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Haïti / Crise politique: La note de rappel du Core group

Haïti / Crise politique: La note de rappel du Core group








« On remplace des dirigeants par les élections », c'est le message que vient de lancer le Core group au peuple haïtien au moment où les citoyens réclament le départ de Jovenel Moïse du pouvoir. Tout en déplorant les pertes matérielles et en vie humaine, ce groupe des pays «amis» d'Haïti invite la population à abandonner la voie de l'instabilité et à prendre la route du dialogue et des élections.



« On remplace des dirigeants par les élections », c'est le message que vient de lancer le Core group au peuple haïtien au moment où les citoyens réclament le départ de Jovenel Moïse du pouvoir. Tout en déplorant les pertes matérielles et en vie humaine, ce groupe des pays «amis» d'Haïti invite la population à abandonner la voie de l'instabilité et à prendre la route du dialogue et des élections.
Le Core group est ferme sur sa position. « C'est par les élections qu'on remplace un dirigeant et non par la violence », déclarent ces représentants de la Communauté internationale en Haïti, comme pour manifester leur bonne volonté d'aider à résoudre la crise. Pourtant des pays de ce groupe, dont le Brésil et le Canada, également membre du groupe de Lima qui lutte pour une sortie pacifique au Venezuela, appellent l'armée à se ranger aux côtés de Juan Guaido, pour renverser Nicolas Maduro, président démocratiquement élu. Ce qui porte à considérer que, d’après les normes instaurées par les puissances hégémoniques, le changement démocratique ne nécessite pas toutes les fois des élections, selon les intérêts à défendre.

Aujourd’hui, la situation en Haïti ne se résume pas à de simples élections. C’est un peu plus compliqué. Il y a tout un système à reconsidérer. Cette démocratie imposée en Haïti depuis plus de 30 ans ne va pas dans l’intérêt du peuple haïtien. Ces pays qui forment le Core group semblent oublier que la démocratie dans toutes ses acceptations exige l'existence et le libre exercice de certains droits fondamentaux individuels et collectifs, sans lesquels aucune démocratie, quelle qu'en soit la forme, ne peut exister. Quand dans un régime ou un système démocratique, le droit à la vie, la liberté, la propriété, l'éducation, la nourriture, le logement, la non-discrimination, etc., ne sont pas respectés, il est difficile de parler de démocratie, de continuer à soutenir ce régime ou même d'empêcher à la population à se rebeller.

Le système est aujourd’hui insoutenable. La population a envie de vivre comme des humains, mais la bourgeoisie, soutenue par une range de l’élite intellectuelle et cette même Communauté internationale, qui tient cette population dans la crasse et la misère. Haïti est l’un des pays les plus corrompus de la planète. Être le principal allié des États-Unis et du Canada, les deux plus grandes puissances du continent américain, n’empêche pas à Haïti d’être le pays le plus pauvre du continent américain. En récompense à sa loyauté envers les Américains, le président Donald Trump, l’a traité de pays de merde, l’expulse des grandes réunions avec ses alliés, et menace de temps en temps de déporter ses ressortissants.

L’insupportable misère noire en Haïti conduit au soulèvement des citoyens qui manifestent tous les jours pour renverser ce régime qui protège les petro-dilapidateurs. Et ces manifestations anti-gouvernementales virent toujours à l’affrontement entre les manifestants et les forces de l’ordre, composés des citoyens de la masse certes, mais qui ne peuvent faillir à une mission de protection des vies et des biens de ceux qui en possèdent. L’appui du Core group pour le jugement et la condamnation des petro-dilapidateurs serait la bienvenue, mais cette communauté a, semble-t-il, d’autres intérêts plus intéressants à défendre. Sans avoir la prétention défendre les éventuelles dérives de Nicolas Maduro, ces puissances hégémoniques doivent savoir que soutenir un coup d’État contre celui-ci, en tentant par la même occasion de couvrir les erreurs commises par Jovenel Moise, un président deux fois indexé dans des rapports sur le crime financier, est contre la décence.

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