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Quand le taux de change fait face à des spéculations

Quand le taux de change fait face à des spéculations








« La monnaie locale est en train de subir des spéculations de la part de différents acteurs du marché local », a fait savoir le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Jean Baden Dubois. Il a fait cette déclaration lors de la signature du protocole d’accord portant sur la gouvernance économique et financière.

Le taux de change ne cesse d’accélérer durant ces derniers jours. Le mardi 5 février 2019, selon le taux de référence de la banque centrale, il vous faut 81.51 gourdes pour un dollar. On est en face d’une dégringolade « spectaculaire » de la monnaie nationale. Dans l’idée d’apporter des réponses sérieuses à cette situation qui affecte en grande partie le pouvoir d’achat de la population, le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et la BRH ont conclu un accord sur la gestion de l’exécution des dépenses publiques et des moyens de règlement de la facture pétrolière.

Dans son intervention le numéro 1 de la BRH, Jean Baden Dubois croit qu’il y a une volonté de la part de certains acteurs de la vie nationale pour que le taux se dégrade de jour en jour. « Certaines personnes prennent le malin plaisir de faire des spéculations autour du taux de change. À ce moment ils gardent leurs dollars chez eux pour créer une situation de rareté du dollar sur le marché », a dénoncé M. Dubois, ajoutant que ce facteur est l’une des causes de la hausse du dollar durant ces derniers jours.

Le titulaire de la Banque des banques a aussi évoqué certains facteurs qui sont à la base de la dépréciation « exagérée » de la gourde par rapport au dollar vert. D’après lui, l’augmentation de la masse monétaire en gourde et la diminution de la masse monétaire en dollar américain sur le marché local créent un déséquilibre. En cens, avance M. Dubois, ce déséquilibre accouche automatiquement la hausse du taux de change. « La masse monétaire en gourde augmente en fonction des crédits du secteur public et privé », a précisé le gouverneur de la plus grande banque du pays, en soulignant que le financement du déficit budgétaire par la BRH a causé une augmentation exagérée de la masse monétaire en gourde sur le marché haïtien.

En outre, il promet de travailler pour pallier cette situation en rétablissant l’équilibre entre la masse monétaire en gourde et en dollar. Cependant, Jean Baden Dubois reconnait que la BRH à elle seule ne peut pas établir l’équilibre entre la devise haïtienne et américaine. « L’une des missions de la BRH est de stabiliser le taux de change et les prix des produits », a précisé M. Dubois. il a par ailleurs affirmé que pour le premier trimestre de l’exercice fiscal 2018- 2019 les activités économiques ont connu une réduction.

Au cours de son intervention, Jean Baden Dubois a informé que le pacte de gouvernance économique et financière signé entre le MEF et la BRH va apporter des résultats relatifs aux problèmes auxquels fait face l’économie haïtienne en ce moment. « À travers ce pacte, l’État central va revoir ses stratégies en matière des finances publiques. Le gouvernement haïtien va élaborer un plan en vue de mieux faire face au financement monétaire. Par cet acte-là, nous allons vers une autre situation, où nous allons mettre en place une discipline au niveau des finances publiques dans l’idée de permettre que les mesures monétaires de la BRH soient plus efficaces pour contraindre la décote de la gourde et de trouver le taux de change correspond à la croissance économique », a-t-il ajouté.

Il faut souligner que pendant ces derniers jours la banque centrale a pris plusieurs mesures devant stabiliser le taux de change et l’inflation. Dans une circulaire datée du 29 janvier 2019, la BRH a fixé le taux de réserves obligatoires sur les passifs en monnaie étrangère pour ces entreprises à 39,50%. Cette mesure va toucher aussi les institutions financières non bancaires. Pour ces entreprises, les taux des réserves obligatoires sur les passifs en gourdes et en monnaie étrangère seront fixés respectivement à 45% et 51%. « Les coefficients de réserves obligatoires sur les passifs en monnaie locale seront fixés à 33,5% pour les banques d’épargne et de logement », lit-on.

Cluford Dubois



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