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Le chocolat, un chiffre d’affaires d’environ 100 milliards de dollars. Qui en profite ?

Le chocolat, un chiffre d’affaires d’environ 100 milliards de dollars. Qui en profite ?



94 % des revenus de la filière cacao-chocolat profitent notamment aux États-Unis et à l’Europe. Tandis que le cacao provient de l’Afrique et de l’Amérique latine qui ne perçoivent qu’un modique 6 % des revenus de cette industrie florissante.


Exploitations modernes résultant de la gourmandise des capitalistes combinée avec la petitesse et l’absence de visions des dirigeants des nations cloîtrées dans le sous-développement, les injustices économiques et sociales pullulent sur des terrains fertiles qui élargissent par des années-lumière les écarts salariaux entre les prolétaires du Sud qui fournissent les matières premières des biens finals et les industriels de l’Occidentale qui les transforment et les emballent à destination de la consommation de masse pour en faire leur beurre.

En raison de l’attractivité et de l’adaptabilité climatique favorable, les meilleures productions agricoles de la planète sont fondamentalement générées par les pays séquestrés dans la pauvreté séculaire. Par contre, les géants du capitalisme leur ravissent les récompenses, la joie et le bonheur devant leur être procurés en contrepartie des monstres efforts et sacrifices consentis pour produire la nourriture et assurer la dégustation des desserts succulents à la Hollywood, Walt-Disney, Universal Studios, sur les tables, dans les McDonald, les Wal-Mart et les Marriott.

Par l’ingrédient clé du chocolat qui est le cacao, l’Afrique s’exhibe dans une présence occultée à la Tour-Eifel, à la Statue de la Liberté, dans les grands salons, dans les évènements jouissifs tels que la Saint-Valentin, la Noël et les Pâques pour gâter le palais des amoureux et des touristes via des produits dérivés délicieux, dont des bâtons de chocolats qui les inciteraient à rallonger leurs séjours à l’Hexagone, à Venise, à Dubaï, à Manhattan. En effet, le crédit complet est souvent attribué aux producteurs-prédateurs de l’industrie du chocolat de l’Europe et de l’Amérique qui ignorent de mauvaise foi la source originelle de leurs pactoles. Tandis que les entreprises africaines et latino-américaines qui se livrent en holocauste pour produire le cacao languissent dans la crasse et la misère abjecte, les compagnies américaines et européennes sont pleines aux as en faisant des enchères avec les produits chocolatés exposés dans quatre principaux segments d'activité, les tablettes, les confiseries, les pâtes à tartiner et le cacao en poudre.

Au bout de la chaine de production, des milliards de dollars sont en jeu et mis sur le tapis pour rémunérer décemment les employés et les actionnaires; parallèlement, du côté de l’intrant de la filière, des enfants sont abusés pour faire fructifier les champs. La majorité des hommes et des femmes mobilisés dans les fermes cacaoyères perçoivent des salaires misérables, se démarquant à peine du seuil de pauvreté extrême fixé à 1.23 dollar par jour.

Les pauvres Africains fournissent le cacao à vil prix ; les riches industriels du Nord font la surenchère avec le chocolat.
Selon Statisca, les États-Unis, l’Allemagne, la Suisse et la Belgique sont respectivement les quatre principaux possédants de l’industrie chocolatière de la planète. 35 % de la production mondiale de chocolat proviennent de l’Europe occidentale et 28 % de la Première Puissance mondiale qui en produit à elle seuls plus de 20 milliards de dollars l’année. La France, l’Italie, la Suède, le Royaume-Uni et l’Espagne sont également des géants du marché du chocolat.

En 2016, l’Allemagne avait exporté pour 4.5 milliards de dollars de chocolat dans le monde et la Belgique pour 2.9 milliards de dollars. Le chocolat représente, après le café, le produit de grande consommation le plus sollicité par les Français. En 2017, le chocolat avait généré en France 3,28 milliards d’euros de chiffre d’affaires dont 57 % avaient fait l’objet d’exportation. Le Canada, le Japon, le Mexique, les Pays-Bas ainsi que les pays scandinaves embellissent aussi leurs PIB à travers de grande production de chocolat.

