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Crise en Haïti : « la priorité immédiate doit être la stabilisation de la situation économique », estime le FMI

Crise en Haïti : « la priorité immédiate doit être la stabilisation de la situation économique », estime le FMI



Depuis les 6, 7 et 8 juillet 2018, Haïti est confrontée à une vague de contestation et de violence sans précédent. Les blocages répétés du pays en novembre 2018, février, juin et septembre 2019 ont affecté sévèrement l’activité économique. Face à cette situation, d’après les estimations faites par le Fonds monétaire international (FMI), la croissance pour l’année fiscale 2019 devrait être autour de -1,2 pour cent et quant au taux de l’inflation, il est estimé à plus de 20 pour cent en fin septembre, alimentant la pauvreté et l’insécurité et privant l’État des moyens d’investir et de soutenir l’activité.


Haïti fait face à une grave crise politique, économique, et sociale. D’après un communiqué du FMI, les manifestations et blocages répétés du pays depuis l’été 2018 sont à l’origine d’une récession et d’une forte inflation. Malgré les efforts considérables des autorités fiscales et monétaires, dit-il, les coûts économiques et sociaux de cette crise politique sont particulièrement élevés pour une population déjà pauvre et vulnérable.

Alors, face à une telle conjoncture, lors d’une rencontre effectuée dans le cadre de la consultation au titre de l’Article IV, avec les autorités haïtiennes à Port-au-Prince et à Washington, une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Madame Nicole Laframboise, a fait une batterie de recommandation aux autorités haïtiennes. Selon le FMI, les priorités à court terme que les autorités devraient prendre sont la restauration de la stabilité macroéconomique, la mobilisation des revenus fiscaux, la lutte contre la corruption, et le renforcement du filet de sécurité sociale avec, en particulier, le développement d’un nouveau programme pilote de transferts monétaires en faveur des familles vulnérables.

À moyen terme, le FMI ne prévoit pas de grandes réformes, qu’il est irréaliste d’envisager à ce stade, et table sur une stabilisation de la situation politique et du PIB au cours de l’année 2020 avec une très faible reprise de la croissance autour de 0,9 pour cent en 2021. Dans ce contexte, il serait difficile d’envisager un taux d’inflation très en deçà de 20 pour cent par an pour les deux prochaines années. De même, la croissance potentielle est estimée à 1,5 pour cent par an à plus long terme. Cependant, le FMI croit que si la crise politique actuelle persiste, elle serait dévastatrice pour le pays avec des conséquences de moyen terme plus sévères en raison des pertes de capital physique et humain.

D’un autre côté, le FMI à travers le communiqué, fait savoir qu’à court terme, une sortie de crise pourrait conduire à un rebond de l’activité économique. « La nomination d’un gouvernement déterminé à entreprendre des réformes et la reprise de l’appui de la communauté internationale permettraient de desserrer la contrainte budgétaire. Il s’en suivrait une augmentation des dépenses publiques, notamment d’investissement, en même temps qu’une réduction du financement de la banque centrale facilitant ainsi une baisse de l’inflation et une hausse de la croissance à court et moyen et long terme », lit-on dans le communiqué.

Plus loin, la mission du FMI estime que la priorité immédiate doit être la stabilisation de la situation économique. À défaut d’un budget soumis à l’examen du parlement, il est important que le gouvernement prépare et publie, comme annoncé, un cadre budgétaire pour 2020 dans les plus brefs délais. Ce cadre, avancent les responsables du FMI, devrait inclure des mesures pour contenir les dépenses non prioritaires et améliorer la collecte des recettes fiscales, particulièrement par le renforcement de l’administration fiscale et la réduction des exemptions d’impôt. Toutefois, le Fonds reconnait que, l’absence d’un gouvernement ratifié par le Parlement depuis mars 2019 a entravé l’approbation par le FMI de l’accord conclu au niveau technique pour un programme au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC). Cela a aussi entrainé la suspension des supports budgétaires extérieurs.

Signature d’un Pacte de gouvernance économique et financière entre la BRH et MEF

Suite à la signature du Pacte de gouvernance économique et financière entre la Banque de la République d’Haïti (BRH) et le ministère de l’Économie et des Finances (MEF), le FMI félicite les autorités haïtiennes pour ce grand travail qui a contribué à stabiliser l’inflation et le taux de change jusqu’à la fin de septembre 2019. Car, selon les dires des représentants du FMI, la reconduction de ce pacte est nécessaire pour limiter de nouveau le financement monétaire du déficit budgétaire, source d’inflation.

« Nous félicitons les autorités des efforts mis en œuvre pour finaliser la rédaction d’une Politique nationale de Protection et de Promotion sociale (PNPPS) et encourageons le Conseil des ministres à adopter formellement cette politique et à lancer un nouveau programme pilote de transferts monétaires aux personnes vulnérables. La PNPPS doit permettre de réduire la fragmentation et la superposition des programmes existants, source d’inefficacité. Les services du FMI recommandent que cette politique conduise à la mise en place, sous l’égide du ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), d’un nombre limité de programmes de transferts monétaires à destination de groupes vulnérables de la population.

Haïti dispose du potentiel pour une croissance plus forte et plus inclusive. De surcroit, le FMI, d’un côté, dit continuer à fournir des conseils stratégiques et une assistance technique, et de l’autre côté, prêt à aider à la réalisation de ce potentiel avec un soutien plus intensif, une fois les conditions politiques réunies.

Il faut lutter contre la corruption pour une meilleure gestion de l’administration publique

À court terme, la lutte contre la corruption est une autre priorité pour le gouvernement. En effet, le FMI souhaite que le retour à la stabilité politique permette un consensus sur un ensemble de réformes plus approfondies en matière de gestion des finances publiques, d’amélioration de la gouvernance économique, d’organisation et de fonctionnement du secteur de l’énergie ainsi que de la protection et de la promotion sociale.

« L’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) doit voir ses moyens juridiques et financiers renforcés pour assurer pleinement sa mission. « Le Comité de Pilotage prévu dans la Stratégie nationale de Lutte contre la Corruption de 2009 doit être mis en place avec l’intégration des représentants indépendants de la société civile et doit participer à la préparation de la nouvelle stratégie anticorruption. Les obligations de déclaration du patrimoine « des personnalités politiques, fonctionnaires et agents publics » doivent être appliquées conformément aux lois régissant la matière (Loi du 12 février 2008). Les mesures de lutte contre le blanchiment d’argent peuvent renforcer les efforts de lutte contre la corruption, notamment la vérification de la provenance de fonds par les banques dans le cadre de leurs obligations de connaissance du client, en particulier les personnes politiquement exposées », souhaite le FMI.

Peterson Jean Gilles




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