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En marge du trente-deuxième anniversaire du centre culturel ARAKA



Le centre culturel ARAKA (Apui pou Rechèch ak Animasyon Kiltirèl Ayisyen) célèbre cette année son trente-deuxième anniversaire. Deux jours d’activités sont prévus les 13 et 14 août pour marquer l’évènement. Autour du thème : « Koupe fache » et avec comme invitée d’honneur Marie Carmelle Paul Austin, ancienne ministre de l’Éducation nationale, cette célébration revêt un cachet particulier, car elle permettra aux membres de ARAKA de se retrouver dans un cadre convivial et de partage et rendre un hommage posthume à Nancy Dorléans et Sébastien Petit deux danseurs professionnels assassinés à Port-au-Prince en date du 26 juin dernier. Le National a rencontré le coordonnateur général de ARAKA, Vanel Lominy. Il nous en dit plus.

Le National : Qu’est ce que Araka prépare pour son trente-deuxième anniversaire ?

VanelLominy : Le centre culturel ARAKA (Apui pou Rechèch ak Animasyon Kiltirèl Ayisyen) à l’occasion de son trente-deuxième anniversaire, ce 13 août 2020 prévoit de réaliser deux journées d’activités.

L.N : Parlez-nous du chronogramme des activités socio culturelles

V. L : Tout d’abord ce 13 août 2020 de 10 h à 6 h il y aura des expositions de photos d’activités déjà réalisées et d’ouvrages traitant des thèmes liés à la cérémonie du Bois Caïman, écoute musicale, retrouvailles entre les anciens et nouveaux amis d’ARAKA, collation avec des produits essentiellement créole, effigie banderoles et Tshirts en hommage aux deux jeunes danseurs lâchement assassinés. Chorégraphie de danse latine avec une sœur de la danseuse Nancy Dorléans assassinée tragiquement et certains collaborateurs.

Puis le 14 août 2020, il y aura une causerie autour du symbolisme du Bois Caïman (11h- 13h), écoute musicale, (2h-5h) brase lide ant ansyen ak administrasyon kap jere sant la sou ki pèspektiv pou sant la.

L.N : Avec quels sentiments le centre culturel ARAKA va célébrer ce nouveau printemps ?

V.L : Un sentiment de fierté et d’amertume. De fierté parce que ARAKA est l’une des associations à but non lucratif qui arrive à tenir malgré sa fragilité due à l’instabilité politique et l’insécurité galopante dans sa zone d’affectation située non loin de Village de Dieu et sa situation économique précaire. Le centre ne reçoit aucune subvention de l’État. Il n’y a que la FOKAL (Fondasyon Konesans ak Libète) qui accorde une petite subvention à la bibliothèque parce qu’elle fait partie de son réseau. Parce que aussi nous avons formé plusieurs générations de jeunes qui deviennent des citoyens honnêtes et compétents dans leurs domaines respectifs. Nous avons contribué au succès de jeunes écrivains : Inema Jeudi (Jeudinema), Jean D’Amérique, Pierre Louis Snayder et la dernière lauréate du prix Deschamps 2019 Fédia Stanilas.

Amertume. Combien de temps encore ARAKA peut survivre dans de telles situations ? Difficultés de trouver de l’électricité pour éclairer l’espace, l’institution Dinepa ne donne plus d’eau. Faute de moyens, ARAKA, ne peut pas se renouveler, les jeunes qu’il a formés sont obligés d’aller sur le marché du travail. Donc, ils ne pourront plus faire du volontariat.

L.N : Avez-vous organisé des activités virtuelles durant le confinement ?

V.L : Pendant le confinement, nous avons mis sur pied un challenge de lecture sur le groupe Whatssap de la bibliothèque. On lit un texte que l’on a prêté à la bibliothèque et nous le partageons pour des discussions. Nous pouvons partager une musique aussi et après des débats contradictoires se font tout autour.

L.N : Avez-vous d’autres projets à moyen et à long terme ?

V.L : Oui nous avons des projets à court et à moyen terme par exemple : réparer l’espace qui est en très mauvais état surtout la toiture, acheter de nouveaux titres pour augmenter le fonds documentaire de la bibliothèque, trouver un financement pour rémunérer les animateurs de la bibliothèque, restaurer l’espace « Timoun » de la bibliothèque.

Le National : Vous rendez un hommage aux deux danseurs assassinés dernièrement, qu’est-ce qui est prévu dans le cadre de cet hommage ? Un dernier mot.

VanelLominy : Le thème de la célébration « Koupe fache » c’est contre l’exclusion de la jeunesse, contre l’insécurité, la pauvreté, l’impunité, la criminalité. ARAKA se révolte contre l’assassinat des deux jeunes danseurs dont la danseuse elle-même dansait pour l’institution. Elle était une amie du centre. Cet hommage est un prétexte pour dire non aux actes d’assassinats enregistrés depuis longtemps dans ce pays et surtout pour empêcher qu’un tel acte ne se reproduise plus sur d’autres jeunes, car la jeunesse c’est l’avenir.

Merci à Le National. Nous espérons que l’État et d’autres institutions se pencheront vers ARAKA. Parce que 32 ans à desservir une communauté sans aucune aide, Dieu seul sait sans l’existence de cette association de jeunes dans le Morne-à-Tuff, nous pouvons nous demander combien de jeunes vivront sous l’emprise de la drogue et qui s’adonnent à la délinquance.

Propos recueillis par :
Schultz Laurent Junior




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