S'identifier Contact Avis
 
30.43° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
Le projet de budget 2018-2019 n’est ni crédible ni sincère, selon Etzer Émile

Le projet de budget 2018-2019 n’est ni crédible ni sincère, selon Etzer Émile








« Le projet de budget 2018-2019 du gouvernement Jean Henry Céant est un projet de loi de finances déficitaire. Il n’est ni crédible, ni sincère, ni transparent ni au service de la population ». C’est ce qu’a révélé l’économiste Etzer Émile, ce mercredi 19 décembre 2018, lors de la présentation d’une analyse approfondie faite par la firme de consultation de « Haïti Efficace » et du « Groupe d’éducation économique et financière (GEEF) » autour dudit document de projet soumis au Parlement.


Après le dépôt du projet de Finances 2018-2019 au Parlement, des débats houleux se poursuivent dans la société haïtienne. Le fait que le budget d’investissement est inférieur par rapport au budget de fonctionnement et les choix faits par le Gouvernement de diminuer l’enveloppe budgétaire du secteur social dans ce projet de budget 2018-2019 dans cette version ont provoqué de vifs échanges. Des institutions comme la firme de consultation Haïti Efficace et le Groupe d’éducation économique et financière (GEEF) croient que le projet de loi de finances 2018-2019 présenté ressemble à un document comptable (entrée et sortie) parce qu’il est élaboré seulement pour effectuer des dépenses. « C’est un budget de dépenses, il n’est pas un budget de programme », a fait savoir le PDG de Haïti Efficace, Etzer Émile. Puis, il a mentionné que le projet de budget déposé au Parlement n’a pas respecté le cycle budgétaire.

L’étude faite par cette firme montre que les prévisions de revenus trop optimistes, non atteignables confirment un budget déficitaire au départ. Le déficit budgétaire risque de toucher les 30 milliards de gourdes. « Les prévisions de recettes sont trop optimistes, car au niveau des recettes, le projet de budget 2018- 2019 propose une collecte ambitieuse des organismes de perception avec un taux d’accroissement de 44 % par rapport à l’encaissement effectif de 2017-2018 ».

Toujours selon ce document d’analyse, les prévisions de recette à travers le projet de budget sont hypothétiques. « Les recettes douanières de 20,4 milliards à 35,5 milliards soit 74 %. Les recettes des entreprises publiques de 3 milliards de gourdes sont hypothétiques ». Etzer Émile souligne que les prévisions de financement interne sont presque doublées, elles sont passées de 16 milliards à 29 milliards de gourdes.

« Les dons de 29 milliards ne sont pas atteignables vu les faibles promesses. Les prévisions de dépenses sont hypothétiques vu que les rentrées sont incertaines. Les prévisions de croissance sont hypothétiques (2.8 %) vu la performance des 4 dernières années », soutient l’auteur du livre « Haïti a choisi de devenir un pays pauvre » tout en disant que le budget n’est pas au service de la croissance et de l’emploi. « Pas de programme de stages dans le secteur public pour les jeunes ; pas d’infrastructures sollicitant une forte main-d’oeuvre pour booster la création d’emplois ; choix de projets sous l’influence des parlementaires qui ne sont pas nécessairement opportuns et le plus souvent non accompagnés de l’étude de préfaisabilité ».

Un budget qui ne renforce pas suffisamment les institutions de lutte contre la corruption

• Baisse du budget de la CSC/CA : passant de 1,6 milliard à 1,3 milliard (baisse de 23 %) ;

• Certes, une augmentation pour UCREF de 65 à 74 millions de Gdes, mais reste très marginal ;

• ULCC : 184 millions à 244 millions soit 32 %

Qui n’est pas transparent

Budget d’investissement ?

Recettes des entreprises publiques

« Autres interventions publiques » qui ne sont pas ventilées

Ventes de services des ministères (MAE, MCI, MENFP) ?

Qui n’est ni citoyen ni participatif

Le citoyen n’a pas été au centre du montage et n’a pas participé au processus de l’élaboration du budget.

Qui n’est pas innovant

• On reprend les mêmes ossatures ;

• Les mêmes réflexes ;

• La rupture n’est pas de mise ;

• L’État de service, générateur de croissance et de richesse n’est toujours pas au rendez-vous ;

• Budget attaché au PSDH ?

Qui n’est pas conforme aux procédures

Comme le veut la loi :

• L’introduction de la pluri annualité dans la gestion budgétaire à travers l’élaboration de nouveaux documents accompagnant la loi de finances : le Document de programmation budgétaire et économique ; pluriannuelle et le Document de programmation pluriannuelle des dépenses ?

• Déposer au Parlement sans la loi des règlements de l’année n-2.

Budget de dépenses

• Budget programme ? L’annexe qui devrait contenir les programmes n’est pas encore publiée ;

• L’outil actuel que constitue le « budget programme » est conçu avec des impératifs relevant autant d’un souci de contrôle que d’une volonté d’efficacité.

Autres faits à signaler :

• Réduction du budget du Parlement (5,9 milliards contre 7,19 milliards l’année dernière) ;

• Le service de la dette a augmenté de manière substantielle (50 %) ; pour atteindre les 21,5 milliards de gourdes, soit 12 % de l’enveloppe totale ;

• Salaire et traitement augmenté de 14 % (41,9 milliards à 49,8 milliards) qui tiennent compte de 3,7 milliards relatifs à l’ajustement du salaire minimum ;

• Les droits pour les passeports, matricules et contraventions sont restés inchangés donc on a gardé leur niveau de l’année dernière ;

• Les activités électorales sont prévues à 3 milliards de gourdes au niveau des interventions publiques ;

• Réduction des dépenses au personnel consulaire et diplomatique à l’extérieur de 1 milliard de gourdes ;

• Baisse au niveau du budget de fonctionnement de la Présidence de 160 millions de gourdes ;

• Baisse au niveau du budget de fonctionnement de la Primature de 241 millions de gourdes ;

• Baisse au niveau du budget de fonctionnement du ministère de l’Intérieur de 308 millions de gourdes ;
• Augmentation de la PNH de 750 millions de gourdes ;

• Réduction de près de 4 milliards de gourdes du budget de MENFP (du notamment au retrait de plusieurs bailleurs dans ce secteur). Peut-on parler quand même de budget social ? 41 % du budget affaires sociales, 2,32 milliards à 3,28 % ;

• Augmentation de Santé publique. Le budget a plus que doublé pour passer
5,6 à 12,13 milliards.

Peterson Jean Gilles



Articles connexes


Afficher plus [2189]