ce disque est la somme de mon héritage, de ma diversité.

Hormis une chanson, tous les textes sont naturellement venus en créole. Sans doute parce que cette langue est celle qui me permet de me présenter au public, de la manière la plus sincère possible...

J’avais aussi envie de montrer la richesse du créole, symbole à la fois de notre singularité et de notre diversité culturelle: Notre Universalité.

Le National : Pourquoi vous qualifiez-vous comme un artiste de scène ?

Céline Languedoc : J’ai toujours aimé la musique live. J’ai évolué dans le gospel, où les performances sont très souvent en live.

La scène donne à la musique sa fonction libératrice. Chacun reçoit et repart rempli de ce partage. C’est aussi le moment où nous pouvons partager avec le public le fruit de notre travail. Cette proximité avec le public, le « Peuple » est vital pour moi.

Ricot Marc Sony




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