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Guy Durosier:l’itinéraire d’un artiste immortel 5e partie (1957 - 1963)



Après le départ pour l’exil du président Paul Eugène Magloire le 13 décembre 1956, Haïti traversera de fortes turbulences sociales et politiques dont les effets sont ressentis jusqu’à aujourd’hui. Quatre principaux candidats aspirent à la présidence du pays: le député, syndicaliste et professeur Pierre Eustache Daniel Fignolé; le sénateur et industriel Louis Déjoie; l’économiste et avocat Clément Jumelle; l’historien, écrivain et médecin François Duvalier. Ce dernier, grâce à l’appui de l’Armée, remporte les élections présidentielles du 22 septembre 1957 et accède au pouvoir exactement un mois plus tard. Pour décrire cette situation, comme c’était le cas dans mon précédent article, je ne puis trouver qu’un autre refrain populaire immortalisé par le chanteur Rodolphe « Dòdòf » Legros: « Woy ! Woy ! Dife nan kay la ! Men dife ! Releponpye ! Men dife ! Pote nechèl ! Men dife ! Jetedlo ! Woy ! Woy ! Dife nan kay la!»

En ce temps-là, à travers les coins et recoins du pays, la vie est perturbée par la montée de l’insécurité nocturne. À Port-au-Prince, les nuits sont troublées par le ronflement lugubre des « DKW » (marque de voiture allemande) sillonnant les rues à la recherche d’ennemis réels et – le plus souvent – supposés du nouveau locataire du Palais national. Sans consulter la chair et le sang, les cagoulards, ancêtres des tristement célèbres « tonton makout », éliminent physiquement de paisibles citoyens. L’une des premières victimes du duvaliérisme fut le comptable Antoine Philippe Marcel. Celui-ci, anti-duvaliériste farouche, père de mon ami trompettiste Raymond Marcel, et oncle de Marie Madeleine Marcel Durosier, la femme de Guy Durosier, a été porté disparu en avril 1958.

Couci-couça, la vie musicale poursuit son petit bonhomme de chemin à travers la République. Au Cap-Haïtien, le Rumba night club et le Yanvalou night club, fiefs respectifs de l’Orchestre Septentrional et du Jazz Caraïbes, fonctionnent au ralenti. Aux Gonaïves, le violoniste Richard Laporte et la pianiste Anna Maria Elvers s’éloignent de plus en plus des salons du Cercle du commerce. ÀHinche, les musiciens du Jazz central fonctionnent, selon les mots du maestro et professeur Léonard Dubuisson, « un œil ouvert et l’autre fermé ». Aux Cayes, le Cercle militaire ne recevant presque plus d’invités, le légendaire DestinobleBarrateau doit se rendre à Camp Perrin avec son Mélodie jazz.

À la capitale, l’épicentre du séisme, le Jazz des jeunes, l’Orchestre de Port-au-Prince (dit Orchestre du Casino international), Raoul Guillaume et son groupe, l’Ensemble Aux Calebasses, l’Ensemble latino des frères Karaha et d’autres encore font danser la population pour camoufler ses déboires et pour sécher ses larmes. En ce sens, le docteur Jean Price-Mars nous avait bien défini dans Ainsi parla l’Oncle: « L’Haïtien : un peuple qui chante et qui souffre, qui peine et qui rit, un peuple qui rit, qui danse et se résigne. »

Guy Durosier, revenu à peine des Bahamas, passe la nuit du 31 décembre 1956 au 1er janvier 1957 à égayer simultanément le réveillon de la Saint-Sylvestre du restaurant Le Perchoir à Boutilliers et celui de la « Shango Room » de l’Hôtel Ibo Lélé à Pétionville. Dans cette salle, il joue pour la dernière fois avec son idole Dòdòf Legros, qui se prépare à quitter le pays. Le lendemain, 2 janvier, Guy et sa femme retournent à Nassau pour boucler leur contrat qui prend fin le 14. Quelques heures après, ils regagnent leur terre natale pour préparer la participation haïtienne à la « Feria de Manizales ». Trois jours plus tard, le 18 janvier, la veille de son départ pour la Colombie, Guy se produit au Riviera, six mois après sa rupture avec cette institution hôtelière.

