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La discrimination raciale, un mal persistant

La discrimination raciale, un mal persistant



À l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, le 21 mars dernier, le professeur belge Jacques d'Adesky a fait paraître un article rappelant la discrimination dont sont victimes les Noirs de par le monde. Auteur de livres et d'articles sur le racisme, cet intellectuel pointe du doigt ce « mal persistant », notamment au Brésil, où il professe.

Depuis 1966, le 21 mars est consacré à la lutte pour l'élimination de la discrimination raciale dans le monde. Cette date a été choisie par l'Assemblée générale des Nations unies en souvenir des victimes d'une manifestation pacifique contre les lois de l'apartheid, organisée le 21 mars 1960 dans la ville de Sharpeville, en Afrique du Sud, et violemment réprimée par la police qui avait tiré sur les manifestants sans défense et tué 62 civils.

En 2020, la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale s'est tenue dans le cadre de la Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine (2015-2024), cette dernière ayant été établie par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU basé à Genève. Parmi le nombre total de personnes qui se reconnaissent comme étant d'origine africaine et qui vivent en dehors du continent africain, dispersées dans tous les coins du monde, il y en a plus de 200 millions rien que sur le continent américain. Il faut également prendre en compte la présence de diasporas dans les pays du Moyen-Orient et d'Asie, issues de la traite transsaharienne et transorientale arabo-musulmane. Il y a également des travailleurs africains en Europe, dans une moindre mesure, qui proviennent de flux migratoires récents.

Tous ces groupes diasporiques ont en commun le fait qu'ils sont victimes de diverses formes de discrimination liées à la race, la couleur, la classe, le sexe, la religion et l'origine. Ces types de discrimination s'expriment au niveau social par une diminution des opportunités professionnelles et une moindre représentation dans l'arène politique. Outre cette marginalisation, la discrimination raciale prend des formes parfois voilées et insidieuses, mais aussi visibles, allant de multiples formes d'insultes et d'humiliations individuelles à la haine explicite et à la violence brutale.

Selon l'IBGE (Instituto Brasileiro de Geofrafiae Estatística), les personnes d'origine africaine et les populations autochtones constituent les groupes les plus pauvres et les plus marginalisés du Brésil. Malgré les progrès réalisés au cours des premières décennies de ce siècle, les personnes noires et de couleur continuent d'avoir un accès limité à une éducation de qualité, à des services de santé adéquats, à des installations sanitaires de base, etc.

Sans aucun doute, les politiques publiques d'action positive mises en œuvre dans le pays depuis 2001 ont permis un accès plus équitable à l'enseignement supérieur pour les étudiants noirs. Ces progrès sont le reflet d'une révolution silencieuse qui permet non seulement aux étudiants noirs d'occuper l'espace universitaire de manière moins inégalitaire, mais qui génère également de plus grandes attentes. Les campus universitaires finissent par devenir un miroir positif pour la jeunesse noire, indiquant de nouvelles voies de mobilité sociale qui étaient pratiquement fermées jusqu'alors.

Les progrès réalisés dans le domaine des politiques de discrimination positive au cours de ces deux décennies du XXIe siècle nous permettent d'entrevoir la consolidation d'une classe moyenne noire, ainsi que la montée d'une élite socio-économique. Mais le meilleur accès de la population noire à l'enseignement supérieur ne doit pas servir de paravent pour masquer les nombreuses inégalités qui continuent d'imprégner la vie quotidienne de cette population. On constate ainsi que, bien qu'ils constituent plus de la moitié de la population brésilienne (53,6 %), les noirs, les mulâtres (pretos) et les quarterons (pardos) présentent des taux d'analphabétisme deux fois plus élevés que ceux enregistrés parmi le reste des habitants, en plus de recevoir les salaires les plus bas et d'être les plus touchés par le chômage.

À l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, nous considérons, en dernière instance, que la discrimination raciale et sa « base idéologique » peuvent être éliminées à jamais dans le monde par une large diffusion des preuves scientifiques qui ont déjà établi que les théories sur l'existence des races humaines n'ont aucun fondement. Une éducation éclairée peut enseigner que l'apport multiculturel européen, africain et amérindien (indigena) est identifié comme un bien culturel commun, qui exprime la richesse de la diversité et des représentations et cosmovisions du pays.

Jacques d'Adesky*
21 mars 2021

N.D.L.R.
* Jacques d'Adesky est professeur invité au programme de troisième cycle en sociologie et droit, Faculté de droit de l'Universidade Federal Fluminense (UFF) de Niteroi (Rio do Janeiro). Ce texte paru dans l'un des plus importants journaux du Brésil, « O Globo », a été traduit par logiciel informatique.




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