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Un autre milieu rural en Haïti est possible : quel modèle ?

Un autre milieu rural en Haïti est possible : quel modèle ?



Le milieu rural en Haïti est un espace de vie dominé par un relief montagneux. Il est habité de manière dispersée et en grande partie par des agriculteurs. Il est aussi appelé « arrière-pays » ou « pays en dehors ». Marginalisés, ces derniers n’ont qu’un faible accès aux infrastructures de progrès et aux services publics. Cette situation d’exclusion, d’injustice sociale et de dépendance couplée aux méfaits des aléas naturels brosse un tableau plutôt sombre du milieu rural, caractérisé par la pauvreté et l’insécurité alimentaire, touchant plus de 70 % des familles, par la dégradation environnementale de plus de 85 % de nos mornes et l’exode rural des jeunes, etc.

La constitution du 29 mars 1987 a pourtant prôné « un état décentralisé », avec une présence des services de l’État sur l’ensemble du territoire et l’autonomie des communes du point de vue politique, administratif et financier. Le décret-loi de février 2006 sur le fonctionnement du CASEC comme pallier de gouvernement de proximité se veut un plan de développement des sections communales. Le CASEC est par contre dépourvu de moyens pour le mettre en œuvre.

Fort de l’idée des Ateliers que « La campagne comme la ville est émancipatrice », Haïti doit choisir aujourd’hui entre une urbanisation sauvage et la recherche d’un équilibre planifié entre ses espaces. L’amélioration des conditions de vie dans les sections communales parait être un choix plus sensé et un enjeu majeur pour sauver la capitale et faire émerger progressivement des villes modernes dynamiques. Pour cela, il est proposé une gouvernance territoriale basée sur un partenariat public privé communautaire (PPPC), moyennant la programmation dans le Budget national d’une allocation pour l’implémentation des axes stratégiques suivants, devant permettre en une décennie l’amélioration du cadre de vie dans les sections communales :

1. Aménager par section communale un complexe soumis à un management type PPPC, incluant 4 services collectifs à la communauté (école moderne de qualité pleinement intégrée dans son milieu, ouverte sur la science et la technologie, et incluant aussi un volet vocationnel ; centre hospitalier avec bloc opératoire et service ambulancier ; tribunal de paix, bureau d’état civil et poste de police ; centre d’épanouissement de la jeunesse : technologie, culture, sport et loisirs), et un service de gîte rural pour l’accueil touristique, la promotion de l’agritourisme et/ou de l’écotourisme ;
2. Construire une route principale traversant la section communale (voire intersection communale), facilitant l’accès de plusieurs communautés entre autres aux services de base (ambulance, transport en commun, électricité et eau potable), et l’arrivée de touristes au centre d’accueil ;

3. Promouvoir un programme de régénération intelligente des montagnes par adaptation transversale (PRIMAT), complété par une diversification dans la chaîne de valeur (agroalimentaire, artisanat, tourisme), moyennant l’accompagnement technique de 4 agronomes par section communale (spécialisés dans la production végétale, la production animale, la technologie agroalimentaire, et le phytosanitaire).

Ce modèle n’est qu’une stratégie d’amélioration du cadre et des conditions de vie en milieu rural en Haïti. Il s’inscrit dans une vision de développement humain plus globale, axée sur le vivre ensemble et le collectivisme dans un ancrage individualiste, devant ainsi favoriser le progrès pour tous et le respect de l’environnement. Il a pour avantage d’être réaliste, en étant en adéquation avec les attentes sociales et une réponse aux défis grandissants des villes. La vie peut être très agréable et douce à couler en milieu rural, quand on a suffisamment à manger, quand les infrastructures et les services sont disponibles, et quand les moyens d’y accéder sont à la portée de tout un chacun. C’est ce rêve à concrétiser pour un autre milieu rural en Haïti viable pour ses habitants. Pour y parvenir, il faut tant la volonté et le courage politiques des dirigeants que la participation citoyenne de l’élite et la détermination des organisations et des leaders locaux. Un vrai combite.

Abner Septembre
Sociologue – Entrepreneur
Chercheur et Praticien en Sociogronomie, Centre Banyen @ Vallue
+509 3231-8871 /3420-2091/3239-2323/absept60@gmail.com




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