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Les investissements directs étrangers ont chuté de 72 % en Haïti en 2018

Les investissements directs étrangers ont chuté de 72 % en Haïti en 2018








Comme certains économistes l’avaient déjà évoqué, la hausse spectaculaire des flux d’Investissements directs étrangers (IDE), enregistrée en Haïti en 2017, n’était qu’une hausse spéciale. Les nouvelles données de 2018 le confirment, car ces investissements ont repris leur tendance normale.

En effet, de 2017 à 2018, les Investissements directs étrangers (IDE) reçus par Haïti sont passés d’environ 374 millions à 105 millions de dollars américains, soit une baisse de 72 % en un an, selon les données préliminaires rendues publiques par les autorités monétaires.

Cette baisse spectaculaire des IDE dans l’économie haïtienne en 2018 confirme que les 374 millions de dollars captés en 2017 par Haïti n’étaient pas imputables à une amélioration du cadre macroéconomique, encore moins à une amélioration du cadre des affaires en Haïti, en dépit de la mise en place d’un ensemble de programmes en faveur des secteurs productifs de l’économie.

En 2017, ce record des investissements étrangers était surtout dû à un transfert d’actifs ou d’une acquisition d’une compagnie locale (DINASA) par une compagnie étrangère (RUBIS) à hauteur de plus de 280 millions de dollars. Cette transaction, considérée comme des investissements directs étrangers, n’impliquait pas directement de nouvelles constructions, encore moins la création de nouveaux emplois dans l’économie.

En analysant les données disponibles, on constate qu’au cours de la période post-séisme, soit durant ces neuf dernières années (2010-2018), Haïti a reçu en moyenne 155 millions de dollars par an en investissements directs étrangers. Il s’agit d’une piètre performance, contrairement aux attentes des économistes et comparativement à la moyenne de plus de $ 500 millions par an captés par la Jamaïque, de plus d’un milliard de dollars aux Bahamas et plus de $2 milliards pour la République dominicaine.

Aussi bizarre que cela puisse paraisse, la majeure partie des investissements étrangers captés par Haïti au cours de ces 10 dernières années sont-ils des investissements européens et non des investissements américains. Ainsi, sommes-nous en droit de dire que les investisseurs américains ne sont pas encore trop intéressés au marché haïtien, en dépit des opportunités offertes par le pays dans secteurs productifs et avec la loi HOPE ?

Ce faible niveau d’investissements étrangers captés chaque année par Haïti, par rapport à ses voisins de la Caraïbe doit nous convier à questionner en profondeur la posture de la gouvernance politique et économique instaurée dans le pays au cours de la période post-seime, une période qui aurait dû être marquée par une grande expansion de l’économie.

Haïti doit plus que jamais effectuer des réformes en profondeur et mettre en place des politiques publiques capables d’attirer véritablement des investissements étrangers. Des réformes et politiques surtout dans le secteur énergétique, dans le domaine foncier, dans le système de crédit, à travers des lois anti-trust et dans la protection des investissements.

Au regard de cette maigre enveloppe budgétaire annuelle de moins de 2.5 milliards de dollars, dont la partie allouée à l’investissement (40 %) est trop faible pour booster la croissance, Haïti doit se repositionner dans les relations économiques internationales pour attirer plus d’investissements étrangers. Ces derniers constituent non seulement une source de rentrée de devises pour l’économie, mais aussi ils favorisent des transferts de technologie, de connaissances et facilitent la création d’emplois durables, avec des impacts positifs sur la croissance et la réduction de la pauvreté.

Les perspectives 2019 en matière d’investissements directs étrangers sont très sombres. On parle d’une année électorale. Les préoccupations sont beaucoup plus politiques qu’économiques. On ressent déjà les conséquences avec une inflation qui est remontée à 15 % et un taux de change qui ne cesse d’augmenter pour atteindre maintenant la barre de 81 gourdes pour 1 dollar dans le système bancaire.

À quand des états généraux pour une relance véritable de l’économie nationale ?

Riphard Sérent



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