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Plus de 40 ans en Haïti : l’AFD fait le bilan de ses activités et met en relief le Projet SECAL

Plus de 40 ans en Haïti : l’AFD fait le bilan de ses activités et met en relief le Projet SECAL








Le mardi 6 novembre 2018, l’Agence française de développement (AFD) a organisé une conférence-débat sur ses 40 ans d’activités en Haïti à l’Alliance française des Cayes. Elle en a profité pour faire un bilan de ses activités dans le pays, en présentant d’une part un ouvrage sur ses 40 ans d’activités, et en faisant d’autre part une mise au point sur SECAL, un projet de sécurité alimentaire cofinancé par l’Union européenne.

L’AFD est le principal opérateur français de l’aide publique au développement. Présente en Haïti depuis 1975, elle intervient dans différents secteurs tels que : l’éducation, la gouvernance, le développement rural et urbain. Lors de la célébration en 2016 de ses 40 ans de présence en Haïti, l’AFD a lancé la rédaction d’un ouvrage sur l’ensemble des projets qu’elle a appuyé depuis son installation. Paru en 2018, ce livre a été présenté le mardi 6 novembre 2018 à l’Alliance française des Cayes sous le titre : « l’Histoire de l’AFD en Haïti/à la recherche de la juste distance ». Édité chez Kartala, ce texte est le fruit d’un an et demi de travail de M. François Pacquement, chargé de mission Histoire et Réflexion stratégique à l’AFD, et de Mme Margaux Lombard, consultante, a fait savoir M. Yannick, chargé de projets à l’AFD en Haïti. Deux autres conférences-débats se sont tenues au Cap-Haïtien et au Collège Catts- Pressoir à Port-au-Prince, la même semaine.

Mme Anna Lipchitz, directrice de l’AFD en Haïti, et les deux auteurs du livre se sont intervenus au cours de la conférence qui a duré deux heures. Ils ont fait la synthèse des interventions de l’AFD en Haïti tout en rappelant les changements de dénomination et de fonction de l’Agence au cours de ces quarante années : elle s’appelait au départ la Caisse centrale de Coopération économique, puis la Caisse française de développement, et enfin l’Agence française de développement. Les changements d’approche ont été évoqués, l’octroi de prêts se muant à partir de 2015 en dons et subventions pour le financement des projets portés par l’État. Les projets financés par l’AFD concernent en priorité les secteurs sociaux (santé, éducation) depuis la venue du président François Hollande, en mai 2015. En 2016, Haïti est devenu éligible au statut de pays prioritaire de l’aide publique française au développement, une évolution qui s’accompagne d’un nouvel axe stratégique de financement : la gouvernance.

Mme Anna Lipchitz a, par ailleurs, profité de la conférence pour souligner la performance du projet SECAL : un projet de sécurité alimentaire mis en place par la Direction départementale agricole du Sud (DDAS) et la Direction des infrastructures agricole (DIA) dans l’Ouest et l’Artibonite. Le budget global du projet est de 20,96 millions d’euros, et il est cofinancé par l’AFD et l’Union européenne. Les deux bailleurs de fonds ont réalisé pour l’occasion une mission conjointe de suivie sur le terrain avec la DDAS qui coordonne le projet. Des infrastructures hydro-agricoles, construites/réhabilitées dans le cadre du projet, ainsi que des ateliers de transformation du maïs ont été visités. Le projet SECAL vise à lutter contre l’insécurité alimentaire dans le département du Sud en intervenant sur des filières bien ciblées : le maïs, le haricot, l’arachide, le pois d’Angole et les caprins. Il intervient sur l’ensemble d’une filière, de la recherche à la commercialisation en passant par l’appui à la production, au moyen d’un programme de subventions.

Ce projet entre dans le cadre stratégique d’intervention de l’Union européenne en Haïti qui vise à réduire l’insécurité alimentaire. L’Union européenne a en effet financé plusieurs projets, tels que le Programme d’amélioration de la Sécurité alimentaire en Haïti (PASAH) qui a été clôturé en 2016, et qui intervenait dans les départements du Nord-ouest, du Nord-est, du Sud et de l’Artibonite.

