S'identifier Contact Avis
 
25.11° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
2018 en quelques chiffres

2018 en quelques chiffres








Au cours de l’année 2018, le pays a connu des bouleversements qui ont eu des conséquences néfastes sur l’économie du pays. Pour cette année, on a pu constater une baisse continue d’activités économiques au niveau de la production et de la productivité. D’après certaines informations disponibles, l’importation des biens et services pour l’année 2018 a atteint environ cinq milliards de dollars US, et tandis que l’exportation des biens et services a atteint environ un milliard de dollars américains.

La consommation constitue la partie la plus importante du PIB haïtien. Et, elle est trois fois plus élevée que l’investissement en Haïti. Cependant, durant cette dernière décennie, on a enregistré un déficit commercial considérable dans le pays. Selon certaines données, les secteurs les plus importants de l’économie haïtienne sont le secteur des services, notamment commerce, restaurants et hôtels, ainsi que le secteur agricole.

Selon les données fournies par l’Institut haïtien de statistique et informatique (IHSI), malgré les émeutes enregistrées au quatrième trimestre de l’année, les exportations se sont mieux comportées en 2018 qu’en 2017 avec une croissance, en volume, de 2.0 %. En témoigne l’augmentation de 11.3 % des exportations des produits d’assemblage, contre une chute de 5.1 % en 2017.

En effet, pour cette année, les importations des biens et services s’élèvent à environ cinq milliards de dollars américains, tandis que les exportations des biens et services sont estimés à environ un milliard de dollars US. Les chiffres concernant l’exportation, selon certains économistes, prouvent que le niveau de la production du pays est très faible.

De janvier à juin 2018, Haïti n’a exporté que pour 493 millions de dollars. Les États-Unis sont la plus grande destination des produits importés des Haïtiens, soit 85 %. Le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Jean Baden Dubois, a relevé, lors de sa participation à l’émission « Rendez-vous économique » sur la télé Métropole, le 3 janvier 2018, que pour l’année 2017, l’importation des biens et services ont atteint les 4,7 milliards de dollars.

Haïti importe davantage qu’elle exporte, ce qui a pour conséquence un déficit commercial significatif. Le déficit a chuté du fait de la baisse des cours du pétrole et de la dépréciation de la gourde. En 2017, le déficit s’élevait à 2,6 milliards de dollars US, soit le même montant que l’année précédente. De ce fait, les exportations du pays chutent de 5.1 % en 2017.

Hausse des prix produits pour cette fin d’année

L’accélération de l’inflation, la baisse continue du pouvoir d’achat, production et productivité agricole effritée sont parmi les principaux facteurs ayant marqué l’année 2018. Entre autres indicateurs, d’un côté, le taux d’inflation qui se chiffrait en janvier 2018 à 13,2 % pour atteindre la barre de 14,3 % en octobre en 2018.

Selon les chiffres de l’IHSI, les fonctions de consommation dont plus importantes ont vu augmenter leurs prix : produits alimentaires et boissons non alcoolisées (2,1 % sur un mois et 16,6 % sur un an), articles d’habillement et chaussures (1,2 % sur un mois et 15,2 % sur un an), meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer (1,6 % sur un mois et 17,5 % sur un an), santé (1,9 % sur un mois et 20,5 % sur un an) et biens et services divers (1,0 % sur un mois et 15, 0 % sur un an).

Dans son dernier bulletin pour ce mois de décembre, on a souligné que les fabrications de produits alimentaires et de boissons (1.0 %) et celles des textiles, habillements et cuirs (1.4 %), les industries manufacturières ont globalement crû d’environ 1.1 %. Parmi les autres secteurs ayant le plus contribué à la hausse du PIB, on retient le secteur des Bâtiments et Travaux publics (2.1 %) qui a fortement été supporté par les travaux d’infrastructure effectués dans certaines régions du pays. En dépit des événements de juillet, les résultats des trois premiers trimestres ont permis au secteur du commerce de garder la tête sur l’eau avec une hausse de 1.1 %, inférieure toutefois à celle de l’année dernière (1.3 %).

Une faible performance économique pour l’année 2018

L’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), dans son dernier rapport pour l’année concernant les comptes économiques en 2018, que pour l’année de 2018, l’économie haïtienne n’a pas pu atteindre l’objectif de croissance de 3.9 % visé par les autorités au début de l’année, notamment dans la loi de finances de l’exercice fiscal 2017-2018.

« Même la révision, par la suite, de 2.4 % fixée en tenant compte de l’évolution des deux premiers trimestres de l’exercice n’a pas été réalisée. En effet, selon les estimations préliminaires, le Produit intérieur brut (PIB) a crû, en termes réels, de 1.5 %. Une hausse supérieure à celle de l’année dernière (1.2 %), mais, à peine égale au taux de croissance démographique naturelle (1.5 %) », peut-on lire.

Dans cette estimation préliminaire publiée pour ce mois de décembre, on a parlé d’une performance mitigée de l’économie haïtienne pour cette année. Pour l’exercice fiscal 2018-2019, on prévoit un taux croissance de 2.8 %. Cependant, l’État, conscient de la situation sociopolitique très difficile du pays et qui peut même empêcher d’aboutir à ce taux de croissance envisagé pour cet exercice. Le taux de croissance de 2.8 % prévu dans le budget 2018-2019 est contraire aux propos du Premier ministre haïtien, Jean-Henry Céant tenu lors de la présentation de l’énoncé de politique générale au Parlement haïtien. L’actuel locataire de la primature avait prédit un taux de croissance de 4 % pour l’année 2019.