De nombreuses compagnies de l’Amérique du Nord et de l’Europe sont de grandes pourvoyeuses d’emplois dans ce secteur alimentaire de produits de « fines bouches ». La compagnie américaine Mars, premier chocolatier au monde, embauche 32 000 employés et génère un chiffre d'affaires (CA) de 18 milliards de dollars. Suivent dans cet ordre, le Ferrero Group de l’Italie, avec un CA de 12.39 milliards ; le Mondelez International de l'Illinois au CA de 15,48 milliards ; le Meiji Co Ltd du Japon, au CA de 9.66 milliards ; le Hershey Co des États unit, générant 7.779 milliards de dollars et le Nestlé SA de la Suisse, 6.135 milliards de dollars.

Dans la même chaine de production, le tableau scintille d’un côté avec des revenus colossaux au profit des acteurs, des compagnies et des pays de l’industrie prospère du chocolat. De l’autre côté, les familles qui fournissent la fève de cacao, ingrédient primordial du chocolat, croupissent dans une misère abjecte et une pauvreté ignominieuse.

75 % du cacao mondial sont produits en terre africaine

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production mondiale de cacao a été estimée à 4649 tonnes métriques au cours de l’année 2017-2018. La Côte d’Ivoire trône à la tête du peloton avec 40 % du cacao qui alimente l’industrie chocolatière sur la planète. Le Ghana, deuxième fournisseur de cacao, est aussi du continent africain. Donc, à eux deux, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont offert plus de 60 % de la production de la fève de cacao sur le marché mondial.

Au cours de la période, l’Afrique a été responsable de la production de 75 % du cacao mondial ; l’Amérique en avait produit 17.6 % et l’Asie-Océanie, 7 % dont 5 % de l’Indonésie, qui est placée en sixième position au monde.

Ces données laissent entrevoir dans une sombre clarté que la force de travail qui huile la machine et qui participe activement à la préparation de la nourriture n’arrive pourtant pas à la déguster. En effet, l’Ivoirien ne connait même pas le goût et les bienfaits du chocolat.

Pire que cela, des enfants dont certains contraints à 100 heures de travail par semaine et à des violences physiques, travaille dans des conditions pénibles et ne reçoivent souvent aucune éducation en Côte d’Ivoire. Le cacao est produit à grande échelle en Côte d’Ivoire, ce qui devait suffire pour mieux positionner le premier exportateur mondial de l’intrant du chocolat sur l’échiquier de la compétitivité mondiale.

Un groupe s’épuise et chiade comme des fous ; un groupuscule récolte les fruits de ce travail sans le souci de partager les gains de manière équitable. Ce déséquilibre devrait interpeler les prestigieuses institutions de l’ONU qui tiennent des plaidoiries contre les injustices sous quelques formes qu’elles se manifestent.

Ces faits saillants et ces chiffres mirobolants de profits exorbitants d’une part et d’exploitations atroces de la main d’œuvre d’autre part, éberluent et devraient faire jaser les acteurs et les institutions régulatrices telles que la FAO et l’OMC qui disent bannir le commerce triangulaire qui semble pourtant se pratiquer sous une forme moderne.

Malheureusement, de telles institutions qui prétendent dans une visible hypocrisie animer des plaidoyers, élaborer des maquettes étincelantes et des documents étoffés pour éradiquer la pauvreté dans le monde, n’envisagent pas d’encourager des approches incitatives loyales de « Fairtrade » qui devaient outiller les « soi-disant » pays pauvres à relever la tête de l’eau, dans l’autonomie et la dignité. Une volonté réelle des organismes internationaux aurait poussé à un partage juste et équitable des revenus générés dans cette filière porteuse. Les folles missions diplomatiques, les assistances mortelles, les aides conditionnées et complotées qui empoisonnent les climats de paix et alimentent les confusions et les corruptions des dirigeants cupides avec des « experts » de l’International n’auraient même pas eu leurs raisons d’être.

Exploitation moderne nord-sud, une pratique similaire dans de nombreux autres secteurs économiques

Le chocolat, produit des amoureux extrait de la fève du cacao, est un exemple patent de l’esclavage moderne résultant d’une farouche exploitation des ressources des pays du Sud par les capitalistes insensibles. Mais il en existe de nombreux autres produits particulièrement dans le secteur textile et celui de la technologie qui enrichissent une palanquée de compagnies asiatiques, américaines et européennes au détriment d’un ensemble de pays de l’Afrique qui chiadent a en fournir les matières premières.

