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Les États-Unis s’intéressent à l’autonomisation économique des femmes haïtiennes

Les États-Unis s’intéressent à l’autonomisation économique des femmes haïtiennes








Sous l’initiative de l’Ambassade américaine en Haïti, plusieurs femmes entrepreneures ont réalisé un atelier de formation dans le cadre des seize jours de sensibilisation de la lutte contre la violence faite aux femmes. Cet atelier, réalisé le jeudi 29 novembre 2018, a réuni des femmes venues de diverses organisations et régions de la capitale.

Devant un parterre d’invités, les panélistes Mme Isabelle Laguerre Mevs, Mme Daniella Jacques Penn, Mme Magalie Dresse, Mme Christelle Chignard Paul devaient participer à cet exercice de partage d’expériences. Phelicia Dell, dans le rôle de modérateur, s’assurait que les questions et réponses puissent satisfaire tout le monde. D’entrée de jeu, elle eut à rappeler la réalité quotidienne des femmes haïtiennes dans leur lutte pour une indépendance économique.

Initiatrice de cette série d’activités de 16 jours de sensibilisation, l’ambassadeur des États-Unis en Haïti, Michele J. Sison, a souligné l’importance de l’autonomisation des femmes pour son pays et indique que leur intégration économique est un objectif central de développement et fondamental pour atteindre l’autonomie. « Trop souvent et dans bien trop d’endroits dans le monde, les voix et les expériences des femmes restent inouïes ou ignorées. Elles sont sous-représentées dans les couloirs du pouvoir politique et économique, et surreprésentées dans la pauvreté », estime la diplomate américaine. Confiante, elle exprime son voeu de voir une nouvelle génération de femmes entrepreneures en Haïti.

Elles sont unanimes à reconnaître qu’en Haïti, comme dans beaucoup d’autres pays du monde, les femmes mènent une lutte quotidienne pour leur indépendance économique. Les panélistes estiment que l’accès au crédit, l’accès au marché, la disponibilité des matières premières sont autant d’obstacles au développement des entreprises. Un combat difficile pour les organisations de femmes qui demandent des changements en leur faveur dans le fonctionnement de l’État. Daniela Jacques Penn, présidente de la Chambre de commerce des femmes entrepreneures, se dit consciente des obstacles auxquels font face les membres de la chambre. Elle conseille aux femmes de se mettre ensemble, de se faire confiance.

Pour Magalie Dress, présidente de la Caribbean Craft, la peur est un sentiment à repousser. Elle encourage les femmes à se former davantage tout en leur rappelant que la détermination et la discipline sont des attitudes porteuses de réussite. Des conseils qui vont dans le même sens pour Christelle Chignard Paul qui invite les femmes à saisir les opportunités. « Le marché est encore intouché », admet-elle. Pour la présidente d’Atelier Calla, les femmes, qui représentent plus de la moitié de la population haïtienne, sont « l’une des principales richesses d’Haïti », et doivent être soutenues, être autonomes économiquement, pour « permettre de jouer pleinement le rôle central qui est le leur dans le développement durable d’Haïti ».

En Haïti, les femmes occupent une place importante dans l’économie du pays. En effet, plus de 50 % d’entre elles exercent une activité économique, principalement dans le commerce, la vente, le transport, l’hôtellerie, les services communautaires et l’agriculture. Ce taux est le plus élevé de l’Amérique latine et les Caraïbes, selon les Nations unies.

Mais nombre d’entre elles se cantonnent au secteur informel. Ce sont notamment celles que l’on appelle communément les « marchandes », vendant sur les trottoirs et les marchés, des biens alimentaires et de première nécessité.

En ce qui concerne le monde du travail, la précarité de l’emploi est l’un des éléments qui a contribué à une féminisation de la pauvreté en Haïti, puisque les femmes reçoivent des salaires inférieurs à ceux des hommes, travaillent plus dans le secteur informel, sans droit à la sécurité sociale (55,9 %), et sont moins représentées dans les emplois formels (30 %). Il est, en effet, crucial de promouvoir le partage des responsabilités dans le ménage et la famille et de valoriser les travaux domestiques non rémunérés. De plus, l’égalité entre les sexes dans le monde du travail est une condition pour avancer vers le développement durable.

Hansy Mars



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