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6e partie (1964 – mai 1969)



6e partie (1964 – mai 1969)


Il est des dates que l’on n’oublie pas, selon qu’elles nous avaient apporté un sourire sur les lèvres ou maculé l’être de souffrance jusqu’à nous « arracher notre dernière larme » pour reprendre cette tranche de prose du pathétique poème Nous de Guy Durosier. Cette dernière épreuve fera de 1964 une année inoubliable dans la glorieuse histoire d’Haïti. Et si elle devait être écrite par un de nos poètes, selon moi, aucun autre n’aurait pu accomplir cette tâche délicate avec plus d’éclat que Coriolan Ardouin.


En ce temps-là (1964), la moyenne d’âge de notre population n’avait pas dépassé 23 ans, l’âge auquel est mort, en 1835, le poète de la mélancolie haïtienne. Comme celui-ci, qui l’avait exprimé dans son exquis poème À mon âme, notre peuple semblait se lamenter à longueur de journée: « Toujours des pleurs dans mon âme et jamais un sourire / Et pourquoi ne peux-tu que gémir sur la lyre / Et chanter des douleurs ? » En effet, au cours des 366 longs jours de 1964, le peuple a vu s’évanouir de l’éther au moins un millier des siens, à cause leur opposition réelle ou imaginaire au régime du Dr François Duvalier.


Entre juillet et septembre 1964, à la suite de l’invasion menée par les valeureux Jacméliens Fred Baptiste et Gérard Lafontant, le Sud-Est, en particulier Mapou, Thiotte, Grand-Gosier, Saltrou (actuelle Belle-Anse), a pleuré l’élimination physique de plus de 600 de ses fils. Selon ce que m’a plus d’une fois raconté feu le médecin jacmélien Joseph David, toujours avec la voix mouillée de larmes: « En cette occasion, les sauvages de Duvalier ont assassiné des enfants à la mamelle jusqu’à de pauvres vieillards. Le grand troubadour Rémy Neptune a été innocemment exécuté à Sainte Hélène, à l’entrée de ville de Jacmel. Ce carnage avait révolté la nation entière, le Sud-Est en particulier. »


Après cette hécatombe, le régime avait pourtant jugé qu’il n’avait pas fait couler assez le sang du peuple. En août, à la Cité des poètes, une trentaine de citoyens âgés de 2 à 85 ans sont massacrés gratuitement dans ce que l’histoire a retenu sous le nom des « Vêpres jérémiennes ». Au final, le 12 novembre, deux jeunes héros jérémiens, Louis Drouin, 31 ans, et Marcel Numa, 21 ans, sont abattus de manière sommaire devant le cimetière de Port-au-Prince par un peloton d’exécution formé exclusivement de lâches.


Dans son Armée d’Haïti après Magloire et Hitlérisme duvaliérien, Dr Gérard Alphonse Férère a relaté: « Duvalier exigea la présence des employés de l’État et des secteurs privés; que les élèves de toutes les écoles, jardin d’enfants, primaires, secondaires, universités, soient conduits par leurs professeurs au lieu de l’exécution. Des orchestres populaires furent forcés de s’y rendre pour jouer de la musique dansante, des boissons gratuites furent distribuées...» Le chanteur Michel Pressoir m’a récemment appris que le cadavre d’Yvan Laraque, un des treize martyrs de « Jeunes Haïti », a été attaché et abandonné jusqu’à la putréfaction sur une chaise au Carrefour de l’aéroport de Port-au-Prince, alors situé non loin de Chancerelles.


Une fois de plus, comme un refuge plus sûr, le peuple haïtien, à part le football, n’a pu trouver que la musique, bien que la majorité de nos meilleurs musiciens eussent déjà fui le pays. Au lieu de larmoyer continuellement, nous nous étions laissé consoler par le magnifique répertoire du Jazz des jeunes (alors amputé de sa superstar Gérard Dupervil), l’Orchestre Septentrional, Raoul Guillaume et son groupe, les ensembles de Nemours Jean-Baptiste et de Webert Sicot, etc. D’autant que nous avions bien appris cette maxime créole: « Bay kou bliye, pote mak sonje.»