Le plus grand équipementier du sport, au chiffre d’affaires de plus de presque 40 milliards de dollars, opère dans des activités de sous-traitance avec de nombreux pays dans le monde, en délocalisant des services de production intermédiaires. La Chine, le Vietnam, l’Indonésie et la Thaïlande sont les principaux partenaires dans la production des chaussures. Les vêtements proviennent surtout de la Chine, la Malaisie, la Thaïlande et la Turquie. Cette approche d’externalisation des services (BPO) permet à la compagnie mère d’optimiser ses profits. Quand les pays hôtes disposent d’interlocuteurs politiques compétents, les compagnies hôtes arrivent à tirer leurs épingles du jeu. C’est ce qui a permis d’ailleurs à de nombreux pays asiatiques de changer de trajectoires pour devenir émergents. Le Rwanda et l’Afrique du Sud empruntent aujourd’hui ces mêmes voies. Par rapport à ces interlocuteurs de poids, ce compétiteur qui a détrôné la marque Adidas ne verse pas de manière farouche dans une exploitation à outrance des ressources et de la main-d’œuvre mobilisées à l’extérieur.

Par contre, d’autres secteurs, notamment celui de la technologie de pointe, révèlent des contextes d’exploitation indécents. Le téléphone portable et quasiment tous les gadgets électroniques nécessitent du cobalt qui est un métal, disponible en majeure partie en République Démocratique du Congo. Des compagnies européennes font un usage exagéré de commerce clandestin en exploitant des mineurs pour extraire sans protection ce métal pour le mettre à leur disposition à des prix dérisoires.

Les enfants et leurs parents travaillent dans des conditions infra humaines, exposant leur santé à des effets chimiques, des risques de tous ordres ; ils se lèvent tôt, se couchent tard, n’ont jamais eu de vacances ; leurs enfants ne peuvent fréquenter l’école, car ils sont censés les accompagner pour gagner…de l’autre côté, ceux qui en jouissent sont dans les croisières ; leurs enfants explorent l’univers. Un seul de leur bijou coûte dix fois le salaire annuel de celui qui les enrichit. Que le monde est vraiment injuste !

Haïti a fourni de la substance et de la matière au vin de renommée mondiale « Grand Marnier »

De cette pratique égocentrique de tout rafler et d’occulter les acteurs fondamentaux dans les chaines de production ; Haïti est sans surprise une victime propitiatoire. Haïti contribue énormément dans la composition d’un vin à base d’agrumes locaux très demandé par les connaisseurs, le Grand Marnier. Sur l’étiquette, on a juste inscrit en caractère à peine lisible que la matière première du « Grand Marnier » est en provenance caribéenne.

Contrairement à certains courants, il ne s’agit pas véritablement d’une histoire d’amour qui perdure entre la commune de Limonade et le Grand Marnier ; cela décrit plutôt une pure exploitation en raison de l’absence d’acteurs haïtiens capables de remettre à l’heure les pendules de la négociation gagnant-gagnant. D’une part, nous aurions pu fournir un volume plus significatif ; d’autre part, nous aurions pu défendre une image sur la scène internationale en réclamant une étiquette haïtienne sur ce produit classe qui parcourt les salons, les restaurants et les grands hôtels.

Même en l’absence des institutions de normalisation et contrôle de qualité, certaines ONG exploitent nos fruits et nos cultures vivrières pour en faire leur beurre sur l’échelle internationale. Parallèlement, en plus d’obtenir nos mangues, notre arachide et notre avocat à vils prix dans les mains laborieuses de nos producteurs épars, les ONG d’exploitation n’accordent aucun crédit au terroir.

La dotation naturelle importe peu. Il faut surtout des visions et des plans de politiques publiques

Le cacao est notamment produit en Afrique et en Amérique latine. La Côte d’Ivoire et le Ghana occupent la tête du peloton des fournisseurs de fèves de cacao déversées aux plus grands exportateurs de chocolat dans le monde. Environ une centaine de milliards de dollars (100 milliards) représentent le chiffre d’affaires du marché mondial du chocolat, ce qui représente une niche très importante dominée par les États-Unis et des pays du continent européen.

Les dix plus grands producteurs et exportateurs de produits chocolatés ne plantent même pas de cacao. Par contre, ils usent de stratégies loyales et déloyales pour accaparer les forces et les ressources des Africains et des Latino-Américains qui leur fournissent le cacao nécessaire à la génération de leurs profits astronomiques dans le commerce de ce produit des amoureux.

Le travail primaire, ingrat, pénible et ardu est laissé principalement aux mains des peuples noirs qui empochent une partie insignifiante des revenus. La tache industrielle de transformation et de l’emballage du produit final sont dédiés aux Américains et aux Européens qui encaissent le véritable magot. Ainsi vont le monde, l’esclavage sous sa forme moderne.