Le samedi 19 janvier, Guy et Marie Madeleine Durosier se rendent en Colombie. Ils sont accompagnés par sept musiciens : Edner Guignard (piano), Camille Abraham (contrebasse), Jean William Antoine (sax alto), Charles Dessalines (sax ténor), Walter Thadal (trompette), Louis « Coucoune » Denis (timbales) et SilveraDecossa (tambour). Au sujet de cette tournée, Edner Guignard m’a raconté plus d’une fois: « Les tours de chant et les shows de saxophone qu’a offerts Guy dans des clubs et à la télévision à Bogota, à Cali, à Barranquilla, à Medellín, à Cartagène et dans d’autres villes colombiennes ont été fiévreusement accueillis par jeunes et moins jeunes. Ce qui avait surtout fait frémir nous autres ses accompagnateurs, c’était le fait que chacune de ses représentations débutait par l’exécution de La Dessalinienne… »

Au cours des premiers jours de mars, à part de Charles Dessalines et de Coucoune Denis qui avaient adhéré au « Circo de Brasil », les autres musiciens retournent en Haïti sans leur maestro. En effet, les Durosier prolongeront leur séjour en Colombie, ayant décroché un contrat pour se produire un peu partout en Amérique du Sud : au Brésil, au Vénézuéla, en Équateur, etc. À Bogota, Guy et Marie Madeleine joueront dans plusieurs clubs, spécialement à « Grill oriental El Sahara », le très connu club de la Calle 73. (Référence : Intermediaro, lunes 18 de marzo de 1957).

Notre compatriote fera également des merveilles dans d’autres villes de l’Amérique du Sud, particulièrement à Rio de Janeiro. Le saxophoniste Fritz Ferrier, qui fait alors partie avec Raymond Sicot du « Circo de Brazil », m’a raconté ce qui suit: « À l’époque des fêtes de Pâques, Guy Durosier jouait dans un club de jazz de Rio de Janeiro. Ayant vu l’affiche dans les rues, un soir, Raymond Sicot, d’autres musiciens brésiliens et moi sommes allés le voir. Guy a annoncé en portugais qu’il allait nous dédier la fin de la soirée à Haïti. Sur ce, il a appelé Sicot pour faire un duo. L’un au saxophone alto et l’autre à la trompette ont interprété des morceaux de notre folklore pendant une vingtaine de minutes. Guy Durosier était non seulement un excellent musicien, il était également un superbe entertainer. » (Entrevue de LCSJ avec Fritz Ferrier, jeudi 4 septembre 2003).

Peu de temps après, ce sera le tour de Trinidad et de la Jamaïque d’ovationner le talentueux couple haïtien. Le 1er mai 1957, de Kingston, Guy et Marie Madeleine retournent au bercail après avoir passé plus de trois mois en Amérique latine. Du 4 mai au 30 novembre, Guy Durosier tiendra l’affiche au Casino international, dirigé alors par Georgio Cesari. Il est alors accompagné par l’ensemble musical de cette institution, dirigé par Murat Pierre, en l’absence de Joe Trouillot qui se trouve en Italie avec cinq de ses musiciens depuis le mois de mars. Parmi ses choristes, Guy aura : son frère Auguste Durosier, Jacques Bélizaire, Madeleine Gousse, etc. De l’avis de plusieurs témoins, dont le chanteur Michel Pressoir et l’ingénieur Jacques Borges, Guy Durosier a alors offert l’un des plus beaux spectacles jamais présentés en Haïti.

Une fois de plus, les Bahamas seront témoins du talent de nos jeunes compatriotes. Guy Durosier et sa chère moitié quitteront Haïti respectivement le 1er et le 8 décembre 1957 pour se rendre à Nassau où ils doivent honorer un contrat au Junkanoo et au Black Beard’s. Dans le même temps, Guy Durosier foule les planches du Zanzibar Night Club et celles du célébrissime The Cat &Fiddle. Ce dernier club, propriété de Freddie Munnings, Sr., recevait à l’époque sur son podium des stars internationales telles que Count Basie, Nat King Cole, Louis Armstrong, etc.

La presse bahaméenne a ainsi parlé des nôtres:« Marie Madeleine Marcel Durosier, talentueuse artiste, danse tantôt en solo, tantôt en duo avec son partenaire de danse David Kemp… Le vote pour l’artiste le plus souple à Nassau doit toujours aller à Guy Durosier… (ma traduction) » (The Nassau Guardian, samedi 4 janvier 1958, page 3.)