À l’étranger, Jean-Léon Destiné, Martha Jean-Claude, Félix « Féfé » Guignard, Edner Guignard, Emerante de Pradines, Kesnel Hall, Ghislaine Brierre, Alphonse Simon, Andrée Lescot, Claude Germain et d’autres faisaient l’honneur de l’art national. Quant à Guy Durosier, comme il l’a si bien dit lui-même dans son joyau Si w al an Ayiti, il ne cessait « de faire respecter le peuple noir et indépendant d’Haïti » à travers les grandes villes du monde.


On dirait que 1964 avait été taillée sur mesure pour le talent et le tempérament de Guy Durosier. Voilà un nomade et un aventurier qui vient d’être embauché par la chaîne d’hôtel « El Continental ». Il joue pendant une semaine à Caracas, où s’était distinguée un an avant lui l’admirable chanteuse Marie Denise Coupet, dite Mitsou Fontaine. Peu après, notre chanteur s’était fait applaudir pendant deux semaines à Paramaïbo, la capitale de Surinam, pour le compte du même établissement.


De mars à mai, Guy Durosier entreprend des tournées qui l’emmènent à Nassau, à West Palm Beach, à Miami, à Willemstad, à Oranjestad, à travers plusieurs villes de la province du Québec et, bien sûr, à son fief de Vancouver. En août 1964, à l’issue de son contrat au Copper Room du Harrison Hot Spring, notre étoile, toujours accompagnée par Jacques Côté, fera un tabac dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean au Québec. Le 12 septembre 1964, tandis qu’il fait les beaux jours de l’Hôtel Pierre de Jonquière, il reçoit la visite de sa mère, qu’il n’avait pas revue depuis sa dernière tournée en Haïti, en septembre 1961. Ce sont sans doute ces émouvantes retrouvailles qui avaient inspiré à ce cœur sensible le merveilleux Courrier d’Haïti.


Nous sommes à présent en 1965. Guy Durosier ne compte plus ses succès. De janvier à juin, il fait le va-et-vient entre la Colombie-Britannique et le Québec. Il conquiert le public et la critique. Voilà ce que dit la presse québécoise de lui: « Maîtriser avec aisance cinq langues et sept instruments, donner des spectacles de chant et enseigner la musique moderne, se produire sur des salles au Québec et au Japon, en passant par Vancouver, San Francisco, Las Vegas, Tahiti, autant de moyens pour le chanteur haïtien Guy Durosier d’être un ambassadeur éloquent de son pays… » Guy Durosier, qui vient de ciseler deux joyaux, À mes frères d’Afrique et Haïti, la nuit, dira : « Je cherche à faire connaître Haïti par ma présence sur scène. » (Référence : Le Haïtien Guy Durosier est un ambassadeur éloquent de son pays, par Roche Desgagne, Le Devoir, Mardi 29 juin 1965, p. 4).


Bientôt, le génie de la rue Montalais voit d’autres tréteaux se profiler à l’horizon. En juillet 1965, de Jonquière, Guy Durosier, accompagné par le percussionniste portoricain Hector Ford et Denis Bovin, un jeune contrebassiste de la ville de Sherbrooke, entreprend une tournée artistique d’un mois en Europe, aux Bahamas et en Amérique du Sud. Il est bon de signaler que dans cette dernière partie du monde, Guy était mis en vedette grâce à une invitation de Raymond Sicot. En effet, ce superbe tromboniste et trompettiste avait décroché un contrat de la chaîne d’hôtel Hilton. Ainsi, Guy Durosier a été applaudi avec le groupe de Raymond Sicot à la Barbade, au Brésil et dans les trois Guyanes.



