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« C’est de ma famille multiculturelle que j'ai appris la valeur de la diversité »



J’ai des cheveux blonds, des yeux verts et la peau claire. À première vue, personne n’imaginerait qu’à côté de mes racines allemandes, scandinaves et polonaises, que je suis d'origine afro-haïtienne. Mais un regard sur ma mère avec ses yeux bruns, ses cheveux foncés et la peau bronzée révèle tout de suite la vérité. Un sujet sensible, mais qui est normal lorsqu’on grandit entre différentes cultures. Parfois inconfortable, souvent drôle et la plupart du temps, tout à fait normal. C’est pour ça que lorsque ma mère a rencontré les parents de mon petit ami, elle a tout de suite ressenti le plus naturellement du monde le besoin de partager ses pensées : « Peut-être qu’ils auront un bébé à la peau foncée et aux cheveux crépus ! Peut-être que les gènes [de la partie afro-haïtienne] s’imposeront davantage chez leurs enfants. » Un bon sujet pour faire connaissance, n'est-ce pas ?

En tant qu'enfant d'apparence allemande, c'est plutôt excitant de grandir avec une mère qui a évidemment des racines différentes. Des poursuites dans le parc - parce qu'une dame pensait que ma mère m’avait kidnappée -, aux hostilités rencontrées sur le terrain de football, j'ai donc appris, en tant qu’observatrice silencieuse, à connaître la vie d'une étrangère dans mon propre pays.

Mais s'agit-il toujours de racisme ou est-ce simplement de l’intérêt pour l'inconnu ? Pour le frère de mon copain qui a le syndrome de Down, (trisomie 21), être dévisagé à tout bout de champ fait donc partie de son quotidien. Les gens regardent et s'intéressent aux différences évidentes, et ce, partout dans le monde. Quand j'ai été en visite en Haïti, les gens se sont énormément intéressés à mes cheveux blonds et raides. Ce qui est en quelque sorte logique, quand on considère que même pas un quart de la population haïtienne ne me ressemble. Était-ce pour moi une sensation étrange ? Bien sûr que oui. Me suis-je sentie discriminée ? Certainement pas, c'était plutôt un échange passionnant entre des mondes, des origines et des cultures différents. Ils avaient le droit de toucher mes cheveux et en contrepartie j'apprenais des expressions haïtiennes : une situation typique gagnant-gagnant.

N’est-il regrettable de penser tout de suite à la discrimination ? Ces pensées (négatives) nous séparent et nous divisent.

Une fois, alors que je sortais de chez un ami, deux femmes, par hasard passaient par là. Comme d'habitude, je leur fais un sourire. Soudain la mère dit à sa fille en français : « Elle ne nous sourit que parce que nous sommes noires ». La femme qui ne voulait pas être jugée sur son apparence pensait que je ne pouvais pas comprendre ce qu’elle disait. Quand je leur ai souhaité « une bonne journée » en français, elle avait l'air surprise. À ce moment-là, j'ai eu envie de lui parler de ses expériences et lui montrer que tous les blancs ne sont pas racistes.

Qu'il s'agisse de ce sujet [discrimination] ou de l'intégration des personnes handicapées, les préjugés se dressent toujours sur notre chemin. Mais ce n'est que dans la rencontre avec l’autre que nous pourrons apprendre à nous connaître, à nous accepter les uns les autres et à tirer le meilleur parti de nos expériences différentes. Car c’est de ma famille multiculturelle que j'ai appris la valeur de la diversité.

Cheyenne Kolbuch




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