S'identifier Contact Avis
 
26.1° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Des rayons pour libérer la parole

Des rayons pour libérer la parole



La bibliothèque du Centre Pen Haïti est en rénovation depuis l’année dernière. Spécialisée dans les métiers du livre, l’édition, l’art de l’écriture, les littératures caribéennes, elle compte déjà une vingtaine de rayons. De l’appartement de son Secrétaire général dans le vacarme de Pétion-Ville à une visite au Centre Pen, une belle rencontre avec les livres pour mettre l’ignorance dans l’ombre.


Il est sept heures du matin. Par la fenêtre, un vent frais nous apporte la clarté du jour. La veille au soir, aux Vendredis littéraires du Centre culturel Anne Marie Morisset, les voix de Syto Cavé, Magalie Comeau Denis, Wooly Saint-Louis Jean, Évelyne Trouillot se sont jointes à celles de Sadrac Charles, Mélissa Béralus, Roldye, Inema Jeudi et de tant d’autres pour une émouvante soirée d’hommage au poète Georges Castera Fils. Tard dans la nuit, Carl-Henry Pierre, Evains Wêche et moi-même avons continué la soirée en la résidence d’un ami en écoutant du soul américain, « Turn off the lights » de Teddy Pendergrass ou encore « Sexual healing » de Marvin Gaye à Delmas 83. Ce matin, je subis les conséquences des verres de rhum, de vodka et de whisky pris de trop, ébloui par les toiles de Jean Sébastien, d’Hector Hippolyte, de Paskö qui colonisent les murs. À Berthé, où je passai la nuit, l’appartement d’Evains Wêche offre tout le confort qu’il faut pour me ressaisir : un canapé en cuir, une douche, un bol de soupe, une infusion de cannelle, de la poésie rapportée de son dernier voyage à Jérémie, un plat de griot bien épicé…

Tout en parlant littérature et poésie durant le repas, je lui ai remis six livres que j’avais empruntés dans sa bibliothèque. « En attendant Godot » m’a beaucoup marqué. Tragique et burlesque, Samuel Beckett offre une image noire de la condition absurde de l’humain. J’empruntai de nouveau « Agase lesperans » (C3), de Lyonel Trouillot, « Une femme sans écriture » (Seuil) de Saber Mansouri, « La Lézarde » (Presses nationales) d’Édouard Glissant. Puis nous descendîmes au Centre Pen à Delmas 75, où le Secrétaire général comptait finaliser sa prochaine parution, un recueil de nouvelles intitulé « Le cœur est un organe de feu »

Les bureaux du Centre Pen sont à l’extrême pointe de la rue Levasseur, dans la résidence de l’écrivain Avin François. Situé dans un merveilleux jardin de jeunes arbres et de fleurs aux doux parfums, ce nouveau local est mis généreusement à la disposition du Comité Exécutif par l’auteur de « Lettres à Martine » (Rivarticollection). Nous nous rendîmes à la bibliothèque dans un spacieux living, qui sert aussi de salle de conférence. De « Lire interpréter actualiser/Pourquoi les études littéraires ? » d’Yves Citton à « Pourquoi écrire ? » de Philip Roth, en passant par « La valeur de l’information » d’Yves Penel, « Lettres à un jeune romancier » de Mario Vargas LLosa, « Le guide du scénariste » de Christopher Vogler ou le « Guide de l’éditeur » (CNL et Fill), ou encore la colossale « Histoire mondiale de la bande dessinée » (Pierre Horay), la bibliothèque, dotée d’une vingtaine de rayons, est fraîchement rénovée. Très proche de la Bibliothèque municipale de Delmas, Pen Haïti a voulu se doter d’un centre de documentation multimédia, destiné aux travailleurs de la plume et aux chercheurs. Ce qui répond beaucoup plus à sa mission d’accompagner les auteurs.

Avec des frais d’inscription de cinq cents (500) gourdes. N’importe quel auteur ou journaliste peut devenir membre de l’organisation, affiliée au Pen International. Toutefois, une cotisation annuelle de cinq (500) gourdes leur garantit l’accès aux différents services du centre de documentation : prêt de livres, atelier d’écriture, formation, résidence d’auteurs, parrainage, bibliothèque virtuelle de l’Institut français (Culturethèque), etc.

Une visite de Ronald C. Paul nous permit de parler du Prix Deschamps, des éditions haïtiennes, des prix internationaux que raflent les auteurs haïtiens et du marché du livre. Nos deux auteurs se promettent de publier leur prochain texte sous peu en Haïti. En attendant, le Centre Pen prépare Sororité ! Écrivaines d’une seule île/ ¡Sororidad ! Escritoras de una sola isla, rencontre internationale d’écrivaines haïtiennes et dominicaines, qui aura lieu les 27 et 28 février 2020.

Ricot Marc Sony




Articles connexes


Afficher plus [4962]