Le chanteur Leconte Villevaleix et le guitariste Paul Point-du-Jour, membres de la formation de Raymond Sicot, m’ont souvent évoqué les innombrables souvenirs qu’ils ont gardés de Guy Durosier. Selon l’inoubliable interprète de Choubouloute : « Guy Durosier a fait rester bouche bée les touristes américains et canadiens. Je suis chanteur, mais je pense qu’Haïti n’a jamais donné un chanteur du niveau de Guy Durosier. Selon moi, il était tout simplement le meilleur. » (Référence : entrevue de Louis Carl Saint Jean avec Leconte Villevaleix, vendredi 7 avril 2006).


Mon ami Point-du-Jour a ainsi corroboré la déclaration de son camarade: « Au cours des trois semaines que j’ai passées avec Guy Durosier, j’ai appris de lui pas mal de techniques musicales. Ensuite, sur scène il était incomparable. À mon avis, Guy Durosier n’avait rien à envier à Harry Belafonte, qui, je l’admets, est un très grand artiste. » (Référence : entrevue de LCSJ avec Paul Point-du-Jour, lundi 19 juin 2006).


N’allez pas croire que Guy Durosier s’était reposé de son ouvrage. Sur le chemin du retour, il s’arrête à Nassau et épice les nuits du Brumbeat Club avec The Montagu Three Plus One au sein duquel évolue le chanteur et guitariste André Toussaint, ancien membre du Jazz Capois. À la suite de ce succès, il se rend en Floride et donne des concerts pendant une semaine à « Open Hearth Restaurant » du Sheraton-Daytona Beach et au Camelot Lounge du Daytona Plaza Hotel, où il avait remplacé temporairement Patti & Marti. (Référence : Affiches publicitaires du Daytona Beach Morning Journal, Thursday September 9, 1965, page 17). Entre octobre et décembre, comme c’était le cas l’année précédente, il se distinguera à Jonquière et dans les salons du Harrison Hot Springs, à la Colombie Britannique. 


L’année 1966 s’est démarrée en beauté pour Guy Durosier. En février, il retourne au Québec. À la suite de quelques spectacles à l’Hôtel Pierre de Jonquière, il va s’installer aux Bahamas. C’est vers cette époque que ce disciple d’Oswald Durand se liera avec Joy Caros, l’une des peintres les plus connues au monde. Un peu plus tard, la rubrique « Finish Lines » de l’édition du mercredi 14 septembre 1966, page 29, du Vancouver Sun, nous a appris : « Avant de se rendre à Los Angeles, l’artiste haïtien Guy Durosier, un fixture de longue date d’Harrison, et la peintre Joy Caros ont révélé qu’ils se sont mariés deux mois de cela. » Depuis lors, le couple voyage un peu partout à travers le monde. D’ailleurs, il nous a été confirmé deux ans plus tard: « L’artiste fait d’ordinaire coïncider ses expositions avec les engagements de son mari, le musicien Guy Durosier. (Référence : Mère de famille et peintre, L’Action, lundi 8 avril 1968, page 6)


En octobre 1966, après le Copper Room et son succès californien, notre génial musicien retourne sur les scènes de la Floride et des Bahamas. D’abord, parmi de grandes vedettes internationales, il triomphe au Poppy Fields House Party. Un journal floridien, parlant de tous les autres participants, dira du nôtre: «[…] la fierté d’Haïti, le chanteur Guy Durosier a présenté un échantillon de son talent pour enflammer l’auditoire.» (Miami Beach Daily Sun, mercredi 26 octobre 1966). Ensuite, il jouera à Fort Lauderdale et à West Palm Beach avant de regagner les Bahamas où il passera la fin d’année avec la nouvelle élue de son cœur.


Au cours du premier trimestre de l’année 1967, il ensoleillera plusieurs « resorts » à Grand Bahama (surtout à Freeeport) et à New Providence, en particulier au British Colonial Hotel, à Nassau. Au cours du mois d’avril 1967, Guy Durosier et Joy Caros retournent à la Colombie-Britannique après avoir passé six mois à Nassau. À la fin du même mois, les activités artistiques du couple le conduisent en Europe. Il y séjournera jusqu’en novembre. C’est au Copper Room que Guy Durosier dira adieu à l’année 1967. 


