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Formation des gestionnaires de collection en Haïti : une décennie après le CSBC !



Dix déjà (10 septembre 2010-10 septembre 2020), depuis la clôture de la formation de la première cohorte composée de professionnels en gestion de collections, destinés à professionnaliser et à renforcer les principales institutions culturelles haïtiennes, dont certaines étaient gravement frappées par le séisme du 12 janvier 2010.

Définie comme une réunion d’objets rassemblés et classés pour leur valeur documentaire, esthétique, pour leur prix, leur rareté, et autour d’un même thème, la collection occupe une place capitale dans les institutions du pays au fil des générations. La collection représente pour le musée, ce que l’eau représente pour la mer, ou encore, ce que la lumière et la chaleur représentent pour le soleil. Autant comprendre l’importance et la place des collections dans les pays qui disposent des politiques publiques et des politiques culturelles visant à assurer une gestion responsable et durable de leur patrimoine matériel et immatériel. D’où l’importance de cette formation en gestion de collection au lendemain du séisme. Quel suivi ? Quel engagement ? Quelle synergie possible entre les bénéficiaires de cette formation ?

Débuté le 23 août 2010, ce séminaire avait été réalisé par le Centre de sauvetage de biens culturels (CSBC), suite ӑ un accord signé entre le ministère de la Culture et de la Communication (représenté par son titulaire Marie Laurence Jocelyn Lassègue), et les responsables de Smithsonian Institute des États-Unis d’Amérique, dans le cadre du projet pour le sauvetage des biens culturels mobiliers affectés par le séisme. Plusieurs autres institutions culturelles internationales avaient pris part à ce programme de formation, en dehors du réseau de 19 musées et sept centres de recherche situés en majorité à Washington et qui sont associés au Smithsonian.

Des instructrices de l’institut central de conservation de Belgrade en Serbie, de l’institut canadien de conservation d’Ottawa, de la Smithsonian Institution, et de l’ICCROM ont animé les séances de formation qui ont duré de trois semaines. Lors de la première semaine, les participants ont bénéficié des cours d’introduction aux objets aux collections patrimoniales dans le contexte institutionnel haïtien.

Durant ces premières séances de formation, les participants allaient pouvoir identifier les différentes menaces, notamment les catastrophes naturelles et humaines, les accidents et les multiples formes de détériorations possibles (par l'eau, l'air, le feu, les moisissures, la mauvaise manipulation et l'entreposage dans de mauvais endroits) du patrimoine culturel haïtien, en passant par les œuvres d’art, les collections d’ouvrages, les artefacts, le patrimoine bâti, les éléments architecturaux, les archives historiques, toute la diversité des pièces en papier, plastiques, tissus, fer, bois, métaux, les matériaux organiques et mixtes, etc.

Dix ans après, comme ancien participant à cette formation, je me souviens que les participants à ce séminaire avaient pu découvrir les nouveaux outils de gestion du patrimoine, en tenant compte des défis et des besoins spécifiques au patrimoine haïtien. À partir des différentes approches déjà évaluées et des méthodologies les plus récentes, les échanges entre les formateurs et les participants et la documentation partagée allaient nous offrir une occasion idéale pour poser les vrais problèmes du secteur, tout en dégageant des pistes de solutions pratiques et durables.

Du 6 au 10 septembre 2010, les participants étaient invités à constituer des équipes de projets et à réaliser de nombreux travaux pratiques sur les différentes approches relatives à la conservation et la gestion des collections. En compagnie des formateurs étrangers, de visites de terrain avaient été réalisées dans différentes institutions culturelles du pays, notamment au Musée du Panthéon national haïtien (MUPANAH), en dehors des locaux où étaient entreposées des pièces importantes des traditions « Bizango », de la collection Vodou de Marianne Lehmann, qui participait également au séminaire, en tant que doyenne de la cohorte.

Dans un article publié dans Le Nouvelliste, le 15 septembre 2010, sous la plume de Chenald Augustin, presque tout avait été dit au sujet de la formation en « Gestion de collection », réalisée du 23 août au 10 septembre 2010, par le Centre de sauvetage de biens culturels (CSBC). Dans les propos des participants rapportés, Ariel Célestin, du Musée numismatique de la BRH, nous dit : « Cette visite consistait à leur (participants) apprendre les mécanismes de fonctionnement d’un musée. ».

Dans ses propos de circonstance, le directeur du CSBC, l’architecte et conservateur Olsen Jean Julien, selon l’article : « S’est donné un satisfecit de ces trois semaines de formation axée sur la théorie et les travaux pratiques autour de la conservation, la préservation des biens culturels. Pour M. Jean Julien, le but de cette formation est parvenir à la formation d’un réseau de conservateurs et de restaurateurs… ».

De nombreux cadres des plus importantes institutions du pays avaient répondu à l'appel, pour ne pas rater le train de cette première expérience de formation continue, d’actualisation et de synergie entre les ressources du pays. Mireille et Colette Pérodin, Jean Patrick Fabius, Gertha Café, Rose Nirva Pinchinat, Stéphanie Saint-Louis et plusieurs autres cadres du Musée du Panthéon national haïtien (MUPANAH), du Bureau national d’ethnologie (BNE), de la Bibliothèque nationale d’Haïti, des Archives nationales d’Haïti (ANH), du Centre d’art, entre autres.

Des laboratoires de traitement et de restauration avaient été aménagés durant la formation, avec l’aide des experts étrangers et haïtiens. Des interventions majeures sur le terrain ont été réalisées dans le cadre de cette formation, notamment le sauvetage des œuvres de la collection du Centre d’art haïtien (de la rue Roy), qui se trouvait sous les décombres du bâtiment, de la rue Roy, détruit lors du séisme du 12 janvier 2010, suivi par le décès quelques semaines après de la directrice de l’institution, feu Francine Murat.

Dix ans après avoir bénéficié de cette formation, le secteur culturel haïtien cherche encore une voie, en dépit des efforts et de l’engagement continus de nombreux acteurs qui se renouvellent et se renforcent sur la carte des industries culturelles. Des connaissances et des compétences partagées sont à actualiser, en attendant une plus grande culture des collections indispensables pour la création des musées dans notre pays. Malheureusement, pas un seul n’a été construit dix ans après le séisme, après cette formation et surtout dans la liste des grands chantiers de la reconstruction qui tardent à voir le jour !

Depuis la cérémonie de remise des certificats aux participants et des cadeaux aux instructrices de ce séminaire de formation, d’autres sessions de formations spécialisées avaient été réalisées, suivies par la transformation et la migration du Centre de sauvetage des biens culturels (CSBC), en Centre de conservation des biens culturels désormais attaché à l’Université Quisqueya (CCC-Uniq). Il avait été inauguré en juin 2015, pour se constituer comme un espace d’échange, de formation et de recherche, d’exposition et de débat d’idées sur la place et le rôle de la culture dans le développement économique et social, précise le recteur Jacky Lumarque.

Dominique Domerçant




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