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Diplomatie culturelle haïtienne : la recherche scientifique un passage obligé !



Derrière les dimensions artistiques, esthétiques, littéraires, linguistiques, patrimoniales, et culturelles de façon générale et transversales, qui servent souvent d’enveloppes pour porter les messages et de façades diplomatiques pour cacher les jeux d’intérêts à travers le « Soft power », on ne saurait laisser passer sous silence l’importance capitale de l’éducation, l’excellence académique, et surtout la recherche scientifique comme de véritables leviers, parmi les plus déterminants dans les fonctions diplomatiques de nos jours.


Derrière les dimensions artistiques, esthétiques, littéraires, linguistiques, patrimoniales, et culturelles de façon générale et transversales, qui servent souvent d’enveloppes pour porter les messages et de façades diplomatiques pour cacher les jeux d’intérêts à travers le « Soft power », on ne saurait laisser passer sous silence l’importance capitale de l’éducation, l’excellence académique, et surtout la recherche scientifique comme de véritables leviers, parmi les plus déterminants dans les fonctions diplomatiques de nos jours.

D’ailleurs, il suffit d’identifier et de combiner les principales missions et fonctions de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, dans une stratégie de développement durable autour des relations internationales, et de la géopolitique, pour comprendre le poids incontournable dans le dialogue entre les États et les institutions.

Depuis plusieurs décennies, à la fin de chaque année, particulièrement au mois d’octobre, c’est la saison des Prix Nobel qui commence, mais comme une tradition confirme et renouvelle la puissance intellectuelle et scientifique de certains États, qui s’affirment comme des ayants droit. Quelle est la position d’Haïti dans ce grand concert international de la recherche scientifique et l’excellence académique pour cette nouvelle série de Prix Nobel ? Quelles sont les considérations au sommet de l’État, les mesures et les stratégies en cours visant à permettre à des scientifiques et créateurs haïtiens, ou des laboratoires de recherche en Haïti et dans la diaspora devenir les prochains Prix Nobel d’ici l’année 2054 qui va marquer les 250 ans de l’Indépendance haïtienne ? En 2020, quels sont les hommes et les femmes d’origine haïtienne, dont des chercheurs et les talents haïtiens qui disposent assez de réalisations, des contributions pertinentes, d’une reconnaissance internationale et des connexions médiatiques, politiques et stratégiques (lobbyistes), capables d’inscrire Haïti dans les prochaines années dans les listes des plus grandes et prestigieuses distinctions internationales ?

Derrière toutes les formes de critiques les plus légitimes exprimées, face à des discriminations possibles et justifiées par les membres des jurys, autour des choix des lauréats pour toutes les catégories (la physique, la chimie, la physiologie/médecine, la littérature, la paix, et l’économie), le plus souvent issus, dans la grande majorité des traditionnels pays occidentaux, il faudra toujours prendre en compte le choix et la volonté manifeste, renouvelée et durable de certains de ces dits pays, à investir dans des politiques publiques, dans la recherche et dans le développement sur le long terme, et une tradition d’excellence continue.

De l'autre côté, des frontières, des pays en majorité situés dans le Moyen-Orient, en Afrique et comme Haïti, à la traîne depuis quelques décennies dans la Caraïbe, se démarquent totalement de ces démarches scientifiques, à force de tomber dans des crises en cascade.

Des réalités qui rendent pratiquement difficile, toute forme d’institutionnalisation de politiques publiques renouvelées, visant à encourager la recherche scientifique et le développement durable. Nombreux sont les chercheurs locaux en particulier, qui ne disposaient pas jusqu’ici de fonds de recherche (avant le fonds créé par la BRH en février 2019), qui, pour toutes les raisons multiples, sont souvent contraints de migrer ailleurs, jusqu'à changer parfois de nationalité.

D'où viendront les fonds pour encourager la recherche scientifique en Haïti ? Certainement pas de l’internationale et de nos traditionnels bailleurs de fonds, ou les dits-pays-amis, qui savent mieux que nous, l’importante et le poids de la recherche scientifique dans les jeux d'influence et les stratégies de domination et de négociation entre les États, les institutions internationales et les multinationales.

D’ailleurs, il faudrait se rappeler comment Haïti, a été en 1804, un élément qui a complètement bouleversé et chambardé l’ordre international, tant sur le plan des relations internationales, des relations humaines, jusqu'à contraindre les puissances coloniales européennes et racistes de l’époque, à trouver une alternative, en arrêtant d’utiliser la main-d’œuvre ouvrière gratuite et déshumanisante de la machinerie humaine des noirs venus d’Afrique en grande partie. Ceci avec l’indépendance d’Haïti et la campagne internationale lancée au lendemain par les pères fondateurs de la patrie, en vue d’accueillir tous les noirs en particulier qui voulaient fuir l’esclavage aux quatre coins du monde, jusqu'à payer les frais d’acquisition et mobiliser des navires pour leurs transports jusqu’en Haïti. La terre de la liberté et de la dignité humaine !