En février 1968, Guy Durosier et sa femme, qui doit accoucher au cours de l’été, voyagent un peu partout (Nassau, Québec, Vancouver et l’Europe), l’un pour chanter, l’autre pour exposer ses tableaux. (Référence : Children not slowing her travels, Edmonton Journal, 29 mars 1968). Deux mois plus tard, en avril 1968, Guy Durosier reçoit la nouvelle de la mort du pasteur Martin Luther King, l’un de ses héros. Cette perte irréparable lui inspire le chef-d’œuvre Nous.


Au printemps de 1968, Guy Durosier se fixe à Montréal, non loin du quartier de Côte-des-Neiges. À ce moment, il aura comme accompagnateur le percussionniste haïtien Max Carré. Il est acclamé un peu partout dans la région administrative de la Côte-Nord. C’est ainsi que le dimanche 5 mai, il a recueilli un succès sans pareil dans le cadre du « bal des souliers blancs » organisé à l’Hôtel Sept- Îles. La presse nous a informés: « M. Guy Durosier assura les frais de la musique, semant une ambiance envoûtante à la grande joie de tous. » (Référence : L’Avenir, jeudi 9 mai 1968, p. 9)


Le dimanche 6 octobre, avant de retourner à Vancouver, « the singing sensation from Haiti » s’est également produit pendant une seule nuit au Club Brasilia. (The Montreal Gazette, Saturday, October 5, 1968). À ce moment, c’est le groupe Macumba qui animait ce club grâce au talent de musiciens tels que le pianiste Eddy Prophète, le trompettiste Kesnel Hall, le saxophoniste Dante Pierrot, etc.


Pendant que nous parlons du passage de notre artiste au Québec, il sied de clarifier un point très important dans sa carrière. Depuis qu’il a quitté Haïti de façon définitive en septembre 1961, Guy Durosier a surtout été ce que les Anglo-Saxons appellent un « touring artist ». Il a évolué comme « fixture » ou « resident performer » ou « house musician » (en français musicien du club) seulement en deux endroits : au Copper Room du Hot Spring à Vancouver et, un peu plus tard, au Buena Vista de Nassau. Et encore, les contrats qui le liaient au Copper Room d’Harrison Hotel étaient le plus souvent d’une durée minimale de trois mois. Durand toute sa carrière, seul au Buena Vista Resort à Nassau Guy Durosier aura joué pendant au moins sept années d’affilée, de 1990 à mars 1997.


De ce fait, Guy Durosier n’a jamais été musicien d’aucun des deux clubs de Carlo D’Orléans Juste, ni le Perchoir d’Haïti ni le Club Brasilia. À ce sujet, son cousin Didier Pétrus, arrivé au Canada en septembre 1968, m’a précisé: « À mon arrivée au Canada, Guy évoluait un peu partout dans les villes du Québec. Je n’ai jamais joué avec lui ni au Perchoir ni au Club Brasilia. » Rappelons qu’en 1969, Didier, à la batterie, a accompagné Guy Durosier à plusieurs occasions. Paul Choisil, ami et émule de ce dernier, m’a donné la même précision: « À cette époque, Guy Durosier était une super vedette au Canada. Certainement, de temps en temps, à ses heures de loisir, il passait dans quelques clubs que fréquentait la communauté haïtienne pour lui offrir quelques morceaux. » (LCSJ et Paul Choisil, lundi 23 septembre 2019.) 


À bien des égards, 1969, après 1952, 1953 et 1957, sera jusqu’ici l’année la plus euphorique de la carrière artistique de Guy Durosier. Il recevra l’une après l’autre deux agréables nouvelles. D’abord, dès les premiers jours de janvier, André Boulanger, son impresario canadien, lui annonce officiellement qu’« à moins d’un imprévu majeur », il foulera au printemps prochain la mythique scène du Carnegie Hall, à New York. Alors, on le verra de plus en plus au Québec et à New York, dans le but de se préparer pour ce « great event ». En janvier-février 1969, il a offert une série de trois spectacles à Café Brasilia, à Montréal.


