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Les chiffres concernant le premier trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019 ne doivent étonner personne, dixit Jean Poincy

Les chiffres concernant le premier trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019 ne doivent étonner personne, dixit Jean Poincy








Pour le 1er trimestre de l’année fiscale 2018-2019, tous les indicateurs économiques sont au rouge. Un déficit budgétaire avoisine de 10 milliards de gourdes, une diminution des recettes de l’État de 7 %, un déficit commercial de 602,28 millions de dollars américains, en hausse de 7,9 % par rapport à la même période de l’exercice précédent sont, entre autres, les différents chiffres qui constituent la mauvaise note de l’économie haïtienne. Pour l’économiste Jean Poincy, ces résultats ne doivent étonner personne.

Les données fournies par la Banque de la République d’Haïti (BRH), dans sa dernière note de politique monétaire, prouvent que la situation économique du pays pour le premier trimestre de l’exercice fiscal 2018- 2019 est catastrophique. Selon le professeur Jean Poincy, l’État central est entièrement responsable de cette situation. À cet effet, selon Jean Poincy, les choix économiques du gouvernement en place sont à la base de ces mauvais résultats.

«L’ancien vice-recteur de l’Université d’Étatd’Haïticroitquelegouvernement en place doit changer sa stratégie en ce qui a trait au développement économique. Une vraie politique économique doit tenir compte d’une politique monétaire visant à renforcer la production nationale, une politique commerciale capable de répondre à l’exigence économique et enfin une autre politique fiscale pouvant aider l’État à collecter plus de taxe », pense M. Poincy.

Plus loin, l’ancien candidat à la présidence croit que le déficit commercial de 602,28 millions de dollars américains au cours du premier trimestre pour l’exercice fiscal est juste. Car, dit-il, on ne favorise pas la production nationale. « Plus de 80 % des produits consommés en Haïti sont importés. Cela va automatiquement créer un déficit budgétaire et commercial », a-t-il déploré. Par contre, M. Poincy plaide pour le renforcement de la production locale afin de contrebalancer l’importation et l’exportation dans le pays.

Il a, par ailleurs, fait remarquer que dans le budget en cours 55 % des recettes domestiques prévues par le gouvernement sont basées sur l’importation et les frais liés à l’importation sont de 65 %. « Cela provoquera un taux d’inflation excessivement élevé et une dégringolade exagérée de la gourde », a indiqué Jean Poincy. Pour remonter la barre, M. Poincy a opté pour une stratégie de développement économique axée sur la substitution de l’importation.

Le dollar américain a augmenté de 4 % par rapport à la gourde d’octobre à décembre 2018

Selon les données disponibles sur le site de la BRH, de 31 décembre 2018, le taux de référence se chiffrait à 77,19 gourdes pour un dollar américain, soit une hausse de 10,30 % par rapport au 28 septembre de la même année et de 21,20 % par rapport au 29 décembre 2017. Pour ce mardi 29 janvier 2019, il vous faut 81 gourdes pour un dollar US. En effet, la décote de la gourde face à la devise américaine continue de faire son chemin.

Si l’on en croit les propos de Jean Poincy, d’octobre à décembre 2018, le dollar a connu une augmentation de 4 % face à la gourde. Si cette situation persiste, ajoute-t-il, d’ici la fin de l’année de 2019, le dollar américain pourrait franchir la barre de 200 gourdes.

L’augmentation des dépenses de l’État est un désordre financier

Pour le premier trimestre de l’exercice fiscal, les dépenses de l’État ont connu une augmentation de 35.3 % par rapport au trimestre précédent, tandis que les recettes de l’État ont diminué de 7.3 %. La baisse des recettes, combinée à la progression des dépenses, a conduit à une augmentation des besoins de financement de l’État. Cette situation s’est traduite par un financement monétaire estimé à 6 028,58 MG au 31 décembre 2018 contre 5 946,34 MG au 1er trimestre de l’exercice fiscal précédent.

Au cours de son intervention, l’économiste Poincy estime que l’augmentation des dépenses du gouvernement est considérée comme un désordre. « En matière de finance, le gouvernement doit élaborer son budget de fonctionnement en fonction des recettes. Ce n’est pas logique que les recettes diminuent tandis les dépenses augmentent », scande-t-il. Pour lui, le renvoi du projet de loi finances 2018-2019 par le Parlement est la meilleure option. Cependant, il croit que le Parlement haïtien doit fournir des explications à la population concernant ce renvoi.

Cluford Dubois



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