Dommage qu'à cette époque, le prix Nobel n'avait pas encore été créé. Sinon, Jean-Jacques Dessalines, Alexandre Pétion et Henry Christophe allaient finir dans la liste des Prix Nobel de la paix, comme Nelson Mandela l’a bénéficié des siècles après. Comment inscrire de façon scientifique, les contributions d’Haïti dans les relations internationales ? Comment la diplomatie culturelle haïtienne pourrait-elle rapatrier les principales contributions des scientifiques d’origine haïtienne, incluant les membres de la diaspora pour mieux replacer le pays sur la carte internationale ?

Diplomatie scientifique et promotion de la coopération culturelle. Développement scientifique et mobilité des chercheurs haïtiens. Dynamique de la coopération scientifique régionale et internationale. Diplomatie culturelle tournée vers la recherche scientifique, ce sont parmi les sous-thèmes à prendre en compte dans ce carrefour de renouveau dans la diplomatie haïtienne, avec une nouvelle cohorte de diplomates solidement formés, expérimentés et initiés dans les sphères scientifiques des principales nations, assez bien inscrites dans les palmarès des Prix Nobel depuis sa création.

Dans le dernier ouvrage, paru il y a cinq ans (janvier 2015), de Pierre-Bruno Ruffini, ancien conseiller pour la science et la technologie dans le réseau diplomatique français de 2007 à 2013, sous le titre : « Science et diplomatie : une nouvelle dimension dans les relations internationales », ce dernier inaugure des débats inédits, par une série de questionnement des plus pertinents tels : Les questions de science peuvent-elles influencer les relations diplomatiques entre pays ? La coopération scientifique internationale est-elle un facteur de paix ? Les chercheurs sont-ils de bons ambassadeurs de leur pays ? Le rayonnement scientifique est-il une forme particulière d’influence culturelle sur la scène mondiale ? Les diplomates entendent-ils vraiment ce que disent les experts lorsqu’ils négocient sur l’avenir de la planète ? La diplomatie scientifique menace-t-elle l’indépendance du chercheur ? A quoi sert un attaché scientifique d’ambassade ?

Dans la diplomatie haïtienne, on retient quelques-uns des noms des diplomates haïtiens de carrières pour la plupart qui étaient au bénéfice d’un grade académique de docteur. On peut citer : le Dr. Jean-Guy Marie Louis, Dr. Watson Denis, Dr. Vilbert Bélizaire, Dr. Jean-Claude Justafort, Dr. Emmanuel Charles, Dr. Pierre Josué Dahomey Dr. Monesty Junior Pamphile, parmi tant d’autres hauts cadres expérimentés, qui étaient affectés à l’administration centrale ou en poste à l’extérieur, et sans oublier le passage des Dr. Louis Naud Pierre ou du Dr. Claudy Pierre, entre autres.

Dommage que les femmes avec un tel grade académique ne sont pas aussi nombreuses dans la diplomatie haïtienne, en attendant de présenter une nouvelle réflexion et un inventaire sur le sujet. En attendant, il faudra signaler cette nouvelle série de promotions qui porte les marques de l’actuel ministre des Affaires étrangères et des Cultes, le Dr. Claude Joseph, pratiquement tous des docteurs, parmi lesquels on peut citer : le Dr. Wein Weibert Athus nommé ambassadeur d’Haïti au Canada, le Dr. Fritz Dorvillier, comme consul général d’Haïti à Montréal, le Dr. Smith Augustin, nommé comme ambassadeur d’Haïti en République dominicaine, le Dr. Louis Marie Saintil comme ambassadeur d’Haïti en Espagne, entre autres.

De la nécessité pour la diplomatie haïtienne, dans une perspective de la diplomatie culturelle tournée vers des approches scientifiques et des actions stratégiques dans les relations internationales, pour véritablement permettre à la population haïtienne de bénéficier des retombées économiques, des opportunités culturelles et des avantages de toutes sortes que peuvent offrir les relations bilatérales et multilatérales, ces anciens et nouveaux diplomates promus de l’ère du président Jovenel Moïse, qui disposent en commun leur grade de docteur, n’ont d’autres choix que de faire la différence, sur la base des résultats qualitatifs et mesurables, pour pouvoir marquer leur passage et rejoindre les rangs de Jean-Price Mars, parmi tant d’autres illustres figures de diplomates haïtiens.