En avril 1969, Guy Durosier voyagera de très souvent à New York dans le but de préparer le concert du Carnegie Hall. À ce point, je pense qu’il s’avère important de souligner que cette formation musicale n’a jamais accompagné l’auteur de Gonaïvienne à Carnegie Hall. Le disque « Guy Durosier in Carnegie Hall with Raymond Sicot and his Orchestra » (RGS 3000) dans lequel se trouvent, parmi d’autres, les pièces Le cabotin, Fanm sa-a, Pèsonn anyen, Pitit yon zanimo, Si supieras, a été enregistré dans un studio situé à Brooklyn. D’ailleurs, cet enregistrement a été fait quelques mois après le triomphe du Carnegie Hall. C’est simplement dans le but d’encourager la vente des disques que le producteur/distributeur a mis ce titre très tape-à-l’œil. La réalité est que l’orchestre de Raymond Sicot n’a jamais accompagné Guy Durosier au Carnegie Hall.


Et vint le grand jour! Le 4 mai 1969, le public de Carnegie Hall vibre pour la première fois au son de la voix de Guy Durosier, s’accompagnant à l’orgue. La vedette phare n’avait à ses côtés que le percussionniste canadien Jacques B. Côté. (Références : le bulletin du spectacle offert par Carnegie Hall et les artistes Didier Pétrus et Paulette Saint Lôt, présents au concert.) En foulant le tréteau du Carnegie Hall, notre icône a suivi la trace d’illustres congénères tels que Roland Haynes, Paul Robeson, Nina Simone, Ella Fitzgerald, Frantz Casséus, etc. Parmi les vingt-sept pièces qu’il a interprétées ce soir-là, citons : Minis Azaka, Yoyo, Merci Bon Dieu, Nous, Si wal an Ayiti, Celui-là, etc. 
Rappelons que Celui-là (qu’il ne faut pas confondre avec Nous) est un morceau écrit en hommage au président américain John Fitz Gerald Kennedy. Guy Durosier, Haïtien intégral et fol admirateur de nos héros, l’a adapté pour saluer la mémoire du génie de Bréda, le général Toussaint Louverture.


Vient la deuxième bonne nouvelle. Suite aux démarches de plusieurs autorités, dont notamment M. Philippe Cantave, ambassadeur d’Haïti à Ottawa, et M. Jean Sassine, consul général d’Haïti à Montréal, Guy Durosier est autorisé à retourner en Haïti. Ouf !


Malheureusement, Guy Durosier avait oublié que la cruche dans laquelle se trouvait le miel de l’estimisme promis s’était irréparablement cassée depuis le 16 mai 1950 à Maïs-Gâté, à bord du DC3 de l’Armée d’Haïti. Cet avion emmenait en exil le plus progressiste de nos chefs d’État, l’honorable Dumarsais Estimé. Celui-ci a été victime six jours auparavant d’un putsch militaire insensé, orchestré par les hauts gradés de l’Armée, en particulier le général Franck Lavaud et les colonels Antoine Levelt et Paul-Eugène Magloire.


En plus, je me demande comment un esprit aussi averti comme celui de Guy Durosier ne s’était-il pas rendu compte que la promesse de la venue d’un second « Roule-m deux bords » n’était qu’un simple mirage pour faire « dodo meya » le peuple? Il avait oublié qu’il n’est pas donné à n’importe qui d’avoir ni l’âme ni la vision de Dumarsais Estimé. Et, comme nous le verrons la prochaine fois, notre immortel artiste allait payer très cher cet oubli.


À suivre


(La septième partie couvrira la période allant de septembre 1969 à 1975)


Louis Carl Saint Jean

louiscarlsj@yahoo.com

16 juillet 2019




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