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L’opportunité dorée offerte par Covid19 à l'économie d’Ayiti

L’opportunité dorée offerte par Covid19 à l'économie d’Ayiti



Contexte

Pendant que l'économie du premier monde, c'est-à-dire les pays riches occidentaux, se trouve à genou face à la présence de Covid19, l'économie Ayitienne, elle-même à genou depuis sa naissance en 1804, jouit d'une opportunité dorée de se remettre debout, moyennant que les mesures protectrices contre les effets dévastateurs de cette maladie et celles salvatrices de l'économie moribonde soient prises. Cela nécessite une franche coopération entre la population et le gouvernement appelé à gérer cette situation malencontreuse. Pour étayer cette thèse, le texte qui suit,

I : décrit le mal économique du pays ;
II : minimise l'impact de Covid19 sur l'économie ;
III : explique l'opportunité dorée offerte par Covid19 ;
IV : esquisse les mesures à prendre pour concrétiser l’opportunité dorée.

En conclusion, il implore au gouvernement accompagné de ses techniciens d’organiser les ressources disponibles pour ne pas donner raison aux organisations internationales.

I : Le mal économique d'Ayiti

Depuis des lustres, l'économie Ayitienne est de nature importatrice et extravertie.

● Le fait de dépendre du reste du monde à 80% pour sa consommation des produits vivriers et manufacturés fait d’elle excessivement importatrice.

● Consacrer son système de production principalement à la production d'exportation, comme le café, la mangue francique, le vétiver, etc. et les produits manufacturés du secteur d'assemblage fait d’elle extravertie.

Cette dernière oblige l'arrêt presque total de la machine de production pour la consommation locale au profit de l'exportation dans l'objectif d'assurer une plus grande entrée de devises étrangères. Laquelle servirait à garantir l'importation de tout ce que le pays a cessé de produire en termes de produits alimentaires et manufacturés. L'effet pervers de ce duo économique est une balance commerciale déficitaire chronique parce qu'à concurrence, la rentrée de devises étrangères ne dépasse jamais leur sortie.

Cela engage les agents économiques dans une course effrénée de devises étrangères pour assurer l'importation des produits nécessaires au bien-être de la population. La conséquence immédiate est la chute vertigineuse de la gourde qui, par rapport aux devises étrangères (en l'occurrence le dollar américain), sévit dans le pays actuellement. L'investissement dans la production locale pour la consommation locale n’étant pas au rendez-vous, le plein emploi des ressources est à son point mort et le chômage à son paroxysme. En conséquence, l'État est dépourvu d’une base fiscale solide devant lui permettre de générer les fonds nécessaires à la construction de la nation. Les coûts de son fonctionnement à hauteur de 60 à 70% sont donc pris en charge par la communauté internationale.

II : l'impact de Covid19 sur l'économie

L'impact de Covid19 sur l'économie Ayitienne est virtuellement nul, parce que l'économie était déjà en agonie. Aucune activité entreprise ne lui était favorable avant même l'arrivée de celle-là au pays. Outre le mal économique précédemment décrit, la politique monétaire qui, théoriquement devrait permettre à l'économie d’essouffler, semblait plutôt prononcer son oraison funèbre. Ironiquement, son objectif de contrer l'inflation et de ralentir la chute de la gourde face au dollar, ne faisait que le contraire. L'inflation et le dollar continuent leur course ascendante.

La politique monétaire qui aurait dû libérer l'épargne nationale ne fait que resserrer les verrous pour davantage étrangler l'investissement avec un taux d'intérêt indûment élevé. Une économie qui ne connait pas d'investissement pouvant garantir la production locale pour la consommation locale est en phase d'asphyxie. Au marché international dont dépend l’économie Ayitienne, Covid19 vient d’imposer une logique économique autarcique. Dans un souci de se protéger contre Covid19, les pays ont tous pratiquement fermé leurs portes aux entrées et sorties de toute part pour tout genre de produits à l'exception des produits et équipements sanitaires.

En toute logique, l'économie Ayitienne devrait en souffrir, parce que sa nature extravertie pour assurer la rentrée de devises est absolument hypothéquée parce que la demande des produits Ayitiens n'y est presque plus. Sa nature importatrice risque de conduire la population à une pénurie de produits alimentaires, sans mentionner les besoins en biens manufacturés dont la machine mondiale est au point mort et que l'urgence est la survie alimentaire.

