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Jovenel Moïse échoue sur le plan économique pour ses deux ans au pouvoir

Jovenel Moïse échoue sur le plan économique pour ses deux ans au pouvoir








Le 7 février 2017, Jovenel Moïse a été investi dans ses fonctions comme président de la République d’Haïti Pour remonter la barre, durant ces deux années, le pouvoir en place a pris toute une série de mesures économiques. Cependant, au cours de ces deux années, selon les données disponibles, les activités économiques ont connu une réduction dans toutes ses composantes. Pour l’économiste Camille Charlmers, le numéro 1 de la nation a totalement échoué sur le plan économique.

Le jeudi 7 février 2019 marquera le deuxième anniversaire de Jovenel Moïse à la tête de la magistrature suprême de l’État. Il a déjà deux ans à la tête du pays. Au cours de ces années de présidence de M. Moïse, plusieurs mesures économiques ont été prises. Ces mesures n’ont pas atteint les résultats escomptés et le pays a connu des jours noirs.

En effet, le 25 février 2018, l’État haïtien a conclu un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). À travers cet accord, le FMI a recommandé à l’État haïtien de sursoir sur les subventions accordées aux produits pétroliers et l’ED’H. De ce fait, en juillet 2018, l’administration Moïse/Lafontant a choisi d’ajuster les prix des produits pétroliers à la pompe. Une décision qui allait créer le chaos dans l’aire métropolitaine et dans certaines villes de provinces du pays.

En dehors de la mesure de revisser à la hausse le prix du carburant sur le marché, il y en a d’autres, notamment la dédollarisation. En effet, au cours du mois de février de l’année de 2018, l’État central a pris un arrêté pour faire obligation aux entreprises du pays de libeller dans la monnaie locale dans l’idée de stabiliser le taux de change. Une décision piétinée par certaines entreprises. En dépit de ces dispositions, la gourde ne cesse de se déprécier par rapport au dollar américain.

De plus, avant la présidence de Jovenel Moïse il vous fallait environ 62 gourdes pour un dollar vert. Pendant ses deux ans, la gourde a fait face à une dégringolade exagérée par rapport à la devise américaine. Aujourd’hui, le taux de change est à environ 81 gourdes pour un dollar US. Une situation qui a affaibli le pouvoir d’achat de la population haïtienne.

À part du taux de change qui s’accélère, le taux de l’inflation a connu une accentuation spectaculaire. Avant Jovenel Moïse, le taux d’inflation était estimé à de 12 %. Pendant les deux années du président Moïse au pouvoir, on a constaté une hausse de l’inflation. En effet, selon les informations fournies par l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), pour le premier trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019, le taux de l’inflation se chiffre à 15.1 %. Cette situation affecte en grande partie les gens de la classe défavorisée du pays. Si l’on se réfère du dernier rapport de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) plus de 2 millions haïtiens se trouvent en situation de l’insécurité alimentaire.

Sur les deux premières années de la gouvernance de Jovenel Moïse, tous les indicateurs économiques sont au rouge

Selon certains chiffres mis disponibles par les autorités en place, l’économie haïtienne n’a pas atteint l’objectif de croissance économique 3.9 % fixé par les dirigeants haïtiens au début de l’exercice fiscal 2017- 2018, l’objectif révisé à la baisse de 2.4 % fixé en tenant compte de l’évolution des deux premiers trimestres de l’exercice. En effet, selon les données préliminaires, le Produit intérieur brut (PIB) a crû en termes réels de seulement 1.5 % à peine l’équivalent du taux de croissance démographique naturelle.

En ce qui concerne le budget de la République, pendant ces deux années, l’économie haïtienne est confrontée à des déficits budgétaires exagérés. Pour le budget 2017-2018 qui est le premier budget élaboré sur la présidence de Jovenel Moïse a connu un déficit budgétaire avoisinant de 26 milliards de gourdes. Aujourd’hui, la situation est plus compliquée. De ce fait, pour la première période de l’exercice fiscal 2018-2019, le déficit budgétaire est estimé à des milliards de gourdes. À cet effet, certains économistes ont annoncé un déficit autour de 36 milliards de gourdes pour la fin de cet exercice.

De plus, selon les données disponibles sur le site de la Banque de la République d’Haïti, au cours du premier trimestre de l’année fiscale 2018-2019, le déficit commercial a déjà atteint environ 600 millions de dollars américains. Toujours pour ce même trimestre, les recettes de l’Etat ont diminué de 7 %, tandis que les dépenses de l’Etat ont augmenté de 35 %. En ce qui a trait au secteur des emplois dans le pays, celui-ci a connu une baisse de 3 % au quatrième trimestre de l’année fiscale 2017- 2018.

Jovenel Moïse a échoué sur le plan économique

L’économiste Camille Charlmers, dans une entrevue accordée au journal Le National, le mardi 6 février 2018, estime que le président Jovenel Moïse n’a pas atterri sur le plan économique. En ce sens, poursuit-il, le numéro 1 de la nation agit sous l’ordre du FMI et la Banque mondiale. « On ne peut pas atteindre une bonne croissance économique sans rompre le rapport avec le FMI et la BM », a-t-il déclaré. Il a en outre fait remarquer qu’il n’y a pas une politique de concentration de crédit dans le pays. « Les crédits sont accordés à un petit groupe de la classe dite « bourgeoise ». De plus, les activités économiques ne sont pas au rendez-vous », a-t-il souligné.

L’état d’urgence économique décrété par le pouvoir en place est une diversion

La situation du peuple haïtien se dégrade de jour en jour. Ce constat est patent. En vue de faire face à cette situation, le gouvernement a décrété en Conseil des ministres, l’état d’urgence économique, le mardi 5 février 2019. Environ une dizaine de mesures ont été prises par le pouvoir actuel. À travers ces mesures, l’Exécutif a parlé de l’interdiction d’achat de véhicules jusqu’au 30 septembre 2019. Interdiction des contrats de location pour le compte des agents publics. Interdiction de voyager sans l’autorisation du Premier ministre ou du ministre de tutelle, et le cas échéant, la délégation ne doit pas avoir plus de 5 membres. Reconsidération des per diem. Surveillance au plus haut niveau dans l’achat de biens et service pour l’État.

Pour l’économiste Camille Charlmers, cette décision est une diversion de la part du pouvoir. « À travers cette décision le gouvernement en place ne prend pas en compte les vrais problèmes réels de ce pays, notamment la réduction de salaire des hauts dignitaires de l’État, de sursoir sur les privilèges accordés aux parlementaires », scande-t-il.

Plus loin, l’économiste Charlmers demande à l’État de revoir sa stratégie économique. À cet effet, il pense que la BRH doit se comporter comme véritable autorité monétaire dans le pays. « Il est anormal que le consulat américain fixe son propre taux de change », a déploré M. Charlmers.

Cluford Dubois



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