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La montée du dollar américain affecte en grande partie les employés payés en gourde

La montée du dollar américain affecte en grande partie les employés payés en gourde








Pendant ces derniers mois, la gourde ne cesse de perdre sa valeur par rapport au dollar américain. Selon le taux de change de la Banque de la République d’Haïti (BRH), pour ce mardi 27 novembre 2018, il vous faut environ 74 gourdes pour un dollar américain. Une situation qui affecte toutes les couches de la société, notamment la classe dite « moyenne ».

De 2011 à nos jours, le taux de change est passé de 40.27 à environ 74 gourdes pour un dollar. À plusieurs reprises, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a injecté des millions de dollars sur le marché local pour faire apaiser la chute de la gourde par rapport au billet vert. En dépit de diverses interventions de l’État central pour stopper cette « hémorragie », la gourde ne cesse de se déprécier face aux monnaies étrangères. Cela affecte toutes les couches du pays.

La majorité des gens constituant le salariat dans le pays a un salaire en gourde. Lequel salaire ne vaut presque rien, vu que la majorité des produits proviennent de l’extérieur et que le dollar américain gagne de l’altitude sur le marché local. Ce constat est patent. Il fut un temps qu’un salaire de 10 000 gourdes représentait 200 US, maintenant ce n’est plus le cas. Certains employés rencontrés par la rédaction du Journal Le National ont réagi face à cette situation.

Alténor Légrand Irvelino est un enseignant en classe de secondaire âgé environ d’une vingtaine d’années, a fait savoir que cette dépréciation « spectaculaire » de la gourde par rapport au dollar américain a une grande conséquence sur son train de vie compte tenu de l’état de son salaire qui n’a pas bougé. « Avant cette dégringolade de la monnaie locale mon salaire mensuel en gourdes valait presque 200 dollars US, aujourd’hui cela représente moins de 150 dollars US. Les prix des produits de première nécessité augmentent de jour en jour et mon salaire reste inchangé » a déclaré le jeune professeur.

Plus loin, ce jeune pense que l’État peut mettre fin à cette dépréciation « exagérée » de la gourde. À cet effet, Alténor Légrand Irvelino croit que le gouvernement en place doit favoriser la production nationale. « On ne peut pas fonctionner dans un pays où la majorité des produits consommés sont venus de l’extérieur », a-t-il déploré, soulignant que L’État central doit travailler pour rehausser la production locale, notamment le secteur agricole, les artisans afin que notre monnaie soit appréciée par rapport au dollar.

Mackenson « nom d’emprunt » qui travaille comme responsable de suivi et d’évaluation dans une entreprise de la capitale, de son côté pense que la montée du dollar sur le marché local empêche les gens qui ont leur salaire en gourde d’acheter des choses à l’étranger. « Pour acheter des produits à l’échelle internationale, il vous faut des dollars », a indiqué ce jeune garçon d’une trentaine d’années. Il a en outre ajouté que la monnaie nationale perd sa valeur considérablement même par rapport à la monnaie du territoire voisin. Pour lui, cette situation devrait interpeller tout le peuple haïtien.

La dépréciation a affaibli considérablement le pouvoir d’achat de ces employés. Un avis partagé par l’économiste Eddy Labossière. « Pendant que la gourde se déprécie, le pouvoir d’achat des employés qui perçoivent un salaire en gourde se détériore comme une peau de chagrin », a évoqué le professeur Labossière. Pour lui, la population haïtienne n’est pas mesure de supporter un taux de change de 100 gourdes pour un dollar US. Pour éviter le pire, en ce sens, il appelle les autorités étatiques et la société civile à prendre leur responsabilité.

À titre de rappel, en mars dernier, le pouvoir en place avait pris un arrêté faisant obligation aux entreprises locales de libeller dans la monnaie nationale pour empêcher la dégringolade de la gourde. À cause du non-respect de cette décision, l’administration Moïse/Céant est forcée de rentrer cet arrêté. Une décision critiquée par plusieurs économistes du pays.

À quelques jours de la fête de fin d’année, vu la montée du dollar, l’on se demande si cette année la population sera en mesure de connaitre des jours festifs.

Cluford Dubois



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