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Dépréciation de la gourde, la BRH intervient en pompier, selon certains économistes du pays

Dépréciation de la gourde, la BRH intervient en pompier, selon certains économistes du pays








Ces dernières années, la monnaie locale ne cesse de dévaluer face à la monnaie américaine. En tant qu’organisme public jouissant de la personnalité juridique et de l’autonomie financière, la Banque de la République d’Haïti (BRH) à travers un circulaire rendu public, s’intervient dans l’intention de réduire la dépréciation de la gourde.

Selon la BRH, à compter de 4 février 2019, les coefficients de réserves obligatoires sur les passifs libellés en gourdes et en monnaie étrangère ainsi que les taux de constitution des réserves sur les passifs libellés en monnaie étrangère seront modifiés.

Pour les passifs en gourdes, ils seront calculés comme suit :

Pour les banques commerciales 45 % ; les banques d’épargne et de logement 33.5 % ; et les filiales non bancaires 45 %.

Toujours la BRH, pour les passifs en monnaie étrangère, les calculs seront effectués de cette manière ci-dessous.

Pour les banques commerciales 51 % ; les banques d’épargne et de logement 39.5 % ; et les filiales non bancaires 51 %.

En ce qui concerne les taux de constitution des réserves sur passifs en monnaies étrangères, la circulaire mentionne qu’ils seront fixés à12.5% en gourde et en 87.5 en monnaies étrangères.

Face à cette mesure qui est rendue publique par cette institution qui a le pouvoir de défendre la valeur interne et externe de la monnaie nationale, d’assurer l’efficacité, le développement et l’intégrité du système de paiements ; d’assurer la stabilité du système financier ; d’agir comme banquier, caissier et agent fiscal de l’État, certains économistes du pays croient que c’est une bonne chose, mais c’est incomplet.

L’économiste Etzer Emile, de son côté, analyse la circulaire de la BRH comme étant une mesure qui est prise dans l’idée de ralentir le rythme de la dépréciation de la gourde. C’est une mesure qui est sortie dans l’intention de réduire la liquidité de la gourde qui est en circulation. Car, a-t-il précisé, quand on a une rareté de dollar sur le marché et la gourde qui est en circulation, elle perd sa valeur sur le marché. « Dans un contexte de rareté de dollar, quand on a une forte quantité de gourdes en circulation, ça engendre un impact négatif sur le taux de change ». Pour que cette mesure puisse avoir un impact positif, M. Émile pense que l’État doit agir pour réduire son déficit budgétaire.

Quant à l’économiste Eddy Labossière, il souligne que face à la dépréciation de la gourde, la BRH intervient en pompier. Face à la perte de valeur de la gourde, les décisions de la Banque centrale sont insuffisantes pour éviter cette dérive. L’État comme agents économiques a son rôle à jouer, relate le professeur Labossière.

Si l’on croit l’économiste, lorsque c’est la BRH en seule qui prend des décisions, on aura toujours des mesures de courte durée. Pour que les mesures soient bénéfiques et soient pérennes, l’État, à travers le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et celui de la Planification et de la Coopération externe, doit définir un plan de développement pour créer la richesse dans le pays et augmenter la production nationale, déclare Eddy Labossière. Dans le cas contraire, les mesures de la Banque centrale auront toujours des impacts positifs pour quelques jours, mais après la dépréciation la gourde se fera son petit chemin.

De plus, M. Labossière pense qu’il faut cesser de privatiser l’État afin de déclarer un état d’urgence économique dans le pays. « Déclarer le pays en état d’urgence économique et suspendre la jouissance de certains droits ; réduire les dépenses de l’État de 30 % ; mettre en place une stratégie des finances publiques appelée “cash Management” ; ramener le déficit budgétaire à zéro en attendant la relance de la production nationale ; rétablir la BRH dans ses droits comme seule Gestionnaire de la monnaie nationale dans sa volatilité ; créer au sein de la BRH une task-force qui serait une structure ad-hoc, composée du conseil de la BRH, des économistes de la société civile et de la Diaspora pour gérer, au jour le jour, le niveau de la gourde par rapport au dollar américain.

Peterson Jean Gilles



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