Le coordonnateur du projet SECAL, M. Jean Matus Lucien présent lors du débat, a fait part au public de son expérience.

Les résultats du projet SECAL

L’insécurité alimentaire reste présente en Haïti. Dans un rapport publié en janvier 2018, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estimaient à 1.3 million le nombre d’Haïtiens menacés par l’insécurité alimentaire, c’est-à-dire qui ont un accès limité ou incertain à des aliments sains et nutritifs.

Cependant, plusieurs résultats sont déjà palpables dans le cadre du projet démarré en février 2013. Si M. Lucien pense qu’il est encore possible d’améliorer certaines activités, il se dit toutefois satisfait des retombées globales du projet : « Il faut rencontrer les bénéficiaires pour un bilan plus détaillé, mais on peut déjà constater des améliorations concrètes dans la vie de ceux qui ont bénéficié directement ou indirectement du projet, lequel va sans doute avoir un impact sur la production nationale. »

Afin de supporter la production végétale, outre la rénovation de la prise d’Avezac à Camp-Perrin, 3,6 km de canal tête morte et 17,4 km de canaux primaires ont été réhabilités, tandis que 9,61 km ont été construits lors de la première phase des travaux. Au cours de la deuxième phase, pas moins de 13 km de canaux secondaires ont été réhabilités. Une troisième phase des travaux qui concernent le confortement de l’amont de la prise et la réhabilitation et construction d’environ 10 km des canaux secondaires est en cours. En ce qui concerne l’appui à la production, dix campagnes agricoles ont reçu l’appui du projet dans la plaine des Cayes. Sur une superficie se situant entre 500 et 1 500 ha par campagne, des cultures telles que le maïs, le haricot, l’arachide, le pois d’Angole et le petit mil ont obtenu le soutien du projet. Par ailleurs, 26 721 coupons pour l’achat de services de labourage, de semences et de fertilisants ont été distribués. Selon le coordonnateur du projet, le nombre de bénéficiaires s’élève de 1 000 à 2 700 personnes par campagne. Cet appui a permis de doubler le rendement du maïs passant de 1.2 TM à plus de 2,5 TM par ha en moyenne et d’avoir une augmentation d’environ 40 % du rendement haricot.

Pour stocker les produits agricoles, deux centres de stockage ont été construits : l’un à Ducis et l’autre à Tuffet, respectivement dans les communes de Torbeck et des Cayes. Par ailleurs, en vue d’encourager l’achat des produits agricoles locaux et de soulager du même coup les ménages, un premier lot de 250 TM de maïs sur environ 800 TM a été acheté pour être distribué aux cantines scolaires. Parallèlement, dans l’objectif d’appuyer la recapitalisation des exploitations agricoles, fortement frappées par le cyclone Matthew, près de 4 000 caprins sont en cours de distribution à 2 000 ménages dans 6 communes de la côte sud du pays.

Aux dires du directeur de la DDAS, M. Marcelin Aubourg, le projet SECAL est bénéfique pour la région à bien des égards : « D’une part, en facilitant l’accès à l’eau aux producteurs, SECAL a pu agir positivement sur l’augmentation de la production et dans une certaine mesure, répondre au problème de sécurité alimentaire ; d’autre part, la mise en oeuvre du projet a créé de nombreux emplois directs et indirects. » Il a manifesté le souhait que d’autres régions puissent bénéficier de ce genre d’appui indispensable pour le développement du secteur agricole.

Le projet qui devait initialement durer cinq ans a été prolongé d’une année à cause du passage de l’ouragan Matthew qui a causé d’énormes dégâts dans le département du Sud, a informé M. Jean Matus Lucien.

Rappelons que dans le cadre de ce projet, l’AFD bénéficie de fonds délégués par l’Union européenne, mis ensuite à disposition du Gouvernement d’Haïti pour le projet SECAL.

Patrick Erwin Michel



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