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Des organisations écologiques haïtiennes appellent l’État haïtien à déclarer l’état d’urgence écologique

Des organisations écologiques haïtiennes appellent l’État haïtien à déclarer l’état d’urgence écologique



La Journée internationale de la diversité est célébrée le 22 mai de chaque année. Cette année, autour du thème mondial « nos solutions sont dans la nature », des institutions nationales et internationales appellent les citoyens et les gouvernements à la conscience écologique. En Haïti, le Mouvement d'appui pour le Développement des Collectivités territoriales haïtiennes (MADECTH), Écovert-Haïti, l’Agence de promotion pour le Développement intégré (APRODI), le Mouvement d’Appui à la paysannerie (MAP), Association zantray pour le développement national (AZADN), Asosyasyon peyizan kwochi (ASPEK) via un communiqué rendu public le jeudi 21 mai 2020, profitent de cette journée pour attirer l’attention des décideurs publics, des organisations de la société civile, des ONG internationales sur la menace de la biodiversité haïtienne.


22 mai 1993 - 22 mai 2020 marque le 27e anniversaire de l'entrée en vigueur de la Convention sur la diversité biologique. Selon les organisations, après 27 ans d'engagement autour de la diversité biologique, l’État haïtien n’est pas en mesure de faire appliquer ni la convention internationale sur la diversité biologique ni le décret du 26 janvier 2006 portant sur la gestion de l’environnement et de régulation de la conduite des citoyens et citoyennes pour un développement durable. « Malgré la création du ministère de l’Environnement (1995), trois ans après la signature de la convention de Rio sur la diversité biologique (1992), comme organe chargé de la protection de biodiversité et le développement durable, les écosystèmes d’Haïti continuent à effondrer », soulignent-elles, précisant que l’extension des activités agricoles, la chasse, la surpêche, la pression démographique, le changement climatique et des évènements météorologiques extrêmes comme la sécheresse qui, actuellement, affectent sérieusement les zones humides du pays par exemple celles de Trou caïman, de Miragoane… qui abritent un fort pourcentage de biodiversité nationale.

« Malgré les avancées technologiques, nous dépendons entièrement d'écosystèmes sains et dynamiques pour notre eau douce, notre nourriture, nos médicaments, nos vêtements, notre loisir, notre carburant ou notre énergie. La Covid-19 est exemple probant », révèlent ces organisations.

Alors, vu que le thème choisi cette année met l'accent sur l'espoir, la solidarité et la nécessité de travailler ensemble à tous les niveaux pour construire un avenir et une vie en harmonie avec la nature, le Mouvement d'appui pour le Développement des Collectivités territoriales haïtiennes (MADECTH), Écovert-Haïti, l’Agence de promotion pour le Développement intégré (APRODI), le Mouvement d’Appui à la paysannerie (MAP), Association zantray pour le développement national (AZADN), Asosyasyon peyizan kwochi (ASPEK) veulent attirer l’attention des décideurs publics, des organisations de la société civile, des ONG internationales sur la menace de la biodiversité haïtienne, tout en appelant les citoyens et les autorités étatiques à la conscience écologique devant cet état de fait inquiétant qui menace leur avenir.

« Si rien n'est fait pour la sauvegarde des écosystèmes, en 2036, il n'y aura pas de forêts », préviennent ces organisations tout en ajoutant sur les 27 750 kilomètres carrés d'Haïti, il y a seulement 85 kilomètres carrés de forêts. En ce sens, ces associations écologiques appellent à des actions pour reconsidérer les espaces déclarés, selon la loi du 3 février 1926 en son article 3, stipule que nos forêts sont inaliénables. Parmi les forêts dégradées on peut citer: forêt des Pins, parc Macaya, parc La Visite et morne Lory (morne du Cap), une montagne se trouvant en contrefort de la ville du Cap-Haïtien, en dépit de son statut de « forêt nationale réservée », par arrêté du 15 mars 1947 du président Dumarsais Estimé, fait l’objet depuis plusieurs années du phénomène de squattérisassions suivi d’une urbanisation anarchique.

La biodiversité marine est très affectée par la destruction des mangroves

Dans la même veine, selon les responsables de ces organisations, la biodiversité marine est très affectée par la destruction des mangroves et la pollution au niveau des côtes. Dans certaines régions du pays des tortues de mer, des lamantins font l’objet de la surpêche, affirment les organisations écologiques. « Toutes les aires protégées du pays ne sont plus sous le contrôle des autorités étatiques et font l’objet l’exploitation. Connaissant l’importance de la biodiversité et les multiples services rendus à l’homme, ce déséquilibre écologique observé en Haïti menace sérieusement l’avenir de l’être haïtien et nous expose aux diverses pandémies ». Or la destruction des écosystèmes facilite le contact direct entre l’homme et les virus souvent mortels comme la COVID-19, en pleine propagation actuellement. Elle entraine aussi la réduction des services écosystémiques.

MADECTH, Ecovert-Haïti, APRODI, MAP, AZADN, ASPEK et autres dénoncent aussi la destruction des mangroves au niveau des côtes, le déboisement et la disparition des espèces. « Quand une espèce est morte, cela va créer un déséquilibre au niveau de l'écosystème. En retour, c'est l'avenir de l'homme qui est menacé », mettent en garde ces organisations écologiques tout en profitant de demander aux autorités étatiques, de déclarer l'état d'urgence écologique sur toute l’étendue du territoire national.

Il importe de rappeler que la biodiversité est cruciale et fondamentale pour la vie de tous les jours des Haïtiens. Que ce soit par son rôle de pourvoyeur de services écosystémiques ( eau, amortisseurs de chocs et de stress contre les risques et désastres naturels exacerbés par les changements climatiques, bois énergie, etc.) que socioculturel ( médecine familiale traditionnelle et relation interdépendante et réciproque entre cette forme de médecine et la religion du vodou lui servant de corps théorique, maisons typiques traditionnelles, cuisine créole et art culinaire, etc.) et économique ( stock de pêche, trésor génétique marin au potentiel élevé de production de médicaments jusqu’ici inexplorés, etc.), elle est d’une importance inestimable pour le pays

Quid du FHB ?

Le Fonds haïtien pour la biodiversité (FHB), est mécanisme de financement qui a été lancé il y a un an, soit le 22 mai 2019, à l’occasion de la journée internationale de la biodiversité.

Un an après le lancement de cette structure, les organisations font savoir qu’aucune information n’est communiquée ni au grand public ni aux organisations écologiques pendant que la biodiversité nationale trépasse, les réserves de biosphères sont grandement menacées. En effet, Ecovert-Haiti, MADECTH et APRODI demandent aux responsables du FHB de communiquer aux organisations écologiques les montants déjà collectés et les modalités pouvant accéder à ces fonds destinés aux projets de préservation de la biodiversité (…).

Peterson Jean Gilles




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