S'identifier Contact Avis
 
25° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video


L'île de la Tortue, un trésor qui se perd



En 1492, Christophe Colomb, commandeur en chef de 3 bateaux marchands ( La Nina, la Pinta et la Santa Maria) « découvre » l'Amérique. Il débarque au Môle Saint-Nicolas au nord d'Hispaniola lorsqu'il repéra la petite île en face. Il la baptisa l'île de la Tortue en raison de sa forme vue du large. En quelques années, les colons espagnols entraînèrent l’extinction de la race Taïnos dans toute Hispaniola ainsi que l'ile. Néanmoins, à partir de 1629, l’ile de la Tortue entre dans l’histoire et dans les légendes. Les Espagnols se heurtèrent aux flibustiers: des pirates français, anglais et hollandais, qui choisirent l’île de la Tortue comme base pour piller les galions commerciaux en route vers l’Espagne, leur ultime concurrent.


Après l’Indépendance d’Haïti en 1804, l’île de la Tortue s’est retrouvée progressivement dans une situation de quasi-autarcie. Au cours du 20e siècle, elle a subi des changements remarquables tels que l’augmentation de la population à cause de l'émigration des habitants de la grande île qui contribuèrent à sa progressive déforestation, pour leurs besoins d'espaces et le commerce du charbon. Les échanges commerciaux et migratoires notamment avec Cuba, les Bahamas, les îles Turks et Caicos, évoluaient à petits pas; toutefois, ces échanges ont fortement diminué depuis plusieurs années en raison de l’intensification des contrôles. L'absence de port et des techniques modernes de pêche ont diminué les activités du secteur primaire qui participaient à l'évolution de l'île. Seul l'élevage est encore prisé à cause des larges espaces non cultivés de l'île.

Aujourd’hui, l’île vit dans une situation difficile à tout point de vue. Elle est oubliée du reste du pays. Les interventions de l’État y sont presque inexistantes. Seuls les religieux participent à la vie sociale et culturelle de l'île. On compte beaucoup de protestants (notamment adventistes). Il y a plus de 50 temples protestants, répartis dans toutes les grandes habitations de l’ile. La religion catholique est très pratiquée et compte 6 églises. Enfin le culte vaudou est très présent, comme partout dans le pays. Il y aurait près de 100 péristyles et badjis, tenus en majorité par plusieurs mambos et quelques hougans. Les rapports rendus sur cette île sont parfois erronés ce qui rend difficile l'accès aux investissements sur une île qui a bouleversé l'histoire pendant le temps. Les preuves en sont bien grandes si l'on s'appuie sur plusieurs vestiges : le Fort d’Ogeron, le Fort La Rochelle, les restes de four à chaux, plusieurs canons éparpillés sur l’île et des épaves de galions ensevelis. Ces vestiges sont cependant en danger : la majorité des habitants ne connaissent pas la valeur de ces sites et les dépècent de leurs pierres ou en les utilisant pour faire passer leurs produits illicites qui circulent librement sur l'île faute de l'absence d'autorité étatique.

L'île se développe de par elle-même, quelques écoles fondamentales et cinq dispensaires pour toute la population. L'absence de crédit agricole a découragé les paysans qui sont réduits à espérer les transferts de la diaspora pour survivre au lieu de se battre pour leur droit. Beaucoup périssent en mer dans leur quête de vie meilleure en traversant illégalement l'océan vers d'autres terres fertiles. Et l'île devient alors l'endroit propice et réputé pour les trafics illégaux de drogues, d'armes, etc. Les plages abandonnées facilitent les transactions alors que si elles étaient entretenues et mises en tourisme, les revenus qu'ils génèreront pourraient être utiles au développement de l'île qui a la capacité d'accueillir différentes formes de tourisme tels que: historique, balnéaire, de croisière et l'écotourisme.

L'écotourisme a toujours été privilégié dans les îles de la Caraïbe à cause des fruits exotiques et les réserves biologiques qui y trouvent. Apparu au début des années 80, en phase avec le début de la prise de conscience collective lié à l’environnement, l’écotourisme tend à minimiser l'impact sur l'environnement pour le préserver à long terme. C'est un catalyseur sans égal qui pourrait éventuellement précipiter l'évolution touristique de l'île. Cependant, bien que le secteur agricole soit vital pour la population essentiellement paysanne, cette place centrale doit impérativement être tempérée ; car comme conclut le Diagnostic agricole du Nord-Ouest : « Face à l’exiguïté des parcelles travaillées et à un nombre élevé de bouches à nourrir, ces exploitants qui n’ont qu’un accès limité au financement, dotés d’un outillage rudimentaire, n’ont probablement qu’une alternative: l’émigration. À moins que ne se développent dans l’île des activités extra-agricoles » (MARDNR 1998).

Genevieve Fleury
Mémorand en patrimoine et tourisme

Bibliographie :
Abel Edmond, La Tortue, une île à la croisée des chemins, 2008
Diagnostic de la situation agricole dans le Nord-Ouest, 1998, DDA-NO/UNOPS,MARDNR




Articles connexes


Afficher plus [5029]