Guy Durosier quittera Nassau avec en poche un contrat de John Berkely « Peanuts » Taylor qui vient d’y ouvrir le club « The Tropicana ». Entre janvier et février 1958, Guy Durosier et sa déesse seront applaudis dans plusieurs villes du monde. Ils joueront à Caracas, de la mi-janvier à la fin du même mois; au Casino International, le 1er février; à Vancouver, la troisième ville du Canada, du 3 au 8 février. Le lendemain, les deux tourtereaux regagnent Port-au-Prince. Du 15 au 18, Guy jouera de nouveau au Casino International. Du 24 au 27, le couple entreprend une série de tournées à Curaçao, en Floride et à Nassau.

Au début de mars, Guy Durosier deviendra un infatigable globe-trotter. D’abord, il va se faire acclamer en Europe, particulièrement aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Scandinavie et en France. À Paris, notre icône fait un tabac et la très exigeante presse parisienne l’a ainsi saluée : « Le pianiste chantant Guy Durosier, qui joue tous les soirs au club La Calvado aux Champs-Élysées, attire le Tout Paris. » (Référence : Allo Paris, mai 1958, page 6). Toujours selon cette même revue mensuelle, Guy Durosier a présenté un spectacle sur Haïti à la télévision française le samedi 12 avril 1958.

C’est à cette même époque que le digne ambassadeur de la musique haïtienne enregistrera un microsillon pour Les Disques Barclays (70 161). L’ornent des pièces telles que Chanson d’amour créole, Island woman, etc. Peu de temps après, il publie pour la marque « Président » un 45-tour (PRC 40) dans lequel se distinguent Mathilda, Suzanne, etc.

Le vendredi 30 mai 1958, après leur grand succès dans le Vieux Continent, Guy Durosier et sa femme retournent à Vancouver. C’est à ce moment que Max A. Nargil (ancien manager de l’Hotel El Rancho qui avait quitté Haïti le 4 juin 1956), gérant responsable de la chaîne Harrison Hotel de Vancouver, embauche Guy pour offrir des spectacles dans les deux salles de danse de cet établissement: le Copper Room de Chilliwack et celui d’Harrison Hot Springs. C’est de là que Guy Durosier allait vraiment établir sa renommée internationale. En effet, il y jouera, à part de rares tournées au Québec, en Floride et à Nassau, jusqu’à la fin de mars 1959.

Le 10 avril 1959, après un an et deux semaines d’absence, les Durosier retournent en Haïti. Au cours de son séjour, Guy se fera applaudir un peu partout : au Casino International, à l’Hôtel Ibo Lélé, au cabaret-restaurant Le Perchoir, etc. À la fin de mai, il participera à des concerts de collecte de fonds en faveur de la SNAD, Société nationale d’Art dramatique. L’un d’eux, organisé le jeudi 28 mai à l’Institut Français d’Haïti, avait comme artistes invités : son frère Auguste, Ti Roro, Gérard Chamier, Jacques Bélizaire, Yanick Coupet, les danseurs de ChaChaChitos, etc.

Le dimanche 31 mai 1959, Guy Durosier retourne à Vancouver. Depuis lors, il fera la navette entre la Colombie-Britannique, le Québec et quelques îles des Bahamas. Après avoir passé l’été 1959 entre la Floride, Nassau et Freeport, d’octobre à décembre de la même année, Guy fera une fois de plus les délices des habitués de la Copper Room d’Harrison Hots Springs.

À partir de janvier 1960, Guy Durosier sera connu comme un loup blanc au Québec. Partout où il passe, tant pour son talent que pour son charme naturel, il est adulé par le public et par de nombreuses personnalités médiatiques. Au début de février 1960, les jeudis et les vendredis, accompagné par le percussionniste canadien Robert Juañez, il présente des tours de chant dans l’émission du très populaire Jean Boileau, dit Grand Jean. (Référence : La Patrie, dimanche 7 février 1960, page 8).

