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Barbara Personna : née pour la danse

Barbara Personna : née pour la danse



Le National est allé à la rencontre de Barbara Personna, danseuse passionnée et de profession. Elle est également chorégraphe et enseigne la danse depuis quelques années, particulièrement dans des centres scolaires. En parallèle avec son entreprise décoration intérieure, elle gère sa compagnie de dans Triart. Entretien.


Le National : Depuis quand vous pratiquez la danse?

Barbara Personna : Je n’ai pas toujours été danseuse contrairement à l’idée, très répandue, qui veut qu’il faille débuter à 3 ans. J’avais 6 ans quand une maitresse m’a trainée dans un couloir parce que, dans la petite danse pour la graduation, j’étais assez maladroite pour être retirée du spectacle, j’avais deux pieds gauches, j’attendais le jour où je pourrais danser pour lui montrer que j’ai toujours été dans l’âme une danseuse, en attendant je dansais devant la télé, je prenais les cours de ballet à la télé, dans les films et j’apprenais la danse folklorique dans les vidéos produites durant la période carnavalesque, je reprenais tout sur le toit de ma maison d’enfance en attendant mon père qui me promettait chaque année de me payer des cours de danse. J’avais 16 ans quand je me suis mise réellement à la danse à l’académie de danse Alixanon. Et depuis, je danse tout le temps.

L.N. : Pourquoi la danse?

B. P. : La danse a toujours été un rêve pour moi, je rêvais de danser au ciel sautant de nuage en nuage. La danse m’avait choisie bien avant. J’ai pourtant de multiples talents, mais quand je danse, c’est mon être entier qui est en expression.

Après Alixanon, qui a dû fermer ses portes deux ans après mon entrée, j’ai attendu trois autres années de plus pour postuler à une compagnie de danse qui faisait des recrutements à l’époque, j’ai été retenu comme stagiaire à l’une des prestigieuses compagnies de danse en Haïti : la Compagnie de danse Jean René Delsoin. Un accident m’a obligé à abandonner six mois plus tard, j’ai eu le tibia brisé par une voiture, suite à un choc. Je me suis donc mis à danser dans mon esprit et avec l’aide des amis j’ai continué à partager ce que j’avais jusque-là appris, béquille en main, jusqu’à fonder Triart qui a regroupé 41 jeunes pour un spectacle de comédie musicale en 2012. Depuis on retrouve Triart dans les concerts évangéliques en troupe de danse, dansant avec la chorale Jimla et autres. Ensuite, dès que je pouvais reprendre sérieusement les activités de la danse, j’ai passé des auditions à la compagnie de danse Joëlle Donatien Bellot pour continuer ma formation académique. Maintenant j’enseigne et avec d’autres compagnies. Je représente régulièrement le pays au niveau national et international.

L. N. : Vous avez des projets ?

B. P. : Les projets sont grands, avec ADNG je travaille pour former une meilleure génération de danseurs pouvant valablement servir et représenter le pays. Avec Triart on a déjà commencé à implanter des troupes de danses dans plusieurs églises et faire des formations de danse pour le secteur évangélique tant sur le plan académique que spirituel, projet que la situation du pays a ralenti depuis un an déjà, car il n’y a que les groupes de danse proches de mon environnement qui ont pu le bénéficier. En attendant on continue à travailler pour l’avancement du royaume.

L. N. : Vous avez eu de bonnes et de mauvaises expériences, je suppose?

B.P. : Les expériences ne sont pas mauvaises ou bonnes, elles sont juste instructives, le secteur de la danse est aussi passionnante que fragile, mais rien de bien étrange ou différents des autres secteurs.

L.N. : Quels sont vos modèles d?

B. P. : Mes modèles sont ceux qui m’ont profondement touchés et inspirés comme chorégraphes et danseurs : Alix Xanon, Jean René Delsoin, Max Nety et Pascale Durosiers (National) Alvin Ailey (International)

Le National : Auriez-vous un message pour les jeunes filles ?

Barbara Personna : Les femmes dans les fondations ont toujours joué un rôle important. Dans la société haïtienne pour le secteur de la danse, les femmes ont formé de nombreuses générations de danseurs et sont nombreuses (beaucoup plus que les hommes) à ouvrir école, académie ou compagnie de danse. J’ai eu le privilège de côtoyer quelques-unes et ce que j’ai retenu d’elles est que la danse est bien plus qu’une entreprise, c’est une passion et tout un mode de vie. Si nous danseurs pouvons aujourd’hui vivre de la danse, elles y ont contribué fortement.

Je suis née dans une famille chrétienne et suis moi-même une. Mon père a toujours été mon premier fan dans tout ce que j’entreprenais sur le point artistique. Pour la danse, il a été là depuis le départ pour me supporter.

Je sais néanmoins que la danse pour une jeune chrétienne a toujours été un sujet tabou, ma famille et mes amis se sont toujours rangés de mon côté en me conseillant et me supportant dans tous mes projets concernant la danse. Oui, la danse est un métier comme tant d’autres et je suis l’une des preuves vivantes que l’on peut vivre de ce que certains verront comme un passe-temps ou une perte de temps, vu l’image que nous nous faisons de la danse. Tout ce que je possède est le fruit de mon travail de danseuse. Aux jeunes filles qui souhaitent entamer une carrière de danseuse, je leur dis que tout n’est qu’une question de disciplines, de volonté, de sacrifice, de passion et de travail. Comme pour tout autre métier, on n’en finit pas de se former ou d’apprendre.

Une dame une fois après une classe de danse m’a dit que dès que j’ai mis les pieds sur le plancher la salle s’est illuminée rien qu’avec le sourire qui traduit la joie parfaite qu’on a de danser ou de vivre la danse.

En dansant, je fais vivre un rêve, j’apporte la joie, l’amour, la passion. Et quand je loue Dieu par la danse je sens que l’atmosphère change et que les personnes se trouvant dans le même espace y sont transportées aussi pour une bonne adoration. Et, la présence de Dieu règne en ces lieux.

Ne vous embarquez pas dans un métier parce que le pays vous y oblige, vous n’en ferez pas long feu, ou parce que vos ancêtres ou ainés ont déjà tracé la route pour vous. Je serais probablement comptable comme tous les Personna.

Donc, engagez-vous dans ce qui vous passionne pour que même dans les moments difficiles votre feu vous rallume.

Propos recueillis par
Eguens Renéus.




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