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Musée des animaux en Haïti: pour rendre les haïtiens moins bêtes



Des propos de Jean Rochefort nous laissent croire que : « Les animaux ont un mérite : ils ne déçoivent jamais ». Autant prendre le temps de visiter le prochain et premier musée des animaux en Haïti, qui, se basant sur la pensée d’Emmanuel Kant, selon laquelle : « La cruauté envers les animaux est la violation d’un devoir de l’homme envers lui-même. », servira à réparer dans l’esprit des prochaines générations, tant de torts et de sacrifices commis par les humains sur la nature, en passant par les animaux.


Découvrir l’utilité de tous les animaux (domestiques ou sauvages, terrestres, oiseaux, aquatiques, amphibiens, etc.) qui évoluent sur le territoire haïtien à travers les informations des plus pertinentes ; dialoguer autour du rôle joué par les animaux dans l’histoire d’Haïti, à travers la civilisation des Amérindiens, l’arrivée des Européens, la présence et la résistance des esclaves, durant la Guerre de l’Indépendance, dans les traditions ancestrales comme le vodou, dans l’économie et la finance, la politique, les loisirs, la famille, l’éducation, les relations internationales, sont autant d’enseignements qui seront partagés lors des visites du premier Musée des animaux en Haïti. Charles Darwin nous enseigne que : « Tout comme l’homme, les animaux ressentent le plaisir et la douleur, le bonheur et le malheur. ».

Des chiens et des chats, des coqs et des poules, des cochons et des bœufs, de toutes les tailles confondues trouveront une salle pour s’exprimer en toute liberté dans ce musée, qui se donnera la mission de défendre les droits des animaux en Haïti, tout en valorisant les différents métiers qui accompagnent les différentes espèces qui peuplent nos espaces physiques (aérien, terrestre et maritime).

Dans la tradition des familles haïtiennes (dans les villes, les campagnes et les mornes), il est souvent recommandé ou même obligatoire de disposer d’au moins d’un animal domestique dans la cour. Ces animaux vont servir à plusieurs fonctions à la fois domestiques, comestibles, sécuritaires, symboliques et sacrificielles.

Des animaux auraient été utilisés pour transporter des messages d’un point à un autre, pendant le marronnage des esclaves et durant la Guerre de l’Indépendance d’Haïti, nous rapportent la petite histoire et des communautés traditionnelles.

Dans le vodou haïtien, on ne saurait ignorer la place que les animaux occupent à différents niveaux, à travers des correspondances, des communications et des corrélations avec les différents lwa et esprits qui animent les cultes des croyants et des praticiens, depuis l’initiation en passant par toutes les étapes jusqu'aux derniers rituels accordés aux initiés. À chaque lwa au moins un animal en guise de symbole ou en sacrifice, comme pour rappeler : « Damballa se lwa koulèv » !

Des sacrifices d’animaux dans le vodou, rares sont les rituels ou les cérémonies vodou, où le coq, le bœuf, le cochon, le poisson, et plusieurs autres animaux ne sont pas offerts vivants ou sous forme de plats bien cuisinés en l’honneur des lwa Vodou. Même dans les sociétés secrètes, pratiquement les animaux participent activement dans les différentes formes d’interpellation et d’opérations, sans laisser les pratiques de la zombification.

De « Kaka bèf », a « Ti Bèf », en passant « Ou tande bèf ale wè kon », « Apre potre vach pa chè », « Pye bèf pou bye bèf, nap prann ka pratik », etc. c’est toute une histoire vachement intéressante, présentant les différentes facettes des bœufs et des vaches dans les traditions populaires haïtiennes qui sera exposée dans le musée haïtien des animaux.

Depuis toujours les animaux occupent une place importante dans la vie des familles et des nations, de notre écosystème et dans l’évolution de l’humanité. Sous la touche des dessinateurs et des peintres, sous la plume des écrivains, des conteurs, poètes, dramaturges, etc., des acteurs au théâtre comme au cinéma, et par la créativité, les adaptations et interprétations manifestées dans tous les champs artistiques et culturels, les animaux se confirment comme de véritables sources d’inspirations et de repères pour éduquer les enfants comme les adultes. Loin de réinventer la roue, Haïti aurait tout intérêt à se doter de son premier musée des animaux, une manière intelligente pour répertorier et représenter la richesse et la diversité de sa faune, particulièrement des animaux en voie de disparition à présenter en permanence à la population qui a pour obligation de les protéger.

Dans la société haïtienne, on ne saurait ignorer la place que les animaux occupent en permanence, non pas uniquement dans l’environnement et l’agriculture, l’économie et la santé, la sociologie et la politique, ils sont présents dans tout et partout. Les animaux évoluant à la fois dans la mer, sur terre, dans les airs, dans ces trois espaces à la fois entre autres, comme les humains, sont très présents, visibles et vivants dans l’imaginaire collectif et dans les croyances, dans les manifestations culturelles et les activités cultuelles du peuple haïtien. « Les animaux n’ont pas, comme l’homme l’orgueil de se croire le roi des animaux. », nous rappelle Theodore Monod.