Le 24 mai 1960, deux jours après son succès québécois, Guy Durosier et Robert Juañez se rendent au Mexique et aux Bahamas. À la même époque, brille également à Nassau Jacques Bélizaire surnommé « The Paul Robeson of Haiti ». Le 22 juin 1960, Mexico réservera un accueil chaleureux à génial chanteur-musicien. À compter de la fin du même mois, et jusqu’en septembre, il fait un triomphe sur les scènes du Cat &Fiddle et du Tropicana. Au cours du même automne, il regagne avec satisfaction le Québec. Le 9 novembre, il se fait admirer au Party d’Huitres à Drummondville. C’est d’ailleurs dans cette ville qu’il clôturera l’année.

À partir de 1961, Guy Durosier commence à fréquenter sur une base plus ou moins régulière le chanteur Fritz Pereira et le trompettiste Alphonse Simon. Ce dernier, alors membre à New York de l’orchestre du chanteur dominicain DiorisValladares, visitera de très souvent le Québec. Au cours de la même année, ces trois perles musicales enregistreront pour la compagnie Trans Canada (TC) certains morceaux qui deviendront des classiques. Dans le TC 3020, Guy Durosier s’est surpassé dans l’interprétation d’À tes pieds et de Si tu m’aimais (TC 3020). Cette dernière, un délice, s’apparente clairement à une pièce tahitienne. Peu de temps après, les autres et celles-ci seront compilées et publiées sous le titre Caprices d’Haïti (METEOR, 2407).

Parlant de nos trois compatriotes, le site « QuebecInfoMusic.com » a écrit : « Ces musiciens sont […] de véritables ménestrels qui se déplacent en différents points du Québec ou dans les contrées voisines, au gré des engagements. On retrouve d’ailleurs des pièces de Pereira ou de Fonseca et ses Anges Noirs sur l'étiquette Météor, basée à Sherbrooke, et celles de Chico Simon et les Triolettes tout comme les premiers enregistrements de Guy Durosier sur Trans-Canada, une étiquette majeure des années 60 qui rayonnait depuis la Métropole, soit le Montréal d'avant l'Expo. »

Au début de septembre 1961, soit après exactement deux années et trois mois d’absence, Guy Durosier retourne en Haïti. Le 5, il se produit à l’Hôtel Montana et le lendemain au Casino International. Il profitera de ce retour pour collaborer avec HerbyWidmaier qui entreprend l’un des projets musicaux les plus chers à son cœur. Il doit envoyer des morceaux dans le cadre de la « Voice of America International Jazz Clinic » organisée par la Voix de l’Amérique. Guy sera le saxophoniste sur les morceaux Theme for Poupie, Afrologie (d’HerbyWidmaier) et EarlyAutumn de Ralph Burns et de Woody Herman.

Pour HerbyWidmaier, qui en a recueilli les éloges de Stan Kenton, musicien et chroniqueur de jazz: « Sans la participation de Guy Durosier, peut-être que je n’aurais pas obtenu tant de succès. À mon avis, jusqu’à ce jour, Guy est le musicien haïtien qui a mieux compris le jazz. » (Entrevue de LCSJ avec HerbyWidmaier, 26 février 2006). Guy Durosier quitte Haïti à la fin de septembre 1961. Il reverra le soleil de son pays exactement huit années plus tard, soit en septembre 1969.

De Port-au-Prince, Guy Durosier a appris que lui et son frère Auguste ont décroché un contrat de trois mois du Club Choucoune de Montréal, allant du début d’octobre 1961 au début de janvier 1962. Guy et Auguste arrivent à « La ville aux cent clochers » respectivement le 20 et le 25 septembre. Il est nécessaire de rappeler qu’il n’existe aucun lien familial entre Auguste Durosier, l’ancien député et sénateur de Cerca-la-Source, mort en août 1924, et les chanteurs Guy et Auguste Durosier.

Nous sommes maintenant en janvier 1962. Après la fin de leur contrat, les deux frères s’établissent à Jonquière, un des trois arrondissements urbains de la ville de Saguenay, au Québec. En février, Guy Durosier commence à se manifester de plus en plus aux Bahamas, qui deviennent le lieu préféré des touristes américains depuis la rupture des relations diplomatiques en janvier 1961 entre les États-Unis d’Amérique et Cuba. À part de la nôtre, les grosses pointures étrangères commencent à déferler sur Nassau et Freeport: Frank Sinatra, Sammy Davis, Jr., Harry Belafonte, etc. C’est alors que Guy Durosier enregistre à Nassau le disque Been Travellin avec le trompettiste Alphonse Simon et le percussionniste Robert Juañez. (Carib LP 2019 S).

