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Éponger la liquidité, un exercice difficile pour la BRH

Éponger la liquidité, un exercice difficile pour la BRH








Les responsables de la Banque de la République d’Haïti viennent de publier les notes de politique monétaire pour le premier trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019. Dans cette note, il est dressé un état des lieux par les autorités monétaires d’Haïti. Concernant le recours de la BRH à la planche à billets dans la note, il est démontré que cette solution entrave l’assèchement des liquidités en circulation.

«S’agissant des bons BRH, leur encours s’est accru de 4,6 % par rapport à septembre 2018 pour s’établir à 14 490 millions au 27 décembre 2018, permettant ainsi d’éponger 634 millions de gourdes de liquidités », lit-on dans la note de politique monétaire. Les bons BRH, une mesure de la politique monétaire pour aider à éponger les liquidités en circulation. Conformément à sa mission de préserver la valeur interne et externe de la monnaie nationale, selon la note la BRH a procédé à un resserrement de la posture monétaire au cours du premier trimestre 2019. Cette posture a été caractérisée par le renforcement de la reprise systématique de la liquidité au niveau du système bancaire alors que les taux d’intérêt nominaux sur les bons BRH sont demeurés inchangés.

Se référant à la note, il est constaté que la hausse d’environ 6 milliards de gourdes du crédit net de la BRH à l’État a induit un accroissement de 15,62 % de la base monétaire au sens strict de septembre à décembre 2018 contre 8,66 % au trimestre précédent et 9,47 % au 1er trimestre de l’exercice passé. Le comportement de la monnaie centrale au sens strict traduit surtout l’accélération du rythme de progression de la monnaie en circulation, lequel s’est élevé à 25,11 % au 1er trimestre de l’exercice en cours contre 19,27 % un an plus tôt. Cette forte progression de la circulation fiduciaire observée en décembre a certes une pondération saisonnière, mais reflète fortement l’impact de la monétisation du déficit budgétaire.

Par ailleurs, l’encours des obligations BRH a enregistré une progression de 7,1 % pour s’établir à 2,18 milliards de gourdes au 14 décembre 2018. Depuis l’introduction par la BRH de cet instrument d’incitation de l’épargne en gourdes, l’évolution de son encours n’a fait que progresser. Ceci traduit un intérêt en augmentation continue pour ce produit qui permet de préserver la valeur des avoirs en gourdes en y ajoutant un taux de rendement élevé.

En effet, la Banque Centrale a procédé, en décembre, à une augmentation des coefficients des réserves obligatoires à la fois sur les passifs en gourdes et en monnaie étrangère. Les taux de réserves obligatoires sur les passifs en gourdes sont passés de 44 % à 45 % et de 32,5 % à 33,5 % respectivement pour les banques commerciales et les Banques d’épargne et de logement (BEL). Sur les passifs en dollars, les coefficients ont été relevés de 1,5 point de pourcentage pour s’établir à 49,5 % et 38 % respectivement pour les banques commerciales et les banques d’épargne et de logement. Parallèlement, le mode de constitution des réserves en dollars a été modifié. Désormais, la constitution de ces dernières se fait à 10 % en gourdes et à 90 % en dollars contre 7,5 % et 92,5 % respectivement un trimestre plus tôt.

Quant aux dépôts en gourdes des banques commerciales à la BRH, ils ont affiché une hausse (+7,5 %) consécutive au relèvement du taux de réserves obligatoires sur les passifs en gourdes et à l’augmentation de la couverture en gourdes des réserves sur les passifs en devises. En ce qui aux composantes de la base monétaire au sens large, il convient de noter la baisse de 1,89 % de la valeur en gourdes des dépôts en dollars des banques commerciales à la BRH. Du côté de la masse monétaire, les données du mois d’octobre 2018 ont fait état d’une légère hausse de 0,09 % de l’agrégat M3 par rapport à septembre alors que les agrégats M2 et M1 ont affiché des progressions plus importantes, soit 1,96 % et 3 % respectivement. Cet écart provient du fait que les dépôts en gourdes ont évolué à la hausse (+1,61 %) alors que les dépôts en dollars se sont repliés de 4,79 %, portant le taux de dollarisation à 60,89 % contre 61,65 % en septembre 2018. Cette baisse des dépôts en dollars peut être associée au mouvement à la hausse des importations puisqu’elle s’est surtout manifestée au niveau des comptes courants.

Du côté des emplois du système, l’actif des banques a progressé de 2 % en variation mensuelle, à 335,7 milliards de gourdes, en raison essentiellement de la hausse de 2,8 % du portefeuille de prêts nets et de celle des bons BRH de 14,3 %. Du côté des prêts, leur évolution s’explique en grande partie par l’effet combiné de l’octroi de crédit en devises dans une proportion plus élevée que celui en gourdes et la hausse continue du taux de change. Concernant les ressources du système bancaire, elles ont été marquées par l’accentuation du volume des dépôts passant de 267,5 à 273 milliards de gourdes de septembre à octobre 2018, soit une croissance de 2 %. Les dépôts à vue représentent la catégorie de dépôts ayant davantage crû (+1,93 %) de septembre à octobre 2018, en raison uniquement de la progression des dépôts en gourdes (+5,9 %), puisqu’un repli de 0,7 % des dépôts en devises a été observé sur la période.

Hansy Mars



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