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En 2018, l’économie haïtienne s’est effondrée

En 2018, l’économie haïtienne s’est effondrée








De janvier à décembre 2018, on constate qu’à travers les rapports rendus publics par les institutions nationales et internationales, tous les indicateurs économiques sur Haïti sont au rouge. Pas d’investissement public, pas de production nationale et la gourde décroît de jour en jour.

Haïti, le premier pays noir indépendant du monde qui avait impressionné l’humanité dans les années antérieures, est, depuis des décennies, trainée dans la boue par ses dirigeants compte tenu de la mauvaise gouvernance du système en place. La corruption fait rage dans les institutions publiques, l’absence d’investissement public entrave les bonnes conditions de vie de la population, la faible production nationale engendre la faim et la pauvreté, la monnaie nationale qui continue à perdre sa valeur face au billet vert fait accroître le taux de l’inflation et les catastrophes humaines enregistrées au cours de l’année sont venues aggraver une situation qui était déjà précaire dans le pays.

En 2018, la gourde est frappée de plein fouet par le dollar américain. De janvier 2018 au 27 décembre 2018, la gourde est passée de 63.20 gourdes à 77.54 gourdes pour 1 dollar américain. Face à cette chute de la gourde, durant toute l’année, des économistes haïtiens comme Camille Charlmers, Etzer Emile, Kesner Pharel, Benel Saint-Juste, Eddy Labossière, entre autres, n’ont pas cessé de monter au créneau pour alerter les dirigeants du pays autour de cette crise qui s’y plane. Ces économistes croient que l’Exécutif doit se convertir en un État responsable et prendre des mesures appropriées afin de freiner cette dépréciation accélérée de la monnaie locale en créant des conditions pour que le secteur porteur de l’économie puisse contribuer réellement à l’accroissement du PIB.

En janvier 2018, 1 USD était égal à 63.20 gourdes. En février, ce même montant est passé à 64.32 gourdes. Pour le mois de mars 2018, il est passé à 64.38 gourdes. En avril dernier, le même montant a connu une baisse par rapport au mois de mars. Il est passé de 64. 38 pour chuter à 63.74 gourdes. Mai 2018, pour se procurer d’un dollar américain il fallait 64.17 gourdes. En juin de cette même année, 1 dollar américain s’échangeait contre 65.24 gourdes. En juillet, le taux de change est passé à 65.93 gourdes. Août 2018, un dollar était égal à67. 97 gourdes. Le mois de septembre, il est passé à 69.76 gourdes. Puis, en octobre et novembre, il est passé respectivement de 72.79 et 73.73 gourdes. En janvier 2019, l’on se demande de combien la gourde va encore perdre de sa valeur.

Marchés incendiés

Durant l’année 2018, plusieurs marchés ont été incendiés dans la capitale haïtienne. Dans la nuit du 12 février 2018, un incendie a dévasté le marché en Fer. Ce marché, reconstruit par la Digicel en 2011 pour un montant de 18 millions de dollars. En moins d’une semaine, soit le 18 février 2018, un autre incendie s’est déclenché à Port-au-Prince. Cette fois-ci, c’est le marché de textile qui a payé les pots cassés de l’irresponsabilité des autorités étatiques. Dans la nuit du 11 juin 2018, un nouvel incendie a éclaté dans le marché du Port. Ces dégâts enregistrés affectent en grande pompe l’économie haïtienne qui connait déjà un déficit assez lourd.

Émeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018

Les pertes et dommages survenus lors des émeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018 ont causé beaucoup de tort au secteur économique. Le commerce, le secteur d’hôtellerie, qui contribuent en majeure partie au PIB du pays, n’ont pas pu atteindre leurs objectifs durant cette année à cause des soulèvements populaires. 89 entreprises, dont 84, du secteur privé et 5 du secteur public ont été pillées lors de ces journées d’émeutes. Selon les spécialistes en économie, ces mouvements ont entrainé davantage des conséquences assez considérables dans la situation économique jadis boiteuse. Dans un article, selon le professeur Etzer Emile, ces actes de pillage, de casses ont causé des pertes énormes au pays. Ce jeune économiste a laissé croire que ces genres de choses baissent le taux de la croissance à des milliers de dollars perdus pendant l’événement. Toujours de l’avis de M. Émile, durant l’année 2018, l’État a enregistré des pertes énormes au niveau de la perception des taxes, car, dit-il, les pertes d’emplois directs et indirects s’estiment à des milliers de personnes.

Magasins vandalisés

Lors des journées des émeutes et des journées de grèves observées dans le pays récemment, plusieurs magasins principalement dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince et des villes de province ont été vandalisés. Ceux-ci ont contribué à l’augmentation de l’inflation, la rareté de certains produits sur le marché local et l’augmentation du taux de chômage. De ce fait, certaines de ces institutions commerciales se sont vues dans l’obligation de fermer leur porte et de renvoyer leurs employés dans leurs demeures respectives. Quant aux hôtels, le constat n’était pas différent. Certains hôtels, notamment Marriot, Oasis et Best Western ont subi des attaques de toutes sortes.

En 2018, la Caravane du changement de Jovenel Moïse était en panne de changement

Lancée en mai 2017 par le président de la République, la Caravane du changement n’a pas pris la route du changement. Comme l’aurait voulu le chef d’État, à travers la Caravanne, qui souhaite jusqu’à date mettre ensemble toutes les ressources naturelles comme la terre, l’eau, l’air, les hommes, entre autres, et d’aboutir à la réalisation pleine et concrète du développement d’Haïti. Pour l’année 2018, l’on peut parler d’échec en ce qui concerne ce programme. Du point de vue agricole, elle a laissé un mauvais souvenir aux cultivateurs de l’Artibonite. Ces derniers ont été victimes de l’irresponsabilité de l’État haïtien. Dans un scandale de distribution de semence de riz, entre la Natcom et des parlementaires, ils ont perdu d’importantes récoltes.

Les programmes d’entrepreneuriat lancés

Au cours de l’année 2018, partout où se trouve le président, il a prodigué des promesses. Quand ce n’est pas des promesses d’infrastructures routières, c’est la promesse d’entrepreneuriat jeunesse. Avec son Premier ministre, Jean-Henry Ceant, il avait lancé plusieurs programmes, notamment, « PAPEJ et KREDI ATE PLAT ». En terme de concrétisation de ces programmes, jusqu’à date les jeunes n’ont rien trouvé auprès de l’Exécutif pour démarrer leur PME.

Alors, pour l’année 2019, quelles seraient en termes de perspectives gouvernementales les mesures qui seront entreprises afin de remonter la barre sur le plan économique ?

Peterson Jean Gilles



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