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Une résidence à la Bibliothèque nationale de France

Une résidence à la Bibliothèque nationale de France



Au lendemain du tremblement de terre de 2010, des spécialistes des sciences de l’information et de la documentation, des deux côtés de l’Atlantique, ont voulu aidé Haïti dans la préservation et la diffusion de son patrimoine documentaire écrit, et à faire connaître encore mieux l’histoire et la culture haïtienne, alors que plusieurs bibliothèques haïtiennes par la force des choses, fermaient leurs portes. Le développement des bibliothèques numériques était en vogue (Gallica, Europeana, Google, Internet archive, et plus près de nous, la Bibliothèque numérique des Caraïbes et Bibliothèque numérique Caraïbe Amazonie Plateau des Guyanes). Malheureusement, les responsables étatiques dans le domaine en Haïti n’ont, pour des raisons que l’on ignore, pas répondu à cette dynamique.

Une bibliothèque est un acte de foi, nous dit Victor Hugo. Dans un pays comme le nôtre, le budget pour une telle activité ne se chiffrait pas à des millions, peu d’intérêt donc. Pourtant des trésors dorment dans les fonds d’archives et les bibliothèques. En résidence à la Bibliothèque nationale de France, au bout de deux mois de travail avec les conservateurs de la BNF, nous avons dressé une liste de près de 500 ouvrages que la BNF se promet de numériser rapidement (d’ici une année disait les responsables). Et surprise, moins d’un mois après notre retour à Port-au-Prince, Gallica vient de mettre en ligne le 29 septembre 2019, « Le plan de la ville de Port-au-Prince » de Justin Bouzon.[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52512109r]

Il s’agit certes d’un plan cadastral de 1891, mais elle pourrait aider, on ne sait jamais, à résoudre des différents à un moment où la sécurité foncière devient un élément clé pour le développement économique d’Haïti, surtout quand on sait que nos centres documentaires ne regorgent pas de documents de ce genre. Les plans de Bouzon, car il en a 3 (Jacmel, Pétion-ville et Port-au-Prince) devraient aider les autorités et les professionnels du foncier : DGI, notaires, arpenteurs et avocats.

On dit et on redit que la culture et nos écrivains nous font honneur et c’est sans doute notre principale richesse. Attendons la mise en ligne par Gallica, mais je peux déjà annoncer que j’ai retrouvé sur les rayons de la BNF, des partitions musicales inconnues d’Occide Jeanty « Pauvre et pauvre. Polka pour piano », et de Franck Lassègue « La Marchande de pâtés. Croquis haïtien n° 6, pour le piano », des romans, la pièce de théâtre de P. Plignau « L’Haïtien expatrié » qui avait été jouée dans la ville des Cayes en novembre 1804 et publié en 1840 à Port-au-Prince et non aux Cayes.

En Amérique du Nord, la Houghton Library de Harvard University a mis l’édition (introuvable) depuis deux siècles des « Mémoires pour servir à l’histoire d’Hayti », de Boisrond-Tonnerre, imprimé à Dessalines en 1804 [https://iiif.lib.harvard.edu/manifests/view/drs:45983757$1i] ; ainsi que « L'entrée du Roi en sa capitale; opéra-vaudeville » de Rosiers, publié par l’imprimerie royale en 1818 [https://iiif.lib.harvard.edu/manifests/view/drs:47900623$1i].

Lors d’une récente réunion, justement à Harvard, avec des chercheurs et les institutions patrimoniales (haïtiennes, américaines et européennes) qui se penchent sur la question dominguoise et/ou haïtienne, les Archives nationales de Londres, nous ont promis mieux, attendent un mot d’Haïti pour aller de l’avant. Les juristes seraient ravis de savoir qu’elles gardent le Bulletin des lois et actes de 1848, unique exemplaire recensé et connu.

Si un peu partout, des établissements et non des moindres, s’impliquent pour nous aider, je veux croire que dix ans après le tremblement de terre, les responsables de nos institutions, publiques comme privées, de conservation de notre patrimoine écrit finiront par mettre sur pied la structure pour la création d’une vraie bibliothèque numérique haïtienne, fruit de la collaboration des nombreux centres de conservation de notre histoire et de notre culture, d’ici et d’ailleurs. C’est à nous, Haïtiens qu’il convient de donner le ton.

Patrick Tardieu




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