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« Sur les traces de l'aube » un ouvrage à lire en pleine période confinement

« Sur les traces de l'aube » un ouvrage à lire en pleine période confinement



Également critique littéraire et professeur de lettres, Schultz Laurent Junior publie depuis 1999. Sa bibliographie est riche puisqu’il a publié « Bouquet d'amour » en 2000, « Et si mon cœur te chantait » en 2001 ; « Des printemps fanés » en 2005 et « Cime et océan » : en 2010.


Dans « Sur les traces de l'aube » se dégage une atmosphère de tendresse, de mélancolie, de bonheur acre, de nostalgie où des vies sont confinées dans les désillusions de la vie. Comme c'est exactement le cas de figure où des milliers de vie à travers le monde sont confinées à cause d'une monstrueuse pandémie « Coronavirus ». En Haïti, où les gens pensaient que c'était de la politique du gouvernement, que la maladie n'était pas présente, maintenant, elle commence à endeuiller nos quotidiens à cause des contaminations communautaires.

L'encre de la plume du poète, à traverscette nouvelle, photographie un repère de vie et d'éternité dans cet imbroglio d'ici bas . Avec une écriture ample, »Sur les traces de l'aube » tient le lecteur en haleine de la première, jusqu'à la dernière page.

Dédié à Arielle Doris et à Aubelin Jolicoeur, une icône de la presse haïtienne partie pour l'au-delà, ce livre dont les nouvelles qui le composent sont les un plus intéressants que les autres dépeint la réalité quotidienne.

La vie difficile de Géraldine, cadencée par la maladie, qui s'est débattue corps et âme avec un cancer qui a finalement pris le dessus. Dans la nouvelle « Ainsi va la vie », une réalité quotidienne est mise au grand jour par l'attitude de certaines dames missionnaires qui tentent toujours de remonter le moral d'une sœur, qui est plus proche de la mort. Pour elles, c'est la routine, il faut toujours trouver les mots appropriés pour consoler une personne plus souvent ruinée par la maladie, qui est embobinée par le désespoir. Cette partie du livre décrit également l'apport inconditionnel d'une mère( Géraldine) pour sa fille adoptive( Béatrice). Elle ne lui a jamais craché le morceau. Ce n'est que dans son agonie qu'elle lui a dévoilé la vérité, puisque Béatrice est conçue des œuvres adultères et illégitimes de son mari.

Nombreuses sont ces histoires, dans notre société, nombreuses sont également les mamans qui s'offrent en sacrifice pour s'occuper de leurs enfants, qui certaines fois sont indifférents. À quelques jours de la célébration de la fête des Mères en Haïtin'est -il pas le moment pour qu'un enfant lise cet ouvrage pour mesurer la profondeur de l'amour d'une mère pour sa fille.

Le journaliste culturel met en lumière également la réalité des boat people dans la nouvelle « Jeudi saint ». Laquelle nouvelle qui plonge le lecteurdans la réalité de ses voyages difficiles, où au beau milieu de la mer, quelqu'un peutêtre choisi par l'équipage pour être jeté par-dessus bord, question d’alléger ces frêles esquifs. Schultz expose également en filigrane la trahison. Car à un moment de la durée, Emannuel qui avait pris le chemin de ce voyage impénitent, dans l'espoir d'améliorer la vie de sa famille a été trahi par Jean son ami, sous la pression du capitaine, empoisonné sur l'embarcation de fortune. Emmanuel a été ligoté puis jeté dans les profondeurs de l'océan.

Au fil des pages de cerecueil de nouvelles, Schultz Laurent Junior allie la réalité quotidienne et l'attitude de certaines personnes qui gaspillent leurs temps dans des choses futiles, pendant qu'ils auraient utilisé ce précieux temps à des réalisations bénéfiques pour améliorer leur quotidien. Un état de fait qui coïncide à la réalité de l'heure. Ils sont innombrables ces jeunes qui pendant cette pandémie, sonts cotchés aux jeux de dominos américains, s’exposant ainsi à la contamination communautaire, qui en dépit tout, passe la bouteille d’alcool de bouche en bouche, en dédaignant les principes d'hygiène et les mesures barrières proposés par le MSPP. D'autres s'en lisent dans la luxure, aggravant pour la plupart des fois, leur avenir incertain dans un pays aussi difficile comme Haïti.

Dans « Errance » l'une des nouvelles du livre, l’auteur rend hommage à Madan Colo ainsi :

« Je veux déposer à tes pieds

Toutes les roses fraîches à peine écloses

Et ce matin puisque l'aube rosit tes cheveux

D'argent que je veux que tu gardes ta pudeur

Tes yeux d'enfant.

veux-tu inventer une autre virginité pour me l'offrir ?

Moi, qui suis tombé amoureux de toi.

Oublie cool qui t'as abandonné en pleine rue,

Tes vieilles rengaines qui t'ont fait si souvent souffrir.

Viens te blottir au creux de mon épaule pour danser avec moi les plus belles rengaines dans le tam-tam enivrant et cadencé d'un tambour ou sous le rythme trépidant et sensuel d'une meringue,

Un plain-chant s'élèvera alors de ton être pour me faire revivre dans la prunelle de tesyeux.

Cet ouvrage qui renferme seize nouvelles témoigne de l'acuité et du regard aigu que Schultz Laurent Junior porte sur la société de son temps. Il exprime, dans « Sur les traces de L'Aube », le goût de la vie, les beautés du monde sans toute fois exclure les contradictions et les angoisses qui l'habitent dans une écriture simple, pleine de truculence et de générosité.

Eguens Renéus




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