À son retour au Québec en mars 1962, Guy Durosier commence à collaborer de manière plus étroite avec Jacques Côté, le grand percussionniste de Drummondville. Depuis lors, celui-ci deviendra le principal accompagnateur de notre merveilleuse étoile. C’est ainsi qu’en avril, les deux se rendront à Vancouver pour la délectation des invités de la Copper Room du Harrison Hotel.

Guy Durosier, le 14 juin 1962, inscrit une nouvelle conquête sur ses tablettes galantes. Il tombe sous le charme de Mlle Marianne Nopson, présente à l’une de ses performances à la Copper Room. De cette brève liaison naîtra un garçon surnommé Robert. Guy allait voir ce fils pour la première fois le 6 juillet 1993. (Source : The Maestro and Marianne, par Robert Durosier, p.7-13.)

À cause de cette relation amoureuse, Guy et ses musiciens sont remerciés. Notre artiste se rend à Paris, accompagné de Jacques B. Côté. Le ciel s’assombrit devant lui. En un mot, il connaît une traversée du désert. D’abord, il joue pendant trois à quatre semaines dans le mythique club Mars. Ensuite, il évolue dans certains petits cabarets qui embauchent les musiciens pour une très courte durée. L’auteur musical de Ma brune allait alors connaître des périodes de vaches maigres et d’autres tracasseries qu’il a lui-même décrites dans son Mpajanm mande pèsònnanyen (Je n’ai jamais sollicité l’aide de personne).

En octobre 1962, Guy Durosierquitte la France et retourne au Québec, plus précisément au Bas-Saint-Laurent. Il y fait le piano-bar dans certains hôtels de la région. Il est également souvent invité sur le plateau d’émissions télévisées. C’est ainsi qu’à la fin de novembre 1962, « la télévision de Matane a présenté une remarquable émission avec le chanteur Guy Durosier... » (Référence : L’Aquillon, rubrique Autant en emporte le vent, lundi 28 novembre 1962.)

Guy Durosier, en peu de temps, reprendra du poil de la bête. Et il en a retrouvé tous ses plus beaux. À partir du premier trimestre de 1963 et jusqu’au milieu de l’année 1965, il fait le va-et-vient entre Vancouver et le Québec. À la "Saltwater City", il renouvelle son contrat au « Copper Room ». Vers cette même époque, il signera chez deux grandes maisons de disques :«Kébec – Disc, Inc. » et « Rusticana ». Pour la première, il a enregistré les disques 45 tours suivants : DK 500 (Michaelle et Egoïsme) ; DK 513 (La Noël des enfants et Valse de Noël) ; DK 507 (Marigua bossa nova et Les moines de Saint Bernardin) et le RM 275 (La chanson de Martin et Marie Nicole.) ; DK – 3001, dans lequel nous trouvons : Tour du monde, Viens danser, Martinique, À mes frères d’Afrique, Mack the knife, Marie Nicole.

À la Belle Province, Guy Durosier jouera un peu partout avec Jacques Côté, spécialement à Les Mouettes, club situé au boulevard Laure, à Sept-Îles. Le 2 octobre 1963, il recueille un succès retentissant à l’Auditorium du Baie-Comeau High School dans le cadre du défilé de mode d’automne chez Alma (Alma FallFashions), patronné par Ladies Guild. En cette occasion, Mme Bill Ayles et Mme Jacques Guilbault ont obtenu le prix offert par M. Guy Durosier. À l’issue du défilé de mode, Guy Durosier invita toute l’assistance à son récital à l’Auberge du Roc. (Référence : La Côte-Nord, mercredi 16 octobre 1963, page 6). On peut bien comprendre la raison pour laquelle, en novembre 1963, le journal L’Avenir l’a surnommé « Le Soleil d’Haïti ». (Référence : L’Avenir, lundi 4 novembre 1963, page 4).

Désormais, on ne compte plus les succès de Guy Durosier. En décembre 1963, il se produira sous le soleil de la Floride et des Bahamas. Il clôture l’année dans la Belle Province, l’un des lieux qui auront le plus contribué à faire de lui un artiste immortel.

À suivre

(La sixième partie couvrira la période allant de 1964 à 1969)

Louis Carl Saint Jean

louiscarlsj@yahoo.com
16 juillet 2019




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