Diplomatie de l’excellence pour un éventuel renouveau d’Haïti, dix ans après que le peuple avait choisi d’exprimer son ras-le-bol des politiciens traditionnels dits : (lettrés, hauts cadres assez formés et expérimentés), pour élire le musicien populaire Michel Martelly, qui était en face de la professeure d’université, le Dr. Mirlande Manigat.

Diplomatie culturelle haïtienne, avec la science comme levier incontournable, comment inscrire cette nouvelle approche de représentation qualitative, dans une stratégie de négociation intelligente et durable ? Comment espérer des résultats de ces hauts cadres dans les relations bilatérales et multilatérales si la réalité en Haïti et la stabilité politique se dégradent de façon continue ? Comment va-t-elle contribuer d’ici 2030 dans la formation continue de ces cadres jusqu’au grade postdoctoral ? Quels sont les chercheurs et scientifiques haïtiens qui mériteraient une place dans les laboratoires de recherches sur les relations internationales haïtiennes dans cette nouvelle dynamique d’excellence ?

D’autres noms sont à retenir, parmi lesquels ont peut citer celui de : Lewis Ampidou Clormeus, qui a beaucoup contribué sur le plan culturel et des relations internationales, avec des titres tels : « Le vodou haïtien entre mythes et constructions savantes », et d’autres apports collectifs comme : « Histoire, Monde et Cultures religieuses », parmi tant d’autres.

Dans une initiative plus que louable, entreprise par l'auteur Iléus Papillon, au cours du mois de septembre 2020 sur les réseaux sociaux. Ce dernier a pris le temps de constituer une liste de plusieurs professionnels haïtiens, des hommes et des femmes qui disposent d’un grade de docteur dans plusieurs domaines comme : Dre Gusti Klara Gaillard, Dre Katheline Dorsainvil, Dre Rachelle Doucet Charlier, Dr. Odonel Pierre-Louis, Dre Nathlie Lamorthe, Dr. Eddy César, Dre Sabine Lamour, Dre Marie Carmelle Paul Austin, Dre Lourdemie Gué, Dre Sterline Sama, Dre Kerline Pierre Rock, Dr Sterlin Ulysse, Dr. Jacques Abraham, Dr. Delide Joseph, parmi tant d’autres.

Détourné de toute intention d'encourager les décideurs à transformer nos postes consulaires et missions diplomatiques en des laboratoires de recherche, sachant combien les contributions de jeunes techniciens, cadres expérimentés, des politiques, des experts et spécialistes d’horizons divers et de diplomates de carrière sont importantes pour la mise en œuvre des politiques publiques en matière de politique étrangère et des relations internationales, il faudra reconnaître l’importance d'investir dans l'excellence académique pour mieux garantir l’équilibre entre les parties, lors des négociations, même si la majorité de ces doctorats sont validés par les universités des pays avec lesquels nous sommes contraints de négocier en permanence.

D’un autre côté, on ne saurait laisser dans l’ombre, la contribution de nombreux chercheurs, originaires d’autres pays, qui se sont investis depuis plusieurs années dans des recherches en Haïti, particulièrement dans le Vodou. En novembre 2017, c’était l’occasion pour la ville de la New Orléans, des États-Unis, d’accueillir une nouvelle édition du Congrès de Santa Barbara plus connu sous le nom de Kosanba. Avec des scientifiques haïtiens comme le Dr. Patrick Bellgarde-Smith, président du colloque, en dehors du Dr. Richard Turner, Dr. LeGrace Benson, Dr. Claudine Michel, Dr. Nadège T. Clitandre, Gerdès Fleurant, Dr. Kahdeidra Martin, comme ils étaient plusieurs dizaines de chercheurs haïtiens et des étrangers à échanger sur les multiples dimensions de la culture haïtienne.

Dans quel sens l’État haïtien et les élites, via des institutions stratégiques comme les missions diplomatiques et les universités haïtiennes s’approprient-ils des retombés et des résultats de ces recherches financées en majorité par l’international, dont des gouvernements et des fondations qui veulent maîtriser les profondeurs scientifiques de notre culture ?

Dans tous les sens, l’avenir d’Haïti dans les relations internationales, avec les avancées significatives dans le développement démesuré des technologies et l’intelligence artificielle dans beaucoup de pays, devra passer par une meilleure valorisation de la culture scientifique dans les élites, pour plus d’investissement dans la recherche scientifique, comme un passage obligé.

Dans toute planification stratégique en matière de politique publique, y compris dans la mise en œuvre d’une diplomatie culturelle haïtienne, il faudra compter sur des faits, des données, des enquêtes, des confrontations théoriques, des analyses, des études de cas, afin d’en finir avec certaines improvisations souvent très coûteuses à la République, tant pour ses ressources que pour son image de marque.

Dominique Domerçant




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