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Haïti est le pays le plus pauvre de la région Amérique latine et Caraïbes, selon la Banque mondiale

Haïti est le pays le plus pauvre de la région Amérique latine et Caraïbes, selon la Banque mondiale



Dans son ouvrage titré : « Banque Mondiale. 2018. Regarder au-delà de la Provision par le Gouvernement des Services en Eau et Assainissement », l’équipe de la Banque mondiale (BM) décrit Haïti en matière de services de l’eau, d’assainissement et d’hygiène (EAH). Selon eux, Haïti est le pays le plus pauvre de la région Amérique latine et Caraïbes (ALC) et compte parmi les plus pauvres du monde. Sa croissance au cours des quatre dernières décennies a été très faible, en moyenne de 1 % par an, et le produit intérieur brut (PIB) par habitant a diminué de 0,7 % par an en moyenne entre 1971 et 2013, lit-on dans le présent ouvrage.


En analysant les liens entre l’accès aux services de l’eau, d’assainissement et d’hygiène (EAH), le document de la Banque mondiale révèle qu’en 2012, la pauvreté touchait environ 58,5 % de la population, et l’extrême pauvreté 24,5 % ; 6,3 millions d’Haïtiens ne pouvaient satisfaire leurs besoins essentiels, et 2,5 millions ne pouvaient même pas subvenir à leurs besoins alimentaires. Avec un coefficient de Gini de 0,6, l’inégalité des revenus en Haïti, souligne le diagnostic EAH, est la plus élevée de la région, classant Haïti parmi les pays les plus inégalitaires au monde.

Pour montrer la vulnérabilité d’Haïti, le diagnostic de la BM affirme que le revenu par habitant moyen du pays est comparable à celui des pays d’Afrique subsaharienne. « Le pays se classe au 163e rang mondial dans l’Indice de développement humain (sur 187 pays, avec un score de 0,493 en 2015), un rang nettement inférieur à celui des autres pays de la région, comme la République dominicaine (99e), la Bolivie (118e), le Guatemala (125e) et le Honduras (130e). Malgré des progrès récents en termes de réduction de la pauvreté monétaire, environ 58 % des 10,4 millions d’Haïtiens vivent encore au-deçà du seuil de pauvreté national, dont 24 % dans l’extrême pauvreté ».

Quant aux inégalités sociales, toujours selon le rapport, elles aussi restent élevées. Aussi bien en revenus qu’en avoirs, elles sont parmi les plus élevées du monde, avec un coefficient de Gini de 0,59. « Les revenus des 20 % des Haïtiens les plus riches représentent plus de 64 % du revenu total du pays, et ceux des 20 % les plus pauvres seulement 1 %. L’accès aux services sociaux de base est faible et se caractérise par des inégalités importantes, les zones urbaines étant mieux desservies que les zones rurales », informe le diagnostic d’EAH.

Les zones rurales sont particulièrement affectées par la pauvreté

Si l’on en croit les données de la BM, en 2012, 75 % des Haïtiens ruraux étaient pauvres et 40 % étaient extrêmement pauvres (graphique 2.1). Sous un autre angle, 67 % des pauvres et 83 % des personnes extrêmement pauvres résident dans les zones rurales (Banque Mondiale 2014a). En dehors du département de l’Ouest, les taux de pauvreté et d’extrême pauvreté dans tous les départements sont respectivement supérieurs à 60 et 23 %. Les départements du Nord-Ouest, du Nord-Est et de la Grand’Anse sont particulièrement touchés par la pauvreté : 80 % de leurs populations sont pauvres.

L’absence des services de base dans les milieux ruraux entraine la migration

L’absence des services de base dans les milieux ruraux a de grandes conséquences sur le monde urbain. Selon les spécialistes de la BM, la dureté de la vie rurale pousse les ménages à migrer en zone urbaine. Toutefois, ces derniers reconnaissent que la plupart des ruraux pauvres dépendent uniquement de l’agriculture à faible rendement pour survivre ; le fermage représente entre 48 et 59 % du revenu total de tous les pauvres en milieu rural (Banque Mondiale 2014a). Bien qu’une activité en dehors du secteur agricole réduit les risques de pauvreté de 10 points de pourcentage, ces activités ne sont pas développées (Banque Mondiale 2014a), constatent les spécialistes. En effet, la pauvreté rurale, le manque d’accès aux services de base, et les opportunités d’emploi limitées poussent les ménages à migrer en zone urbaine pour trouver de meilleures opportunités économiques et de meilleurs services.

Augmentation de la population urbaine

Entre 1970 et 2014, les chiffres présentés par la BM montrent que, la population urbaine est passée de 20 à 58 % de la population totale. Vu cette tendance, la migration rapide vers les quartiers urbains s’est accompagnée de pauvreté, de chômage, d’une marginalisation politique et sociale, et d’un accès limité aux services, soutenu les enquêteurs de la Banque mondiale. Sans surprise, parmi les résidents urbains, les pauvres ont plus de chances d’être au chômage que les mieux lotis (47 % contre 36 %) (Scott et Rodella 2016).

BM : un million d’Haïtiens au-dessus du seuil de pauvreté vivent sous la menace de devenir pauvres en raison de chocs
En se référant aux données de cette étude, chaque année un ménage haïtien fait statistiquement face à plusieurs chocs : ouragans, inondations, maladies, décès de proches, chômage, et autres chocs économiques. En 2012 selon eux, près de 30 % de la population était considérée comme menacée de devenir pauvre. Cette situation risque d’appauvrir encore davantage ces derniers se trouvant dans des conditions déshumanisantes.

« Les ménages pauvres sont plus à risque de subir des chocs variés que les ménages plus résilients, et moins enclins à les éviter. Seulement 4 % des ménages pauvres ne subissent pas de choc dans l’année, contre 16 % des foyers résilients. Une réduction de 20 % dans la consommation des ménages (comme lors d’une catastrophe naturelle) pourrait faire basculer un million de personnes sous le seuil de pauvreté et 2,5 millions de personnes dans l’extrême pauvreté (Banque mondiale 2014a) », rapporte la BM à travers son ouvrage intitulé : « Banque Mondiale. 2018. Regarder au-delà de la Provision par le Gouvernement des Services en Eau et Assainissement ».

Peterson Jean Gilles




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