De nombreux pays disposent déjà de leurs musées d’histoire naturelle, où la vie des êtres humains, des différentes autres espèces des animaux sont pris en compte, et présentées dans toutes les formes de communication visuelle à travers des expositions thématiques. Ces espaces d’informations et de représentations participent activement au renforcement de l’éducation et de la formation des écoliers et des jeunes, afin d’approfondir les cours de biologies, d’anatomie, etc. Autant encourager l’aménagement d’un tel espace en Haïti pour mieux renforcer les connaissances et développer les compétences des jeunes et des professionnels sur l’histoire et l’évolution, la fonction et l’utilité de chacun des animaux dans l’écosystème haïtien.

Dans une sorte de rupture avec la formule « Bouik travay pou chwal galonen », le Musée haïtien des animaux, devra utiliser le langage et la sagesse des animaux, pourquoi pas le réflexe ou l’intelligence de ces êtres de second rang pour sensibiliser les parents et éduquer les enfants dans leurs relations avec la nature, l’environnement et l’ensemble des êtres vivants sur la planète.

Au niveau de la Police nationale d’Haïti, à travers certaines unités spécialisées, comme la Brigade de lutte contre le trafic des stupéfiants (BLTS), on observe souvent à l’aéroport international, des chiens dressés qui assurent le renforcement de la sécurité et la vigilance des agents en services.

Durant la prochaine saison électorale en Haïti sera présentée une exposition baptisée : « Les animaux et la politique en Haïti », qui offrira l’occasion de découvrir l’univers des animaux adapté dans la vie politique en Haïti. De la génération « Pintade », en passant par le « Kòk kalite », pour tomber dans le « Towo », emprunté tant par Thomas Désulmé, repris dans plusieurs autres slogans et symboles, tous les animaux politiques (volant, marchant, nageant, rampant…), seront à l’honneur à travers les caricatures, les comparaisons, les dérisions, les illusions, les conclusions, les confusions, et les saisons électorales.

Durant mon adolescence, lors des voyages interdépartementaux de Port-de-Paix à Port-au-Prince, il m’arrivait de prendre le temps de compter pendant le trajet le nombre de chiens écrasés sur la route. Entre une dizaine et une vingtaine de chiens ou de chats tués tous durant la nuit et pendant toute la journée, par les véhicules qui circulaient souvent à grande vitesse, il y a lieu de se questionner sur l’avenir de ces animaux ?

Différentes manières de voir les liens entre les animaux avec le fonctionnement de la population haïtienne. Entre les proverbes et les injures, les comparaisons et les modèles de discriminations particulièrement entre les animaux dits « locaux » par rapport aux animaux de races importées comme le cas des chiens. À quand une exposition ou une manifestation pour une meilleure valorisation des chiens « Peyi » ? Pourquoi encourager les Haïtiens à l’élevage des animaux en Haïti ? Comment ce musée pourrait contribuer à la promotion des professions comme le métier de vétérinaire ? Quels sont les secrets à partager avec la population haïtienne autour des animaux ?

Durant toute l’année, le musée haïtien des animaux allait organiser des expositions à partir de la sélection des meilleures photos présentant des animaux en Haïti, comme celles qui illustrent les recherches et les catalogues de René Durocher. Des chansons illustrant la vie des animaux en Haïti seront également à l’honneur. Des extraits et des refrains comme les compositions du groupe Zin, dans « kòk ki gwo kòk pa janm ka kenbe, se pa yon ti kòk tankou w, ki ka vin kenbe.. », de célèbres compositions de Coupé Cloué illustrant les animaux comme : « Men rat la », « Mabouya », « Fanm nan tounen an bourik », parmi tant d’autres, peuvent animer des activités durant toute l’année, tant pour les enfants, les femmes et leurs familles qui vont visiter le musée.

À quand l’aménagement d’un premier parc historique des animaux en Haïti, pour accueillir les enfants et éveiller les jeunes sur les leçons de la nature, de la vie, des techniques de reproduction et de protection des enfants et des membres de chaque communauté, même dans un pays de « Chen manje chen », des relations avec l’environnement et l’écologie. Dans ce contexte de déshumanisation progressive et accélérée dans certaines communautés en Haïti, les animaux ont un rôle important à jouer dans l’enseignement ou l’éducation de plus d’un, en considérant comment certaines familles ou pays prennent soin, investissent et accordent autant d’importance à leurs animaux.

David Banville disait : « Les animaux sont nés pour nous apprendre à aimer ! ». Ce n’est pas si bête que ça quand même comme enseignement ?

Dominique Domerçant




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