Pour se positionner de manière stratégique sur l’échiquier des jeux et des enjeux économiques internationaux, la vision et le leadership, facultés exigées au capital humain compétitif, pèsent plus lourd dans la balance que les dotations naturelles. Les Africains disposent de la richesse ; ils continuent de faire la planche dans une misère abjecte. Les Occidentaux n’ont que l’expertise pour combiner de manière intelligente les matières premières pour cerner les besoins des consommateurs. Ils amassent le succès commercial, sans le souci de retourner décemment une partie aux producteurs des inputs.

De toute façon, en attendant de consolider les balises pour des échanges « Fairtrade » tels que cela se passent avec la République Dominicaine dans le secteur du cacao, Haïti pourrait également tirer son épingle du jeu de cette filière prometteuse. Où est passée la production du café, du sucre et du cacao biologique de la Première République noire du monde ?

Laissez-moi vous parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre !

Loin de mener une vie de bohème, les soucis ne tracassaient pas tant la génération du début de « l’ère démocratique » avec des tensions, hypotensions et hypertensions générées par des espèces politiques chrysocales qui détruisent les références et dilapident les maigres ressources du pays. En raison des turbulences politiques causées par une immaturité politique singulière, la paix n’était pas totale dans la Cité. Des crimes se produisaient quand même, particulièrement au cours des élections et des coups d’État survenus à l’époque. Cependant, les civils n’avaient pas accès aux kalachnikovs, M-14, M-16 et mitraillettes pour loger des balles dans les cœurs et dans les têtes de leurs semblables comme bon leur semblait.

Qui n’en serait pas nostalgique quand on se rappelle que la Saint-Valentin, au cours des années 90, moins l’époque de l’embargo, pouvait se fêter dans la paix, la décence, la fraternité et l’amour. Il suffisait de vingt-cinq ou 50 gourdes pour que les amoureux fassent le plein. Les salles de Cinéma s’égayaient dans une Capitale joviale, sécuritaire, souriante et attrayante.

Des acrostiches et de jolis bouquets de fleurs mirifiques se faufilaient dans une timidité et une gêne embarrassante qui témoignait du respect entre les amoureux. Des refrains de Michel Sardou, Yole, Hancy Dérose, Whitney Houston, Hérold Christophe, Jaques Sauveur Jean, Ginette Reno, Mike Brant et Brian Adams, s’entonnaient et se partageaient dans un plagiat élégant. Ce n’était pas cette époque de dévergondage effrénée dans les Car-Wash, Plat-Ate, Chawa-Pete et Ti-Mamoun qui enterrent l’esprit sain de créativité et d’imaginations des jeunes.

Les jeunes qui disposaient d’une bourse mieux remplie foulaient les salles de l’Impérial, à Delmas 19 ou au ciné Capitole, au Centre-Ville. Une deuxième catégorie pouvait s’offrir le luxe de se rendre au Lido, au Rex, à l’Olympia ou au Cristal Ciné, à des prix abordables. Tous et toutes, on pouvait balader et festoyer à longueur de journée et au crépuscule du jour, dans des éclats de rire, au Champ-de-Mars, au Bicentenaire et dans les corridors sans le risque de se faire enlever et assassiner par des détraqués, au service des animaux politiques, qui envahissent la Cité, tel qu’il se pratique présentement.

Les affiches cinématographiques garnissaient les tableaux avec de belles productions internationales et des acteurs de calibre dont Réginald Lubin, Smoye Noisy, Fabienne Colas, Gessica Généus, Handy Tibert pour déguster des films instructifs tels « Un prince à NY », « La Peur d’aimer », « Millionnaire par Erreur », « Protège-Moi », « Barikad », etc.

Un bâton de chocolat pouvait se payer 5 ou 10 gourdes ; le transport en camionnette, une ou 2 gourdes ; le taxi, 5 gourdes. Les artères de la Capitale étaient fluides. Une journée pouvait se passer dans le sourire avec des camarades, des amis, des petits amis et des petites amies.

La technologie bouge à la vitesse TGV, les facilités techniques sont à la portée de tous. Pourtant, il n’existe aucune salle de cinéma dans mon pays. Quand un Haïtien ose sortir de sa zone de confort pour pactiser ou repactiser avec de telles initiatives culturelles pour réaliser un film, les grandes premières sont accueillies dans des hôtels. De cette dernière génération de producteur du cinéma, Valéry Numa compte deux ou trois opus qui n’ont pu prendre leur baptême et leur bénédiction formellement à une salle de cinéma. En l’absence de cette infrastructure de loisir essentielle, les récents producteurs sont obligés de mobiliser des écoles, des auditoriums et des hôtels pour assurer quelques projections sur invitation. C’est mieux que rien ; mais ce n’est pas cela l’esprit du cinéma.