III : L'opportunité dorée de Covid19

Autant que Covid19 ébranle les plus aguéris de l'économie mondiale, Ayiti très mal loti, devrait s'en réjouir parce qu'une opportunité dorée d'émancipation économique lui est offerte. Loin de pleurer un éventuel sort macabre, le pays doit se réveiller pour réévaluer sa capacité naturelle de production vivrière et son potentiel de production manufacturière. Le pays n'a pas le droit d'internaliser les projections lugubres que dépeignent en sa défaveur les organisations internationales à l'instar de la banque mondiale, du FMI et de l'OMS. Leur lecture d'Ayiti se fait toujours à travers des lentilles de pays extrêmement pauvres incapables de s’en sortir de par eux-mêmes sans la machine de l’assistanat.

Ayant fait sienne cette perception internationale erronée, le pays trouve normal de subir le sort économique des pays riches et croire en une famine imminente. Il convient de se rappeler que le pays a une certaine capacité agricole, d'élevage, de pêche et de production manufacturière. Ayiti serait déjà victime de famine, si ce n'était pas l'agriculture de subsistance consacrée aux vivres alimentaires. Celle-ci constituant l'alimentation de base des humains est regroupée en trois catégories :

1) les céréales: riz, maïs, mil, etc.
2) les racines et tubercules : manioc, patate douce, pomme de terre, igname, etc.
3) les légumineuses à graines: haricot, arachide, pois Congo, pois inconnu, etc.
4) d’autres vivres alimentaires comme plantain (banane), etc.

Les agriculteurs livrés à eux-mêmes avec un très faible pouvoir d'achat pour se procurer des produits alimentaires importés seraient les premiers à en payer les frais. Si de leur côté, les petites industries de fabrication de chaussures et de confection de vêtements sont à bout de souffle avec une politique commerciale libérale injuste donnant cours à l'importation sauvage des produits manufacturés de deuxième main, elles ne sont pas mortes et Covid19 offre l'opportunité de remettre les pendules à l'heure pour tout raviver.

IV : L'opportunité économique concrétisée

Il suffit d'une réorientation stratégique des politiques économiques, monétaires, fiscales et commerciales pour tout rebalancer en faveur de l'économie Ayitienne. Les portes du marché international étant pratiquement fermées, Ayiti peut, sans s'encombrer des politiques de libre-échange nettement défavorables au bien-être économique du pays surtout face à la République dominicaine, s'embarquer dans la logique économique autarcique pendant le passage de Covid19. Malgré les difficultés attendues initialement, le pays pourra s'en sortir dans le moyen terme en nourrissant adéquatement sa population et en redynamisant les industries manufacturières pour la consommation locale afin de réduire considérablement les importations au départ de Covid19.

Pour ce faire, il importe de charpenter un système d'organisation gouvernentale centralisée via l'érection des magasins de l'État qui aura à endiguer les difficultés des premiers moments en se chargeant d'un approvisionnement et d'une distribution alimentaire de façon efficiente et ordonnée, moyennant l'identification des citoyens respectivement aux zones ciblées.

L'étape initiale difficile étant franchie, les dégâts de Covid19 contrôlés consacrant son départ du pays, l'économie du pays pourra connaître une renaissance saine par le biais d'une politique monétaire favorisant des prêts à l'investissement à bon marché tant dans l'agriculture que dans la manufacture, pour finalement créer ou augmenter le pouvoir d'achat, vaincre l'inflation, mettre en déroute les devises étrangères et se garantir une monnaie forte.

Conclusion

En guise d’abonder dans le sens des organisations internationales qui font du pays un dépendant absolu, il revient au gouvernement missionné par le peuple comme gestionnaire de société de se ressaisir pour éperonner l’économie en organisant le peu de ressources disponibles afin d’invalider leur prédiction et couper le cordon ombilical de l’assistanat pérennisant leur propre existence. Autant que le tiers du territoire arable soit encore en mesure de produire, les pluies diluviennes saisonnières contrôlées et nos sources d’eau exploitées à bon escient, les agriculteurs encore disposés à intensifier leurs activités et le soleil continue de briller, parler de famine imminente en Ayiti entérine l’incapacité d’organisation dont font toujours montre ses gouvernements.

Jean Poincy
Enseignant
https://web.facebook.com/Pati.Politik/
Ex-vice-recteur académique / UEH
caineve@yaoo.fr / caineve2@gmail.com
https://poincy.blogspot.com/




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