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La formation « Enposib » dans sa composition « Bòkò »



Si certains cherchent la grâce des loas vodou avant de se mettre en couple, Enposib dans sa composition « Bòkò » sur son dernier album « Kamasootra », sorti le 26 juillet 2020, demande qu’on lui sauve d’une relation amoureuse. En ce sens, l’art c’est de la poésie. C’est-à-dire l’équation poétique consiste à faire rupture au traditionnel, au déjà-là afin de proposer une autre réalité. C’est l’inverse du quotidien.


Dans cette composition, l’amour vit comme une drogue. Celle-ci n’est pas bonne pour la santé, mais on ne peut pas s’en passer puisque quand l’on est sous son emprise, on se sent heureux. Cette démarche sentimentale s’identifie parfaitement à la formation Enposib. Ces gars aiment parler de l’amour en paradoxe. Cette dimension ambivalente on le retrouve également dans le texte comme Overdose, Defo, Chay etc.

Pourquoi ce texte parmi tant d’autres ? C’est parce qu’il permet de saisir des nuances dans le vodou quand il s’agit de donner naissance ou de vivre une relation amoureuse. Même si que ces nuances existent aussi chez certaines croyances mystiques ou religieuses. Ce texte dégage aussi une forme de théocentrisme. C’est-à-dire, comme dirait Orso Antonio Dorélus, conscient de son incapacité, ses limites, l’homme délègue son pouvoir d’agir et d’action à un tiers ; aux esprits.

Comment les esprits interviennent-ils dans le choix d’un couple? Est-ce que le « bòkò » saura délivrer le concerné de cet amour ensorcelant et qu’il ne veut pas vivre complètement? Il veut être seulement un amant et non un amoureux, non un passionné, non un aveugle de cet amour. Malgré lui, son sentiment est incontrôlable.

« Menm si w nan kè m pa vle w rete »,

Après, il dira :

« M ap tou pase kay bòkò ò ò ò

Pou m sispann renmen l si fò »

Dans ce témoignage qu’il entend réaliser, il se balance entre laisser la relation et aimer sans être amoureux. Notons que la première strophe est une conversation avec la personne qu’il est amoureux. Après, il la ferme pour se confier à un tiers, à autrui de ce qu’il va faire pour éradiquer ce mal.

En tout cas, les loas peuvent venir en sa faveur surtout celles de l’amour, les Erzulies. S’il est un choisi, sa maitresse peut ne pas vouloir cette relation pour lui, si toutefois la personne avec qui, il veut partager sa vie n’est pas une bonne personne, ne répond pas à ses critères de vie spirituelle. Elle lui protégera de ce potentiel danger. Ce sera une bataille aussi entre ce que la personne veut et ce que sa maitresse veut pour lui. Dans le cas, il fait complètement la sourde oreille, malgré les différents signes et messages, c’est lui qui finira par payer les conséquences de sa désobéissance. Par contre, s’il demande pardon, il sera gracieux, harmonisé avec sa maitresse.

Dans le cas que la personne répond à ses critères de vie spirituelle, le « Bòkò » ne pourra rien faire. Il aura beau appeler les esprits et ce sentiment d’amour prendra beaucoup plus d’ampleurs. Et si enfin la personne n’est pas un choisi, cela pourrait marcher par la magie, mais de courte durée. Seul le naturel est impérissable. On ne met pas en contact deux mondes parallèles au risque de déclencher un cataclysme. Quand cela arrive, on frôle la sorcellerie…

Cependant, dans le texte, c’est un amour qui fait mal. Puisque c’est un amour qui fait mal, qui fait souffrir le partenaire par le mensonge ou l’infidélité, le « bòkò » lui dira sans doute de laisser la relation. La fille ne l’aime pas ou elle a d’autres intérêts dans la relation que l’amour. C’est à lui de prendre ses responsabilités. On ne s’aime pas pour souffrir, mais pour être heureux.

Dans le vodou, nul n’est né pour souffrir. Malheureusement, selon Orso A. Dorélus, certaines pratiques ont été reçues dans la mauvaise foi par certains, à des buts sociofuges ou égoïstes. La formation Enposib, dans son statut de faiseurs des réalités et des mondes, permet d’approcher certaines vérités du vodou.

Toutefois, le début de la chanson avec «( E si) se vre w t ap ban m manti», est ambigu dans la compréhension de l’esprit du texte. Peut-être, c’est un autre coup de cette formation dans la fabrique des contradictions.

SONDY MOSS




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