Il importe de souligner que, selon le dernier rapport de la Commission économique de l’Amérique Latine et les Caraïbes (CEPALC), la région caribéenne connaîtra un taux de croissance de 1.2 % pour la fin de l’année 2018. Quant à Haïti un taux de 1.4 % est prévu. À titre de rappel, en octobre dernier, cette organisation a prévu un taux de croissance de 1.3 % pour la fin de 2018 et un taux de 1.8 % en 2019.

Les mesures économiques de l’État haïtien pour l’année 2018 n’ont pas atteint les résultats escomptés

Dans l’idée de remonter la barre, au cours de cette année le Gouvernement en place a pris un ensemble de mesures. Il s’agit des mesures, entre autres, qui visent à renforcer le cadre macroéconomique du pays. Cependant, elles n’ont pas atteint les résultats escomptés.
En février 2018, l’administration Moïse/ Lafontant avait conclu un programme avec le Fonds monétaire international baptisé « staff monitored programme ». À travers cet accord, le FMI avait demandé au gouvernement haïtien de surseoir à certaines subventions accordées, notamment aux produits pétroliers et à l’EDH.

Dans l’exécution de ce programme, en juillet denier, le gouvernement avait choisi de réviser à la hausse l’essence à la pompe. Une décision qui allait créer le chaos dans le pays durant plus de trois jours, à savoir du 6, 7 et 8 juillet 2018. De ce fait, pour calmer le peuple haïtien, le Gouvernement avait été obligé de faire un retrait sur cette décision. Ce qui a détérioré les prévisions pour l’exercice fiscal 2018-2019 dont son premier trimestre s’est terminé par des notes négatives.

Selon certaines données fournies par certains entrepreneurs du pays, plus de mille personnes ont perdu leur emploi dans la zone métropolitaine suite à cet événement. Dans un article publié dans les colonnes du journal Le National titré « le week-end d’émeutes et de pillages, un coup dur pour l’économie haïtienne », dans ce texte des économistes comme Eddy Labossière et Etzer Émile avaient prédit que la croissance économique du pays allait être révisée à la baisse.

En dehors de la décision du Gouvernement en place d’ajuster les prix des produits pétroliers sur le marché local qui est un échec, il y en a d’autres, notamment la dédollarisation de l’économie haïtienne. En effet, en mars 2018, dans l’objectif de freiner la décote de la gourde par rapport au dollar américain, l’État central a pris un arrêté faisant obligation aux entreprises du pays de libeller dans la monnaie locale sur le territoire national. Une disposition violée par la majorité des entreprises du pays. Vu le non-respect de cette mesure, le Gouvernement est obligé de rapporter cet arrêté et la gourde ne cesse de se déprécier par rapport au dollar US. Une décision critiquée par certains économistes du pays. Pour eux, la cohabitation de deux monnaies sur le territoire national fragilise le marché haïtien.

La création d’emploi en Haïti

Selon les données fournies par le coordonnateur général de l’Office management des ressources humaines (OMRH), Josué Pierre Louis, sur environ 11 millions haïtiens, quatre-vingt-deux mille (82 000) personnes travaillent actuellement au sein de l’administration publique. Un chiffre très maigre, selon plus d’un.

Selon un rapport de l’IHSI intitulé « Indice d’emploi », les chiffres montrent qu’il y a une augmentation de 12.3 % d’emplois dans le secteur informel pour le mois de mai de l’année.

Cette augmentation est due grâce aux travaux à haute intensité de main-d’oeuvre créée dans certaines institutions publiques et ONG. Il s’agit surtout d’emplois temporaires. Par contre, dans le même bulletin et pour le même trimestre, on a aussi fait remarquer que dans le secteur privé des affaires, globalement l’IE a chuté de 6 % en glissement annuel.

Cependant, selon le dernier bulletin de l’IHSI, l’investissement global a crû, en volume, de 2.3 % en 2018. « À ce propos, il convient de noter que selon les chiffres publiés dans le Tableau des opérations financières de l’État (TOFE), les montants relatifs aux projets d’investissement public ont quasiment doublé en 2018 avec une hausse de 99 % », a-t-on lu dans le rapport.

Quelques perspectives du MEF pour l’exercice 2018-2019

Le ministre de l’Économie et des Finances (MEF), Ronald Grey Décembre, au moment de son installation, avait annoncé toute une série de mesures visant à aboutir à une réforme des finances publiques. La mise en place d’une plateforme reliant à la fois la DGI, l’AGD, la Direction générale du budget, la Direction de l’inspection fiscale, la Direction du Trésor et de la Comptabilité publique, la Direction des études économiques, le déploiement du nouveau logiciel de gestion de l’impôt dans tous les bureaux, s’avère un impératif indispensable à la poursuite du processus de modernisation de l’administration fiscale, à la mobilisation et à la sécurisation des recettes fiscales, entres autres, aux différentes mesures qu’entend prendre le titulaire du MEF.

Est-ce qu’on peut espérer des résultats probants dans l’économie du pays pour la fin de l’exercice 2018-2019 ?

Cluford Dubois



Articles connexes


Afficher plus [2285]