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Réunification allemande : histoire d’une annexion

Réunification allemande : histoire d’une annexion



Depuis trente ans les commémorations officielles de la chute du « Mur de Berlin », symbole de la fin de la Guerre froide, sont devenues un rituel bien rodé. L'euphorie d'un monde idéalisé dissipé la réalité de la réunification à marche forcée de l'Allemagne laisse un après goût amer pour une partie importante de la population surtout pour celle issue des régions de la défunte République démocratique allemande (RDA).


Cette semaine, les commémorations du 30e anniversaire de la « chute du Mur » battent leur plein à Berlin. Érigé dans la nuit du 12 au 13 août 1961 par les autorités de la République démocratique allemande (RDA), sous l’impulsion du dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev, le mur, qui devait freiner les mouvements migratoires entre l’Est et l’Ouest, a symbolisé la « Guerre froide », une séparation du monde en deux camps antagonistes. L’affaiblissement de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), la « perestroïka » conduite par son président Mikhaïl Gorbatchev, et la détermination des Allemands de l’Est, ont provoqué le 9 novembre 1989 la chute du Mur de Berlin, suscitant un enthousiasme crédule des populations ouvrant ainsi la voie à la réunification de l’Allemagne.

Trente ans plus tard, force est de constater que la réunification allemande est l’histoire de l’annexion de la République démocratique allemande (RDA), devenue alors une forme pâlissante « d’utopie communiste », par l’idéologie toute puissante des forces du marché dans l’accession au « bonheur », incarnée par la République fédérale allemande (RFA). Ainsi que le rappel le magazine Der Spiegel, « 42 pour cent des citoyens de la RDA de l’époque appelaient de leurs vœux leur propre constitution, 38 pour cent étaient favorables à une nouvelle constitution applicable à l’Allemagne réunifiée et tout juste neuf pour cent voulaient reprendre la Loi fondamentale de la RFA ». Dans les semaines qui suivirent la chute du Mur, l’écrasante majorité des opposants au régime aspirait non pas à l’unification, mais à une RDA démocratique. Les Allemands de l’Est désiraient les libertés politiques et la prospérité, mais sans pour autant renoncer à toutes les caractéristiques de leur société. Les opinions divergentes à la « nouvelle doxa » venue de la RFA ont rapidement été écartées, si ce n’est étouffées, pour laisser place à la « seule option » possible: la réunification .

Aujourd’hui, on constate que les activités de la « Treuhandanstalt », institution chargée de la privatisation des biens est-allemands ont été entachées de nombreux actes de corruption. Elle a permis aux entreprises de l’Allemagne de l’Ouest de s’accaparer à bon compte du patrimoine industriel de la RDA. De larges pans de l’économie est-allemande ont ainsi été liquidés au profit des produits venu de l’Ouest. Depuis lors, de surcroit, la plupart des institutions juridiques, économiques, militaires ou intellectuelles sont dirigées par des personnalités de l’Ouest donnant ainsi l’impression aux Allemands de l’Est d’avoir non seulement été dépossédés de leur pays, mais aussi de ne pas avoir été intégré dans la nouvelle Allemagne. Surfant sur le malaise de la population et l’arrivée de nouveaux émigrés, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite, a vu récemment encore ses scores s’emballer dans les Länders de l’Est, ravivant ainsi le débat sur les échecs de l’unification et plus particulièrement de l’intégration de ses nouveaux citoyens.

Depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, d’autres murs ont été érigés de par le monde dont le dernier en date est celui séparant les États-Unis d’Amérique du Mexique.

David B. Gardon
Envoyé spécial à Berlin




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