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Raquel, maquillée, est pleine de confiance en elle, elle se sent belle, elle se sent capable de conquérir



Raquel Patricia Vaval est âgée de 29 ans. Professeur d'école, elle est aussi maquilleuse, un art qu’elle a découvert depuis son enfance et qu’elle a su perfectionner seule en grandissant. Aujourd’hui plus connue sous son nom d’artiste Beat by Rocky, Raquel transforme à l'aide de ses palettes de fard à paupières et crée des moments inoubliables pour ses clients. Découvrez cette passionnée du maquillage!


Le National: Depuis quand avez-vous découvert l’art du maquillage, votre passion?

Raquel Patricia Vaval :J’avais peut-être 10 ans lorsque j’ai vraiment commencé à observer ma maman se maquiller lorsqu’elle se préparait à sortir. J’attendais de la voir partir pour jouer dans sa trousse de maquillage dès son départ. L'évidence était partout sur mon visage!

A douze ans elle m’a finalement permis de mettre du “eyeliner” et du brillant à lèvres lorsque je me rendais à des événements. Lorsque j’ai quitté Haïti pour aller vivre aux Etats-Unis, en classe de 9eme, j'étais abasourdie en voyant les élèves arriver à l'école avec leur visage complètement maquillé! Je me suis mise à économiser mon argent de poche; je traversais à la pharmacie en face de l'école pour m’acheter quelques palettes. Une fois arrivée à l'école je courais aux toilettes me maquiller ou enfin ce que je considérais être maquillée, je n’avais que treize ans! Une fois l'école finie, je courais aux toilettes pour me rincer le visage avant de rentrer. Dieu seul sait ce qui serait arrivé si mes parents haïtiens me retrouvaient maquillée! La vérité c’est que Raquel, maquillée, était pleine de confiance en elle, elle se sentait belle, elle se sentait capable de conquérir toute l'école! Celle sans maquillage rentrait dans sa coquille et était extrêmement timide. Une fois en classe terminale, j’ai cessé de me cacher, et je me suis mise à me maquiller tous les jours. Ma maman avait décidé de me laisser exprimer cet art comme je le sentais. Mes amis avaient commencé à me laisser les transformer lorsqu’on sortait et je prenais plaisir à le faire. Je me rappelle bien un jour où j'avais maquillé 12 filles pour leur graduation. C'était la toute première fois; j'étais fatiguée et en plus je l'avais fait complètement gratuitement!

Au fil du temps, j’ai commencé à regarder des vidéos sur Youtube, j’ai appris des astuces, j’ai pratiqué sur moi même et sur mes amies. En retournant au pays des années plus tard, j’ai réalisé qu’il y avait beaucoup de demandes et j'ai décidé de charger pour mon art. C’est la meilleure décision que j’aie prise.

L. N.: Que représente pour vous cet art?

R. P. V.: Avec mon art, je peux changer l'humeur de quelqu'un. Je ne suis pas le genre d'artiste à re-sculpter le visage de quelqu'un mais, mieux encore, j'accentue la beauté que cette personne possède déjà. Cet art m'aide à offrir la confiance, le sex-appeal, l’amour de soi et de l’admiration à mes clients. Lorsque mes clients voient leur look final et louent mon travail, je me sens comblée, je me sens appréciée et je sais que j'aurai contribué d’une manière ou d’une autre à mettre un sourire sur le visage de cette personne.

L. N.: Est-ce un travail lucratif, spécialement ici en Haïti?

R. P. V.: Au début, j'ai eu beaucoup de mal. Personne ne me connaissait et en réalité les gens étaient sceptiques ou même réticents à me donner un essai. J'ai dû ouvrir une page commerciale sur IG et montrer des images de session avant et après les tournages juste pour leur donner un coup de pouce dans ma direction. Je pense que c'était une bonne idée et que ça a fonctionné dans le bon sens. Je dirais aussi qu'il y a des saisons hautes et des saisons basses. Je peux passer des semaines sans aucun client comme je peux passer des semaines où j’essaie tant bien que mal de faire du temps pour les clients à toute heure de la journée. Il y a des jours tellement remplis que parfois je dois renvoyer quelques personnes ailleurs parce que je suis sur-demandée. Donc parfois c’est très rentable comme carrière mais pas sur toute l'année.

L. N.: Est ce qu’il y a un maquilleur haitien qui vous inspire?

R. P. V.: J’ai eu la chance de voir évoluer beaucoup de maquilleurs et maquilleuses ici en Haïti. Je pense que nous sommes tous très différents les uns des autres donc je ne peux pas vraiment dire qu’il y a un ou une qui m’inspire particulièrement. Je pense plutôt que j’ai mon propre style et qu’eux, ils ont leurs domaines d’expertise pour lesquels je les applaudis.

L. N.: Ou comptez-vous arriver avec ce métier? Quels sont vos projets futurs comme maquilleuse?

R. P. V.: Pour être parfaitement honnête, pour moi le maquillage était un passe-temps que j’ai pu transformer en activité professionelle. Je ne me vois pas nécessairement le faire le reste de ma vie mais pour l’instant je vais avec les vagues. Qu’elles me transportent là où bon leur semble!

Le National: Quels sont vos conseils pour les jeunes qui veulent se lancer dans ce milieu?

Raquel Patricia Vaval :Si vous aimez quelque chose, lancez-vous! N'écoutez pas les gens qui vous diront que ce n’est pas une carrière. N'arrêtez jamais d’apprendre, les techniques de maquillage évoluent sans arrêt et vous devrez évoluer aussi. Mais surtout, amusez-vous et laissez votre imagination vous guider sans retenue!

Propos recueillis par:
Soraya Louis




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