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UN AUTRE MILIEU RURAL EN HAÏTI EST POSSIBLE

UN AUTRE MILIEU RURAL EN HAÏTI EST POSSIBLE



État des lieux

Le milieu rural en Haïti, c’est aujourd’hui 571 sections communales, environ 70 % du territoire national, et 48 % de la population. Malgré ce poids sociospatial et l’importance de son patrimoine historique, naturel et culturel, la situation du milieu rural haïtien n’est guère reluisant. Ses montagnes sont dénudées à plus de 85 %. Sa population vit dans les plus grandes privations (insécurité alimentaire, inexistence quasi-totale de services publics, manque d’accès aux services sociaux essentiels et aux infrastructures), et la plus grande dépendance vis-à-vis des villes voisines et de la capitale.

Les troubles politiques des deux dernières années couplées à l’insécurité, faisant suite aux chocs naturels des 12 dernières années, ont aggravé la situation socioéconomique en milieu rural. Marginalisé, le milieu rural est en gros décapitalisé, déconstruit et peine à rester en équilibre : « biskèt li tonbe ». Tout cela pousse à l’exode une bonne partie de sa force active de travail. Ce qui n’est d’ailleurs pas sans conséquence aussi sur les villes qui se bidonvillisent et deviennent des foyers de tensions sociales et politiques, impactant négativement et significativement la stabilité du pays.

Un autre paradigme est nécessaire

Bien que le milieu rural ait été parfois l’objet de quelques projets, certains d’entre eux parachutés et victimes de mauvaise gouvernance n’ont pas conduit aux résultats escomptés. Ils ont plutôt induit une mentalité d’assisté et de dépendant. D’autres qui n’ont pas ce biais sont en général marqués par un manque d’enracinement et de consistance, notamment en termes de vision de territoire, de structure et d’actions tremplin pouvant permettre aux communautés de changer d’échelle. Alors, comment rebâtir, ré-habiter et revaloriser le monde rural, pour des communautés viables, prospères et émancipées ?

Pour sortir définitivement de ce cercle vicieux, un autre paradigme d’intervention s’avère nécessaire, ce dans un double focus de :
vision de territoire adressant un enjeu de vie au quotidien et de renaissance des communautés rurales confrontées de plus en plus aux défis du changement climatique ;

gouvernance participative, basée sur un partenariat public privé communautaire (PPPC), adressant un enjeu d’échange et de concertation entre les acteurs du territoire, avec capacité de se mobiliser ensemble et de mieux interagir avec les acteurs externes (devenir une force de propositions, de négociation et de lobbying).

Il s’agit là d’un modèle de développement humain durable, axé sur le « collectivisme dans un ancrage entrepreneurial et individualiste»). L’hypothèse qui le sous-tend est : «La vie peut être aussi très agréable et douce à couler en milieu rural, quand il y a suffisamment à manger pour tout le monde, quand les infrastructures de progrès et les services collectifs sont disponibles, et quand chacun a les moyens d’y accéder pour changer sur place son propre statut et améliorer sa qualité de vie ».

Portée du nouveau modèle

Pour minimiser les coûts et rapprocher les communautés dans le «faire et vivre-ensemble », ce nouveau modèle priorise une intervention par intersection communale. En cela, il cible des axes tremplin liés aux atouts du territoire, capables de satisfaire des besoins urgents, d’avoir des effets d’entrainement massifs permettant du coup de construire un terreau de réceptivité communautaire, de cimenter des implications et des engagements, et aussi de servir de levier au virage vers un changement d’échelle et à la création d’un cercle vertueux pour le développement durable. Ce cadre a donc pour avantage de créer un équilibre dynamique à valeur ajoutée entre les espaces (capitale, ville et campagne).

Conclusion

Bref, pour changer définitivement la face du milieu rural en Haïti, il faut seulement US$ 1.5 milliard, une (1) décennie, deux (2) gouvernements responsables, capables de mettre en synergie et en cohérence une politique d’aménagement du territoire, une politique sociale et une politique agricole




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