La dérive a atteint son paroxysme

Le monde explore la nature et les océans dans des croisières exquises; les nations projettent de faire explorer l’espace par des touristes. Pour leurs cadeaux de Saint Valentin, on a déjà le pressentiment que les amoureux vont couronner leur union par des mariages sur la mer et dans l’espace. Pourtant Haïti n’a même pas pu inculquer aux générations actuelles le goût de l’esthétique. Nous sommes en 2020 ; pourtant, Haïti donne l’impression de vivre en 1930

Nous visons dans une cohabitation malsaine d’un luxe pharaonique et d’une crasse ignominieuse où des brouettes côtoient sur les « highways » des Mercedes, BMW et Lexus blindées, valant des vingtaines de milliers de dollars. Les criminels et les officiels baignent dans les mêmes piscines, boivent dans les mêmes verres, mangent dans les mêmes assiettes et dorment sur les mêmes matelas orthopédiques.

Aujourd’hui, le pays a reçu des milliards de dollars ; tandis qu’il vit dans un délabrement indigne. Le taux d’inflation, le taux de change, l’insécurité, le blackout, le banditisme et la criminalité gratuite plongent les cœurs et les esprits dans la désolation.

Les députés et les sénateurs se reconnaissent dans la dialectique des katas, des kalachnikovs et des armes de poings au lieu de faire de la dialectique et de la maïeutique leurs armes de prédilections. Des malédictions sont tombées sur ce corps, qui serait impliqué dans tellement d’actes odieux. O ! Non ! Dieu !

Les sénateurs et anciens présidents jouent de multiples jeux de la personnalité. Quand ils veulent accomplir des missions délictuelles d’enrichissement déloyal, ils sont des sénateurs. Mais, dans leurs confusions dans les chiffres et les lettres, dans leurs crimes humains, financiers et dans leurs actes de dévergondages, ils se revêtent de leurs costumes d’artistes pour invectiver, déblatérer, injurier des hommes et des femmes qui continuent de garder des postures idoines face aux chantages et aux menaces de ces imposteurs. Haïti continue de bercer des « Chantoutou » pour parallèlement négliger et jeter à la poubelle l’avenir d’un ensemble de Ti-Sentaniz.

Un pays qui se laisse diriger par des insensibles, des imposteurs et des sans aveu incapables d’assurer l’harmonie au sein des familles et des communautés, est condamné dans des décors désastreux et finira dans le chaos. Des ignobles officiels qui ne puissent garantir même une fête de Saint Valentin à des enfants de la nation, que foutent-ils dans les positions officielles de la nation ? Il est temps que la science et la conscience prennent la main pour conduire la nation au bon port.

Ce mélange hétérogène toxique d’une fête de Saint-Valentin submergée de kidnapping, blackout, confusions, insalubrité, imposture et impassibilité des officiels dans la victimisation de la population, est indigeste. C’est une pilule extrêmement amère, difficile à avaler.

Kidnappés, violés, assassinés, les enfants du pays succombent quotidiennement sous des balles assassines. Le kidnapping prend une autre tournure et une allure encore plus démoniaque. Des proches et des parents des kidnappés sont exécutés même après avoir obéi aux ordres injustes d’apporter des sommes exigées par les rançonneurs.

Environ cinq ans de cela, le kidnapping avait fêté sa grande première dans notre histoire récente. Les exécutions sommaires d’envoyés spéciaux qui acceptent d’acheminer les rançons aux ravisseurs sont définitivement une deuxième grande première qui tique notre curiosité. Les valeurs sont galvaudées ; les vertus noyées, les normes effondrées ; la descente aux enfers s’accélère telle une fusée à sa vitesse de croisière. Comment vous souhaiter joyeuse Saint-Valentin dans un contexte si tendu, délétère et révoltant.

L’amour, la solidarité, le goût de l’esthétique, la justice et la paix s’effritent à grande vitesse. Tout comme le carnaval, la Saint-Valentin n’est définitivement pas de mise cette année. Qu’il vous plaise de recevoir mes souhaits d’heureuse fête de la Saint-Valentin à un autre mois ou à l’année prochaine.

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com




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